by Gesnel Moïse | Sep 4, 2026 | Justice
Le juge d’instruction Paul Eronce Villard convoque Jean Philippe Brun, représentant de la société Unigestion Holding S.A., qui opère sous le nom commercial Digicel en Haïti, pour répondre à des questions sur des faits présumés de cyberescroquerie et de détournement de données numériques. Le magistrat fixe la comparution au mercredi 9 septembre 2026 à 10 heures, au Cabinet d’instruction du Tribunal de première instance de Port-au-Prince.
Dans une invitation datée du 2 septembre 2026, le juge Villard indique qu’il mène une instruction préparatoire à la suite de plaintes avec constitution de partie civile déposées par plusieurs anciens abonnés de compagnies d’assurance. Le magistrat évoque des faits qui auraient été commis dans le cyberespace pendant au moins dix ans.
Le document cite notamment la cyberescroquerie, le détournement de données numériques et la violation des principes de confidentialité parmi les faits présumés examinés dans le cadre de l’instruction. Le juge cherche ainsi à recueillir les explications du représentant de la compagnie sur les faits dénoncés.
Paul Eronce Villard demande à Jean Philippe Brun de lui fournir tous les documents et pièces susceptibles de contribuer à la manifestation de la vérité.
Cette convocation intervient dans le cadre d’une procédure qui doit permettre au magistrat de vérifier les faits rapportés dans les plaintes. À ce stade, la justice n’a pas établi la culpabilité de Jean Philippe Brun ni celle de la société concernée. Les faits mentionnés dans la convocation restent donc présumés.
Jean Philippe Brun doit comparaître le 9 septembre devant le juge d’instruction afin de répondre aux interrogations de la justice. Cette audition pourrait permettre au magistrat de poursuivre ses investigations sur les accusations de cyberescroquerie et de détournement de données numériques.
Optimiste Média Info
by Gesnel Moïse | Août 20, 2026 | Justice
La Voix Haïtienne des Droits Humains (VOAHDH) a rendu public, ce mois d’août 2026, un rapport d’alerte sur l’état de la Cour d’appel des Cayes, à l’issue d’une mission d’observation menée le 19 juin dans les locaux de cette juridiction. Le document fait état d’un bâtiment dégradé, de ressources matérielles insuffisantes et d’un environnement peu propice à la sérénité des audiences. Selon l’organisation, cette situation peut compromettre l’accès des justiciables à la justice.
Selon les observations de la mission, la toiture en tôle de l’édifice comporte plusieurs perforations qui exposent les locaux aux intempéries. Les portes, les installations et le mobilier présentent des signes de vétusté. Les bureaux des magistrats, de dimensions réduites, offrent peu d’espace pour recevoir les justiciables, les avocats ou les partenaires institutionnels de la Cour.
Plusieurs magistrats limiteraient l’usage de leurs bureaux en raison de l’état des locaux, selon les informations recueillies par la VOAHDH. Certains ne s’y rendraient que pour la tenue des audiences avant de quitter les lieux. Le rapport souligne qu’à l’exception du président de la Cour et du ministère public, les magistrats ne disposeraient d’aucun véhicule de service et devraient recourir à des moyens de transport privés, dont les taxis-motos, pour leurs déplacements.
La mission, qui a assisté à une audience publique, a relevé une situation d’insalubrité aux abords du bâtiment ainsi qu’une proximité avec des habitations et des activités commerciales. Cette configuration aurait perturbé le déroulement des audiences, selon des témoignages recueillis sur place.
Le fonctionnement de la juridiction se heurterait aussi à des coupures d’électricité, le groupe électrogène ne garantissant pas une alimentation continue. Le personnel judiciaire devrait, dans certains cas, recourir à des services privés extérieurs pour effectuer des tâches administratives, dont l’impression de documents.
La VOAHDH indique avoir été informée de l’éventualité d’une fermeture de la juridiction si les conditions actuelles ne s’amélioraient pas, sans avoir pu vérifier de manière indépendante l’existence d’une décision en ce sens. L’organisation estime qu’un tel scénario, s’il se concrétisait, aurait des conséquences sur l’accès à la justice pour les populations desservies par la Cour d’appel des Cayes.
