L’ancien président haïtien Michel Joseph Martelly est rentré en Haïti ce mercredi 15 juillet 2026, après plusieurs mois passés à l’étranger. Son retour intervient alors que la chambre d’instruction criminelle l’attendait depuis le 18 juin dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Figure emblématique du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Michel Martelly a dirigé Haïti du 14 mai 2011 au 7 février 2016. Plusieurs anciens membres de son gouvernement l’ont accueilli à son arrivée. Son retour intervient dans un contexte où son nom demeure associé à plusieurs dossiers ayant suscité de vives réactions sur les plans national et international.
Le juge d’instruction Cyprien Jean Denis Pierre devait l’entendre, mais il ne s’est pas présenté à la convocation fixée au 18 juin dernier. Cette audition devait s’inscrire dans le cadre des investigations menées par les autorités sur l’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée de Pèlerin 5.
En 2022, le gouvernement canadien a imposé des sanctions à Michel Martelly, l’accusant notamment d’implication présumée dans des faits de corruption et de soutien à des activités alimentant la violence des gangs en Haïti.
En août 2024, les États-Unis ont également sanctionné l’ancien président. Le département américain du Trésor accuse Michel Martelly d’avoir facilité le trafic de drogue, participé au blanchiment de capitaux issus de ce trafic et soutenu plusieurs organisations criminelles en Haïti. L’ancien chef de l’État rejette ces accusations.
Par ailleurs, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, les investigations se poursuivent. La justice a déjà poursuivi ou condamné plusieurs personnes dans cette affaire, et le dossier cite également le nom de Michel Martelly.
Le retour de l’ancien président a déjà relancé le débat au sein de l’opinion publique. Certains de ses partisans l’ont accueilli à Pétion-Ville, tandis que d’autres s’interrogent sur les conséquences politiques et judiciaires de son retour en Haïti.
Le chercheur Jake Johnston a réagi au retour de Michel Martelly sur le réseau social X. Selon lui, l’ancien président reviendrait en Haïti avec l’ambition de briguer à nouveau la présidence. « L’ancien président haïtien Michel Martelly est de retour en Haïti, avec des ambitions clairement affichées de briguer à nouveau la présidence », a-t-il notamment écrit.
Jake Johnston a également rappelé que Michel Martelly fait l’objet de sanctions américaines liées à son implication présumée dans un réseau de trafic de drogue. Selon le chercheur, l’ancien président vivait en Floride ces dernières années et aurait attendu le moment qu’il estimait favorable pour regagner le pays.
La Fédération haïtienne de football (FHF) a annoncé, ce mardi 14 juillet 2026, la fin de sa collaboration avec Sébastien Migné, sélectionneur de l’équipe nationale masculine. Dans un communiqué, elle précise que les deux parties sont parvenues à un accord mettant un terme à leur collaboration à l’amiable.
Cette décision intervient un peu plus de vingt jours après l’élimination d’Haïti de la Coupe du monde de la FIFA 2026. Les Grenadiers avaient quitté la compétition dès la phase de groupes après une défaite 3-0 face au Brésil, mettant fin à leur deuxième participation historique au Mondial.
L’instance dirigeante du football haïtien salue le professionnalisme, l’engagement et le dévouement du technicien français tout au long de son mandat. Son passage restera notamment marqué par la qualification historique d’Haïti à la Coupe du monde 2026, cinquante-deux ans après la première participation du pays à la compétition, en 1974.
Dans son communiqué, la FHF présente cette séparation comme le résultat d’un dialogue mené dans un esprit de respect mutuel, qui permet à chacune des parties de poursuivre son parcours. La Fédération remercie également Sébastien Migné pour sa contribution au développement du football haïtien et lui adresse ses meilleurs vœux de réussite pour la suite de sa carrière.
La FHF a nommé Sébastien Migné à la tête des Grenadiers le 8 mars 2024 ; il a quitté ses fonctions ce 14 juillet 2026, après 2 ans, 4 mois et 6 jours à la tête de la sélection nationale. Durant son mandat, il a conduit Haïti à sa qualification pour la Gold Cup 2025 et à celle, historique, pour la Coupe du monde 2026, offrant au football haïtien son retour sur la scène mondiale après plus d’un demi-siècle d’absence.
