Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a annoncé la clôture de l’année judiciaire 2025-2026 et a invité les magistrats à finaliser les dossiers déjà mis en délibéré avant le début des vacances judiciaires. L’institution a publié cette décision dans un mémorandum officiel adressé aux chefs de juridiction, aux magistrats et à l’ensemble du personnel judiciaire.
Dans ce document, le CSPJ remercie les acteurs du système judiciaire pour les efforts qu’ils ont déployés tout au long de l’année afin d’assurer la continuité du service public de la justice malgré un contexte particulièrement difficile.
Le Conseil rappelle que cette mesure respecte les dispositions de l’article 75 du décret du 22 août 1995 sur l’organisation judiciaire. Il précise que le vendredi 31 juillet 2026 a marqué la fin officielle des activités judiciaires de l’exercice 2025-2026, sous réserve des exceptions prévues à l’article 64 du même décret.
Le CSPJ demande à tous les juges de l’ordre judiciaire de rendre leurs décisions dans les affaires déjà mises en délibéré avant leur départ en vacances. Il souhaite ainsi réduire les retards dans le traitement des dossiers et améliorer l’efficacité du système judiciaire.
Le Conseil réaffirme enfin son estime envers les chefs de juridiction, les magistrats et l’ensemble du personnel judiciaire. Il salue leur engagement au service de la justice haïtienne.
Le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, le magistrat Jean-Joseph Lebrun, a signé le mémorandum le 31 juillet 2026.
Port-au-Prince, le 18 juillet 2026 — Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) exprime sa vive préoccupation face à l’absence de progrès significatifs dans les procédures judiciaires visant plusieurs anciens hauts responsables de l’État, plus d’un an après leur arrestation.
Dans un rapport publié le 18 juillet 2026, le RHAJAC souligne que les dossiers de Magalie Habitant, Prophane Victor et Elionor Devallon n’ont toujours pas été jugés depuis leur arrestation en janvier 2025. Selon l’organisation, cette situation illustre les difficultés persistantes auxquelles fait face le système judiciaire haïtien.
Le réseau rappelle que les autorités poursuivent les personnes concernées pour des faits présumés de détournement de fonds publics, de liens avec des groupes armés et de financement d’activités criminelles. Il précise toutefois que les tribunaux compétents devront examiner ces accusations dans le respect de la présomption d’innocence et des garanties prévues par la loi.
Le RHAJAC estime que ces retards freinent les efforts de lutte contre la corruption, affaiblissent la confiance des citoyens envers la justice et renforcent le sentiment d’impunité. Pour l’organisation, une justice plus efficace contribuerait à consolider la crédibilité des institutions et à établir les responsabilités dans un délai raisonnable.
Le RHAJAC invite les autorités judiciaires à accélérer le traitement de ces dossiers afin de garantir une justice indépendante, impartiale et efficace. L’organisation estime qu’une action rapide permettrait de renforcer l’État de droit et de faire progresser la lutte contre la corruption en Haïti.
L’ancien président haïtien Michel Joseph Martelly est rentré en Haïti ce mercredi 15 juillet 2026, après plusieurs mois passés à l’étranger. Son retour intervient alors que la chambre d’instruction criminelle l’attendait depuis le 18 juin dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Figure emblématique du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Michel Martelly a dirigé Haïti du 14 mai 2011 au 7 février 2016. Plusieurs anciens membres de son gouvernement l’ont accueilli à son arrivée. Son retour intervient dans un contexte où son nom demeure associé à plusieurs dossiers ayant suscité de vives réactions sur les plans national et international.
Le juge d’instruction Cyprien Jean Denis Pierre devait l’entendre, mais il ne s’est pas présenté à la convocation fixée au 18 juin dernier. Cette audition devait s’inscrire dans le cadre des investigations menées par les autorités sur l’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée de Pèlerin 5.
En 2022, le gouvernement canadien a imposé des sanctions à Michel Martelly, l’accusant notamment d’implication présumée dans des faits de corruption et de soutien à des activités alimentant la violence des gangs en Haïti.
En août 2024, les États-Unis ont également sanctionné l’ancien président. Le département américain du Trésor accuse Michel Martelly d’avoir facilité le trafic de drogue, participé au blanchiment de capitaux issus de ce trafic et soutenu plusieurs organisations criminelles en Haïti. L’ancien chef de l’État rejette ces accusations.
Par ailleurs, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, les investigations se poursuivent. La justice a déjà poursuivi ou condamné plusieurs personnes dans cette affaire, et le dossier cite également le nom de Michel Martelly.
Le retour de l’ancien président a déjà relancé le débat au sein de l’opinion publique. Certains de ses partisans l’ont accueilli à Pétion-Ville, tandis que d’autres s’interrogent sur les conséquences politiques et judiciaires de son retour en Haïti.