Dans son analyse, la VOAHDH établit un lien entre les conditions matérielles observées et plusieurs principes fondamentaux : l’accès à la justice, la dignité de la fonction judiciaire et l’indépendance du pouvoir judiciaire. L’organisation considère que des infrastructures inadaptées ne relèvent pas d’une question logistique, mais peuvent fragiliser la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.
Le rapport formule des recommandations à l’intention du gouvernement haïtien, du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire ainsi que des partenaires techniques et financiers. Parmi les mesures proposées figurent une évaluation technique indépendante du bâtiment, un plan d’intervention d’urgence et l’examen de la faisabilité d’une réhabilitation ou d’une reconstruction du siège de la Cour.
Gesnel Moïse
by Gesnel Moïse | Août 18, 2026 | Justice
Me Winder Bernard demande, ce lundi 17 août 2026, à l’État haïtien d’autoriser le transfert de l’ancienne directrice du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS), ancienne appellation du SNGRS, Magalie Habitant, vers un hôpital pour subir une intervention chirurgicale. Il affirme que l’ancienne responsable souffre d’hémorroïdes et doit recevoir des soins.
Me Winder Bernard, l’un des responsables de l’organisation « Repons Ayiti », dit avoir consulté un document médical qui recommande une opération dans un délai de 24 à 48 heures. Selon lui, un médecin a formulé cette recommandation depuis le mois de mars. Magalie Habitant se trouve depuis en détention.
Il alerte sur les risques liés à l’état de santé de l’ancienne directrice du SMCRS. Il explique que les hémorroïdes peuvent provoquer des complications et une infection si la patiente ne reçoit pas les soins nécessaires.
Me Winder Bernard précise que sa demande ne vise pas la libération de Magalie Habitant. Il estime que la justice doit poursuivre la procédure si les autorités lui reprochent des infractions. Pour lui, les poursuites judiciaires ne doivent pas empêcher une personne détenue d’accéder aux soins dont elle a besoin.
Il demande aux autorités d’autoriser le transfert de Magalie Habitant vers un établissement hospitalier afin qu’elle puisse recevoir les soins prescrits et subir l’intervention recommandée par le médecin.
Me Winder Bernard soutient que l’État doit permettre à l’ancienne directrice du SMCRS de recevoir les soins nécessaires pendant sa détention. Il affirme que cette demande ne remet pas en cause la procédure judiciaire engagée contre elle, mais vise à garantir sa prise en charge médicale.
Optimiste Média Info (OMI)
by Gesnel Moïse | Août 3, 2026 | Justice
Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a annoncé la clôture de l’année judiciaire 2025-2026 et a invité les magistrats à finaliser les dossiers déjà mis en délibéré avant le début des vacances judiciaires. L’institution a publié cette décision dans un mémorandum officiel adressé aux chefs de juridiction, aux magistrats et à l’ensemble du personnel judiciaire.
Dans ce document, le CSPJ remercie les acteurs du système judiciaire pour les efforts qu’ils ont déployés tout au long de l’année afin d’assurer la continuité du service public de la justice malgré un contexte particulièrement difficile.
Le Conseil rappelle que cette mesure respecte les dispositions de l’article 75 du décret du 22 août 1995 sur l’organisation judiciaire. Il précise que le vendredi 31 juillet 2026 a marqué la fin officielle des activités judiciaires de l’exercice 2025-2026, sous réserve des exceptions prévues à l’article 64 du même décret.
Le CSPJ demande à tous les juges de l’ordre judiciaire de rendre leurs décisions dans les affaires déjà mises en délibéré avant leur départ en vacances. Il souhaite ainsi réduire les retards dans le traitement des dossiers et améliorer l’efficacité du système judiciaire.
Le Conseil réaffirme enfin son estime envers les chefs de juridiction, les magistrats et l’ensemble du personnel judiciaire. Il salue leur engagement au service de la justice haïtienne.
Le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, le magistrat Jean-Joseph Lebrun, a signé le mémorandum le 31 juillet 2026.
