Alors qu’Haïti commémore ce 1er janvier 2026 le 222e anniversaire de son indépendance, la cérémonie officielle organisée à la Villa d’Accueil a surtout mis en lumière le profond décalage entre les discours des autorités de transition et la réalité dramatique vécue par la population. Derrière les mots solennels et les références historiques, le Conseil présidentiel de transition (CPT) peine toujours à démontrer sa capacité à gouverner et à sortir le pays de l’impasse.
OPTIMISTE.INFO, le 1er Janvier 2026..Le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, a une nouvelle fois appelé au « dialogue » afin d’éviter, selon ses termes, un chaos annoncé le 7 février prochain. Une déclaration qui sonne moins comme une vision politique que comme un aveu d’impuissance. Après des mois à la tête de la transition, le CPT semble réduit à anticiper les crises plutôt qu’à les prévenir, brandissant la menace du désordre pour justifier son maintien et son immobilisme. En présentant l’indépendance d’Haïti commeune.
« responsabilité collective que la nation n’a pas toujours su assumer », Laurent Saint-Cyr élude soigneusement la responsabilité première des dirigeants actuels. Car s’il est vrai que l’héritage de 1804 impose des devoirs, il oblige surtout ceux qui détiennent le pouvoir à produire des résultats concrets : sécurité, gouvernance, perspectives électorales claires. Sur ces points essentiels, le CPT reste silencieux ou inefficace.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans un communiqué diffusé par la Primature, a lui aussi appelé au dépassement des clivages et au sens de l’État. Un discours convenu, répété à l’envi depuis des années, qui contraste violemment avec l’effondrement de l’autorité publique, la montée des violences armées et l’absence de calendrier crédible pour un retour à l’ordre constitutionnel.
La présence, lors de cette cérémonie, des membres du Haut État-major des Forces armées d’Haïti, du directeur général de la Police nationale et du corps diplomatique n’a pas suffi à masquer l’essentiel : l’État haïtien apparaît aujourd’hui comme une vitrine institutionnelle sans réelle emprise sur le territoire ni sur les événements. Le CPT, censé être une solution transitoire, donne de plus en plus l’image d’un organe déconnecté, préoccupé par sa survie politique plutôt que par l’urgence nationale.
À l’heure où le pays s’enfonce dans l’insécurité et l’incertitude, les appels au dialogue lancés depuis les salons officiels ressemblent davantage à des manœuvres dilatoires qu’à un projet de sortie de crise. En ce 222e anniversaire de l’indépendance, la question n’est plus de rappeler le passé glorieux d’Haïti, mais de savoir si ceux qui dirigent aujourd’hui la transition sont encore capables d’en être dignes.
La Rédaction