La Fédération haïtienne de football n’a pour l’instant donné aucune indication sur l’identité du successeur de Sébastien Migné. Le nouveau sélectionneur devra pourtant prendre ses fonctions rapidement, puisque les Grenadiers entament dès septembre la Ligue des nations, avant le tournoi qualificatif pour la prochaine Gold Cup.
L’avocat Me Caleb Jean-Baptiste a lancé un appel aux autorités judiciaires haïtiennes et à la communauté internationale afin que des mesures soient prises contre l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles, leader du parti politique Pitit Dessalines. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, l’homme de loi a soutenu que certaines déclarations publiques de l’ancien parlementaire auraient contribué à alimenter le climat de violence qui sévit actuellement en Haïti.
Port-au-Prince, 14 juillet 2026. Face à des journalistes, Me Caleb Jean-Baptiste a affirmé que les prises de position de Moïse Jean-Charles ne devraient pas rester sans conséquence judiciaire. Selon lui, tout responsable politique est tenu d’agir avec responsabilité dans ses discours, particulièrement dans un contexte où le pays est confronté à une crise sécuritaire sans précédent, marquée par la montée en puissance des groupes armés, les déplacements forcés de populations et la multiplication des actes de violence.
L’avocat estime que les déclarations incriminées méritent d’être examinées par la justice afin de déterminer si elles constituent une incitation à la violence ou un comportement susceptible de troubler l’ordre public. Il a ainsi invité les autorités compétentes à ouvrir ou à poursuivre les procédures nécessaires, tout en appelant les institutions nationales à assumer pleinement leurs responsabilités dans le respect des lois de la République.
Au-delà des autorités haïtiennes, Me Jean-Baptiste a également sollicité l’attention de la communauté internationale. Selon lui, les partenaires d’Haïti doivent soutenir les efforts visant à renforcer l’État de droit et à combattre toute forme de discours susceptible d’encourager la violence ou d’aggraver l’instabilité politique et sécuritaire.
L’avocat a, en outre, exhorté l’État haïtien à prendre les dispositions qu’il juge appropriées à l’encontre du dirigeant politique. Il considère que personne ne devrait être au-dessus de la loi et que les personnalités publiques doivent répondre de leurs actes et de leurs déclarations lorsque celles-ci sont susceptibles d’avoir des conséquences sur la sécurité collective.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les discours de plusieurs acteurs politiques font l’objet d’un débat croissant au sein de l’opinion publique. Elles relancent également les discussions sur les limites de la liberté d’expression, la responsabilité des dirigeants politiques et le rôle de la justice dans la préservation de l’ordre public.
À ce stade, Moïse Jean-Charles ne s’est pas publiquement exprimé sur ces nouvelles accusations. Par ailleurs, aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue relativement aux démarches évoquées par Me Caleb Jean-Baptiste. Le traitement de ce dossier dépendra des suites que les autorités judiciaires décideront de lui donner, dans le respect des garanties prévues par la loi et de la présomption d’innocence.
L’École nationale de police (ENP) a procédé, le lundi 13 juillet 2026 à Pétion-Ville, au lancement officiel des activités académiques de la 37e promotion d’aspirants policiers à l’occasion de la cérémonie du « Premier lundi civique ». Cette étape marque le début de la formation officielle des futurs agents de la Police nationale d’Haïti (PNH).
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du commissaire divisionnaire Joseph Rolind Jean Louis, directeur de l’ENP, accompagné de plusieurs responsables de la PNH ainsi que de membres du personnel de l’établissement. À cette occasion, les aspirants de la 37e promotion de la PNH ont reçu leurs toutes premières consignes et directives. Celles-ci portent notamment sur les exigences élevées de leur cursus d’apprentissage ainsi que sur les valeurs républicaines et fondamentales qui régissent l’institution policière.
Les instructeurs, les moniteurs et les responsables des différents bureaux et services de l’école étaient également présents pour ce moment important. Ces professionnels auront pour mission d’encadrer et de guider les recrues tout au long de leur parcours académique. Leur rôle consistera à leur transmettre de solides principes de discipline, d’éthique professionnelle et de déontologie policière.