Optimiste Média Info
by Gesnel Moïse | Juil 19, 2026 | Justice
Port-au-Prince, le 18 juillet 2026 — Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) exprime sa vive préoccupation face à l’absence de progrès significatifs dans les procédures judiciaires visant plusieurs anciens hauts responsables de l’État, plus d’un an après leur arrestation.
Dans un rapport publié le 18 juillet 2026, le RHAJAC souligne que les dossiers de Magalie Habitant, Prophane Victor et Elionor Devallon n’ont toujours pas été jugés depuis leur arrestation en janvier 2025. Selon l’organisation, cette situation illustre les difficultés persistantes auxquelles fait face le système judiciaire haïtien.
Le réseau rappelle que les autorités poursuivent les personnes concernées pour des faits présumés de détournement de fonds publics, de liens avec des groupes armés et de financement d’activités criminelles. Il précise toutefois que les tribunaux compétents devront examiner ces accusations dans le respect de la présomption d’innocence et des garanties prévues par la loi.
Le RHAJAC estime que ces retards freinent les efforts de lutte contre la corruption, affaiblissent la confiance des citoyens envers la justice et renforcent le sentiment d’impunité. Pour l’organisation, une justice plus efficace contribuerait à consolider la crédibilité des institutions et à établir les responsabilités dans un délai raisonnable.
Le RHAJAC invite les autorités judiciaires à accélérer le traitement de ces dossiers afin de garantir une justice indépendante, impartiale et efficace. L’organisation estime qu’une action rapide permettrait de renforcer l’État de droit et de faire progresser la lutte contre la corruption en Haïti.
Optimiste Media Info
by Gesnel Moïse | Juil 15, 2026 | Justice, Politique, Sécurité
L’ancien président haïtien Michel Joseph Martelly est rentré en Haïti ce mercredi 15 juillet 2026, après plusieurs mois passés à l’étranger. Son retour intervient alors que la chambre d’instruction criminelle l’attendait depuis le 18 juin dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Figure emblématique du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Michel Martelly a dirigé Haïti du 14 mai 2011 au 7 février 2016. Plusieurs anciens membres de son gouvernement l’ont accueilli à son arrivée. Son retour intervient dans un contexte où son nom demeure associé à plusieurs dossiers ayant suscité de vives réactions sur les plans national et international.
Le juge d’instruction Cyprien Jean Denis Pierre devait l’entendre, mais il ne s’est pas présenté à la convocation fixée au 18 juin dernier. Cette audition devait s’inscrire dans le cadre des investigations menées par les autorités sur l’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée de Pèlerin 5.
Haiti: Martine Moïse : De victime à suspecte silencieuse ?
En 2022, le gouvernement canadien a imposé des sanctions à Michel Martelly, l’accusant notamment d’implication présumée dans des faits de corruption et de soutien à des activités alimentant la violence des gangs en Haïti.
En août 2024, les États-Unis ont également sanctionné l’ancien président. Le département américain du Trésor accuse Michel Martelly d’avoir facilité le trafic de drogue, participé au blanchiment de capitaux issus de ce trafic et soutenu plusieurs organisations criminelles en Haïti. L’ancien chef de l’État rejette ces accusations.
Par ailleurs, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, les investigations se poursuivent. La justice a déjà poursuivi ou condamné plusieurs personnes dans cette affaire, et le dossier cite également le nom de Michel Martelly.
Le retour de l’ancien président a déjà relancé le débat au sein de l’opinion publique. Certains de ses partisans l’ont accueilli à Pétion-Ville, tandis que d’autres s’interrogent sur les conséquences politiques et judiciaires de son retour en Haïti.
Le chercheur Jake Johnston a réagi au retour de Michel Martelly sur le réseau social X. Selon lui, l’ancien président reviendrait en Haïti avec l’ambition de briguer à nouveau la présidence. « L’ancien président haïtien Michel Martelly est de retour en Haïti, avec des ambitions clairement affichées de briguer à nouveau la présidence », a-t-il notamment écrit.
Jake Johnston a également rappelé que Michel Martelly fait l’objet de sanctions américaines liées à son implication présumée dans un réseau de trafic de drogue. Selon le chercheur, l’ancien président vivait en Floride ces dernières années et aurait attendu le moment qu’il estimait favorable pour regagner le pays.
Optimiste Media Info (OMI)