Selon la PNH, cette cérémonie constitue une étape importante dans l’intégration des aspirants au sein de l’ENP, après deux semaines consacrées à leur orientation. Elle s’inscrit dans le processus de structuration de leur formation.
L’institution précise que cette initiative est réalisée dans le cadre du programme P4000+, soutenu par le Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) du Département d’État des États-Unis, avec pour objectif de contribuer au renforcement des capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti.
La Ligue Haïtienne de Défense des Droits Humains (LHDDH) est montée au créneau après l’incendie criminel qui a ravagé la résidence du Dr Smith Magny. Dans une déclaration rendue publique ce lundi, l’organisation dénonce un acte d’une extrême gravité, appelle les autorités à rompre avec l’impunité et exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin que tous les responsables soient traduits en justice.
Port-au-Prince, le 6 juillet 2026. Pour la LHDDH, cette attaque ne constitue pas un simple fait divers. Elle s’inscrit dans un contexte de dégradation accélérée de la sécurité en Haïti, où les actes de violence visant des citoyens, y compris des personnalités publiques, se multiplient sans que leurs auteurs ne soient systématiquement poursuivis.
L’organisation estime que l’incendie de la résidence du Dr Smith Magny représente une menace directe contre les droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit à la sécurité et à la protection des biens. Elle met en garde contre les conséquences de cette montée de la violence, qui fragilise davantage les institutions de la République et alimente un climat de peur au sein de la population.
La LHDDH rappelle que le Dr Smith Magny est une personnalité reconnue pour son engagement citoyen et sa participation active aux débats sur les grandes questions nationales. Selon elle, une attaque dirigée contre une figure aussi engagée ne peut être traitée avec légèreté et exige une réponse ferme de l’État.
Face à cette situation, l’organisation demande aux autorités judiciaires de diligenter une enquête rigoureuse, impartiale et totalement indépendante. Elle insiste pour que les investigations permettent non seulement d’identifier les auteurs matériels de l’incendie, mais également les éventuels complices et commanditaires, afin que toute la chaîne des responsabilités soit établie.
La Ligue souligne qu’une procédure transparente est indispensable pour restaurer la confiance de la population dans le système judiciaire et envoyer un signal clair contre l’impunité. Elle affirme que toute personne impliquée dans cette attaque devra répondre de ses actes devant les juridictions compétentes.
Au-delà de ce dossier, la LHDDH renouvelle son appel aux autorités haïtiennes afin qu’elles prennent des mesures concrètes pour renforcer la sécurité publique, protéger les citoyens ainsi que leurs biens et garantir le respect effectif des droits humains sur l’ensemble du territoire national.
Dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante, l’organisation estime que l’État ne peut plus se contenter de réactions ponctuelles. Elle l’exhorte à assumer pleinement ses responsabilités en matière de sécurité, de justice et de protection des libertés fondamentales, afin d’éviter que de tels actes criminels ne deviennent la norme.
Éditorial de Djovany Michel, journaliste anti-corruption
<< L’échec de la lutte contre les gangs a contribué à prolonger la transition politique et à maintenir le pouvoir du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en place.>>
Depuis qu’Alix Didier Fils-Aimé exerce seul le pouvoir exécutif à la suite de la fin du Conseil présidentiel de transition en date du 7 février 2026, Haïti continue de s’enfoncer dans une crise sécuritaire et politique profonde. Les élections ont été repoussées au nom de l’insécurité, tandis que les groupes armés poursuivent leur expansion dans plusieurs régions du pays.
Nous pouvons constater que les gangs paraissent plus puissants, plus audacieux et plus confiants que jamais. Ils étendent leur contrôle territorial, imposent leur loi, déplacent des milliers de familles et défient quotidiennement les autorités. Les massacres, les enlèvements et les attaques contre les populations civiles continuent d’alimenter un climat de peur permanente.
Pourtant, chaque autorité a au moins de cinq à dix agents de sécurité, majoritairement composés de policiers et de soldats, ce qui réduit fortement la présence des policiers dans les rues.
Le plus choquant, malgré de multiples missions étrangères déployées en Haïti pour neutraliser les gangs armés, aucun chef de gang n’a jamais été neutralisé.
Puisque l’État est infiltré à tous les niveaux dans l’administration publique, surtout par des hauts fonctionnaires de connivence avec les groupes armés, ce qui rend l’État incapable de bien jouer son rôle, les millions continuent d’être dépensés sans aucun résultat :
1- Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS)- Approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies en 2023 et dirigée par le Kenya, avec la participation de policiers de plusieurs pays, dont la Jamaïque, le Guatemala, les Bahamas, le Salvador et d’autres partenaires. Pour zéro résultat, mais des millions dépensés.
2- Police nationale d’Haïti- Bien qu’il ne s’agisse pas d’une mission internationale, elle bénéficie depuis 2021 de plusieurs millions de dollars de soutien en formation, en équipements et en renseignement de plusieurs États, mais malheureusement ces millions sont détournés par les autorités.
Et la nouvelle mission, transformée en Force de répression des gangs (FRG). Cette force a été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 30 septembre 2025 afin de remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité. Son mandat est plus robuste et vise notamment à neutraliser, isoler et dissuader les gangs armés. Elle a compté jusqu’à 5 500 militaires et policiers, avec des contingents provenant notamment du Tchad, de la Jamaïque, du Guatemala, du Salvador et d’autres États partenaires. Malheureusement, depuis, aucune arrestation des principaux chefs de gangs contrôlant les grands axes stratégiques du pays.
En plus, le gouvernement haïtien, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a signé un contrat de 10 ans avec Vectus Global, une société de sécurité privée dirigée par Erik Prince (fondateur de Blackwater). Cet accord prévoit la fourniture de drones, d’hélicoptères et de renseignements pour lutter contre la violence des gangs, tout en prévoyant une assistance pour la collecte des impôts à la frontière.
Jusqu’à présent, aucune opération n’a jamais neutralisé ni tué un chef de gang, mais a tué des civils, des enfants et même des bébés, tandis que des millions sont dépensés et que le pouvoir trouve des arguments pour continuer avec la transition sans organiser d’élections.
Certains observateurs vont plus loin et estiment que l’inaction des autorités profite indirectement aux groupes armés en leur laissant davantage d’espace pour consolider leur emprise. D’autres dénoncent un pouvoir qui donnerait la priorité à sa propre survie politique plutôt qu’à l’organisation rapide d’élections crédibles.
Pendant ce temps, la population continue de payer le prix fort. Les écoles ferment, certaines entreprises disparaissent ou collaborent avec les gangs, par exemple à Carrefour, Delimart, les maisons de transfert, certaines écoles, entre autres, continuent à fonctionner, les hôpitaux fonctionnent difficilement et des centaines de milliers de citoyens vivent sous la menace permanente des armes. Chaque mois qui passe sans amélioration renforce l’idée que la transition est devenue une fin en soi plutôt qu’un moyen de restaurer la démocratie.
Après la fin du pouvoir du Conseil présidentiel de transition (CPT), le 7 février 2026, le pouvoir exécutif a été transféré au Premier ministre et à son gouvernement.
Alix Didier Fils-Aimé a utilisé cette stratégie de ne pas contribuer à rétablir la sécurité et l’échec du CPT pour bénéficier d’un délai constitutionnel maximal de 120 jours afin d’avoir la mission, à lui seul, d’organiser l’élection présidentielle et de rétablir la normalité institutionnelle après le départ du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Ce délai de 120 jours, calculé à partir du 7 février 2026, expirait précisément le 7 juin 2026. Au-delà de cette date, aucune disposition constitutionnelle ne permet plus au Conseil des ministres d’exercer légitimement le pouvoir exécutif en vertu de l’article 149.
Malgré le fait que le 7 juin 2026 marque la fin du pouvoir du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, il continue d’exercer ses fonctions comme un élu, procède à des remaniements, signe des contrats et effectue des décaissements sans peur ni crainte, puisque les gangs empêchent la population de se soulever, la majorité des quartiers populaires étant sous leur contrôle, et face à des politiciens soi-disant de l’opposition auxquels elle ne fait pas confiance.
Haïti ne peut rester prisonnière d’une gouvernance provisoire indéfinie. Le pays a besoin d’institutions légitimes, d’une stratégie sécuritaire efficace et d’un calendrier politique crédible. Sans rétablissement de l’autorité de l’État et sans retour à un ordre démocratique, le risque est grand de voir les groupes armés continuer à imposer leur propre pouvoir là où la République recule.
Une nouvelle journée de violence secoue la commune de Kenscoff. Depuis les premières heures de ce dimanche, la Police nationale d’Haïti (PNH) mène une vaste opération pour contenir une offensive attribuée à la coalition criminelle « Viv Ansanm », qui aurait pris pour cible plusieurs localités de la commune.
Kenscoff, 5 juillet 2026. Selon des informations obtenues de sources sécuritaires, les hommes armés ont lancé leur attaque vers 3 heures du matin, surprenant les habitants dans leur sommeil. La panique s’est rapidement installée, contraignant de nombreuses familles à quitter leurs maisons pour échapper aux affrontements. Des actes de pillage, ainsi que le vol et l’abattage de bétail, ont également été rapportés.
Face à cette nouvelle menace, les autorités policières ont rapidement mobilisé plusieurs unités spécialisées, soutenues par la Task Force. Les forces de l’ordre ont investi les zones touchées afin de poursuivre les assaillants et de reprendre le contrôle des secteurs infiltrés.
D’après des sources proches du dossier, les membres de la coalition criminelle cherchaient à progresser en direction de la base de Téléco, un site stratégique abritant des installations de la PNH. Cette avancée a toutefois été freinée par une résistance soutenue des policiers, qui ont engagé de violents combats avec les groupes armés.
L’opération est également appuyée par des moyens technologiques. La Task Force a eu recours à des drones kamikazes pour viser plusieurs positions considérées comme des points d’appui des assaillants, dans le but de désorganiser leur dispositif et de limiter leur progression.
En milieu de journée, les affrontements se poursuivaient dans plusieurs secteurs de Kenscoff. Aucun bilan officiel des victimes ou des dégâts n’avait encore été communiqué, alors que les opérations restaient en cours.
La Police nationale d’Haïti (PNH) a annoncé avoir mené une opération à Pélerin 5, dans la commune de Pétion-Ville, qui s’est soldée par le démantèlement d’un présumé foyer de gang. L’intervention a permis l’interpellation de sept personnes, ainsi que la saisie de deux armes à feu et d’un véhicule.
Pétion-Ville, le 27 juin 2026. D’après les informations communiquées par l’institution policière ce samedi 27 juin, les individus arrêtés sont soupçonnés d’être impliqués dans plusieurs actes criminels, notamment des enlèvements contre rançon et des cambriolages visant des résidences de la zone. Ils sont actuellement placés sous enquête en attendant les suites judiciaires.
Au cours de l’opération, les agents ont récupéré un pistolet de marque Beretta portant le numéro de série E534797, un pistolet Taurus identifié sous le numéro TFW-13560, ainsi qu’un véhicule de marque Suzuki immatriculé AA-71882.
La PNH souligne que cette intervention s’inscrit dans la poursuite de ses actions visant à affaiblir les réseaux criminels et à reprendre le contrôle des secteurs affectés par l’insécurité. Elle affirme que les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices et de retracer l’ensemble des activités attribuées à ce groupe.
Tout en réaffirmant sa détermination à combattre les gangs armés, la Police nationale lance un nouvel appel à la population pour qu’elle continue de collaborer avec les forces de l’ordre en partageant toute information susceptible de faciliter l’arrestation d’autres individus recherchés.
Au lendemain de la décision de la Cour d’appel de Port-au-Prince confirmant le rejet de sa plainte contre la Unibank, l’avocat Me Caleb Jean-Baptiste a annoncé son intention de poursuivre le combat sur le terrain judiciaire.
Port-au-Prince, le 27 juin 2026
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, l’homme de loi a appelé les clients détenant des dépôts en dollars américains à rester mobilisés afin de réclamer le retrait de leurs fonds en devises auprès de leur banque. Selon lui, le refus de remettre les dollars déposés pourrait donner lieu à de nouvelles poursuites devant les tribunaux.
Me Jean-Baptiste affirme que, malgré ce revers judiciaire, l’affaire ne s’arrête pas. Il soutient que de nouvelles plaintes pourraient être déposées sur la base d’infractions qu’il estime distinctes de celles déjà examinées par les juridictions compétentes.
Cette déclaration intervient alors que la Cour d’appel a confirmé l’ordonnance de refus d’informer rendue en janvier 2025, estimant que les faits dénoncés dans la plainte initiale ne constituaient pas des infractions pénales. L’arrêt constitue une nouvelle victoire judiciaire pour la Unibank dans ce dossier.
Le débat autour de la disponibilité des dollars américains dans les banques commerciales reste toutefois un sujet sensible en Haïti, dans un contexte marqué par des tensions sur le marché des devises. Reste à savoir si les nouvelles démarches annoncées par Me Caleb Jean-Baptiste ouvriront un nouveau chapitre judiciaire ou confirmeront la position déjà adoptée par les tribunaux.
Alors que le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections traverse une période de fortes turbulences politiques, certains de ses signataires continuent de défendre sa validité ainsi que le rôle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans la conduite de la transition. C’est dans ce contexte que l’avocat Caleb Jean-Baptiste a tenu à réagir aux déclarations affirmant que le mandat du chef du gouvernement aurait pris fin le 7 juin dernier.
Port-au-Prince, 24 juin 2026. Intervenant sur les ondes de MARADIO FM, Me Caleb Jean-Baptiste a fermement rejeté cette interprétation, qu’il juge contraire aux dispositions et à l’esprit du Pacte national présenté le 23 février 2026. Selon lui, le document demeure le principal cadre politique encadrant l’action gouvernementale et fixe clairement les missions confiées au Premier ministre dans le cadre de la transition.
L’avocat a rappelé que le Pacte national n’avait pas pour unique objectif de définir une période de gouvernance transitoire, mais surtout de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections permettant le retour à l’ordre constitutionnel. À ses yeux, cette mission reste inachevée et continue de justifier le maintien du Premier ministre à la tête du gouvernement.
« Le Pacte national a confié à Alix Didier Fils-Aimé la responsabilité d’organiser les élections et d’accompagner le pays vers une sortie de crise institutionnelle. Tant que cette mission n’est pas accomplie, il est erroné de prétendre que son mandat est arrivé à expiration », a-t-il soutenu.
Cette prise de position intervient dans un climat marqué par des interrogations croissantes sur l’avenir du Pacte national. Ces dernières semaines, plusieurs personnalités et organisations ayant initialement adhéré à l’accord ont exprimé leurs réserves quant à son application, tandis que d’autres ont annoncé leur retrait du processus, alimentant ainsi les spéculations sur sa viabilité politique.
Pour Me Jean-Baptiste, les critiques adressées au gouvernement ne doivent pas conduire à une remise en question du cadre de transition lui-même. Il estime que le pays a davantage besoin de stabilité institutionnelle et de continuité politique que de nouvelles querelles susceptibles d’aggraver la crise.
Le juriste considère également que les débats autour de la durée du mandat du Premier ministre risquent de détourner l’attention des véritables priorités nationales, notamment la lutte contre l’insécurité, le renforcement des institutions publiques et l’organisation des prochaines consultations électorales.
Dans son intervention, il a invité les acteurs politiques à revenir aux engagements initiaux du Pacte national et à privilégier le dialogue plutôt que les affrontements publics. Selon lui, les divergences qui existent aujourd’hui ne devraient pas remettre en cause l’objectif fondamental de l’accord : permettre au pays de retrouver des institutions élues et pleinement légitimes.
Alors que le Pacte national apparaît de plus en plus comme un sujet de division au sein de la classe politique, les déclarations de Caleb Jean-Baptiste témoignent de l’existence d’un courant qui continue de considérer ce document comme la référence principale de la transition. Pour ses défenseurs, la légitimité du Premier ministre demeure liée à l’exécution de la mission qui lui a été confiée par le pacte : conduire Haïti vers des élections crédibles et un retour à l’ordre constitutionnel.
Cette nouvelle intervention relance ainsi le débat sur l’interprétation du Pacte national et sur l’avenir de la transition, dans un pays où la recherche d’un consensus politique demeure plus que jamais un défi majeur.