Le chercheur Jake Johnston a réagi au retour de Michel Martelly sur le réseau social X. Selon lui, l’ancien président reviendrait en Haïti avec l’ambition de briguer à nouveau la présidence. « L’ancien président haïtien Michel Martelly est de retour en Haïti, avec des ambitions clairement affichées de briguer à nouveau la présidence », a-t-il notamment écrit.
Jake Johnston a également rappelé que Michel Martelly fait l’objet de sanctions américaines liées à son implication présumée dans un réseau de trafic de drogue. Selon le chercheur, l’ancien président vivait en Floride ces dernières années et aurait attendu le moment qu’il estimait favorable pour regagner le pays.
L’avocat Me Caleb Jean-Baptiste a appelé les autorités judiciaires haïtiennes et la communauté internationale à prendre des mesures contre l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles, leader du parti politique Pitit Dessalines. Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi, l’homme de loi a affirmé que certaines déclarations publiques de l’ancien parlementaire avaient contribué à alimenter le climat de violence qui sévit actuellement en Haïti.
Port-au-Prince, 14 juillet 2026. Face à des journalistes, Me Caleb Jean-Baptiste a affirmé que les prises de position de Moïse Jean-Charles devaient entraîner des conséquences judiciaires. Selon lui, tout responsable politique doit faire preuve de responsabilité dans ses discours, particulièrement dans un contexte où le pays traverse une crise sécuritaire sans précédent, marquée par la montée en puissance des groupes armés, les déplacements forcés de populations et la multiplication des actes de violence.
L’avocat estime que les déclarations incriminées méritent d’être examinées par la justice afin de déterminer si elles constituent une incitation à la violence ou un comportement susceptible de troubler l’ordre public. Il a ainsi invité les autorités compétentes à ouvrir ou à poursuivre les procédures nécessaires, tout en appelant les institutions nationales à assumer pleinement leurs responsabilités dans le respect des lois de la République.
Au-delà des autorités haïtiennes, Me Jean-Baptiste a également sollicité l’attention de la communauté internationale. Selon lui, les partenaires d’Haïti doivent soutenir les efforts visant à renforcer l’État de droit et à combattre toute forme de discours susceptible d’encourager la violence ou d’aggraver l’instabilité politique et sécuritaire.
L’avocat a également exhorté l’État haïtien à prendre les mesures qu’il juge appropriées contre le dirigeant politique. Il estime que personne ne doit être au-dessus de la loi et que les personnalités publiques doivent assumer la responsabilité de leurs actes et de leurs déclarations lorsque celles-ci risquent d’avoir des conséquences sur la sécurité collective.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte où les propos de plusieurs acteurs politiques alimentent un débat croissant au sein de l’opinion publique. Elles relancent aussi les discussions sur les limites de la liberté d’expression, la responsabilité des dirigeants politiques et le rôle de la justice dans la préservation de l’ordre public.
À ce stade, Moïse Jean-Charles ne s’est pas exprimé publiquement sur ces nouvelles accusations. Les autorités judiciaires n’ont, de leur côté, rendu aucune décision concernant les démarches annoncées par Me Caleb Jean-Baptiste. La suite de ce dossier dépendra des décisions que prendra la justice, dans le respect des garanties prévues par la loi et du principe de la présomption d’innocence.
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « système criminel organisé » exploitant le blocage prolongé de l’entrée terrestre du Grand Sud d’Haïti.Dans une note de presse publiée ce jeudi, l’organisation dénonce un vaste réseau mêlant intérêts économiques, groupes armés et présumées complicités institutionnelles.
Port-au-Prince, le 28 mai 2026. Selon le RHAJAC, cette situation, qui perdure depuis plusieurs années, permettrait à certains acteurs économiques de tirer d’importants profits du chaos sécuritaire, alors que les populations du Grand Sud continuent de subir une flambée des prix, des pénuries de produits essentiels et un isolement économique grandissant.
L’organisation rappelle qu’il y a environ sept semaines, lors de l’émission Haïti Dekante diffusée sur Radio Télé Ginen, le coordonnateur général du Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (MUTH), Diclos Bénissoit, avait fait de graves révélations concernant le fonctionnement présumé de ce réseau.
D’après ses déclarations, des opérateurs du transport maritime collaboreraient avec des gangs armés ainsi qu’avec certains policiers corrompus afin d’empêcher la circulation terrestre entre Mariani et Gressier. Cette situation obligerait plusieurs propriétaires de véhicules à recourir au transport maritime pour acheminer leurs biens vers le Grand Sud.
Toujours selon les propos rapportés par le RHAJAC, les propriétaires de véhicules seraient contraints de débourser entre 1 500 et 3 000 dollars américains pour transporter leurs voitures par bateau, tandis que certains camions de marchandises paieraient jusqu’à 500 000 gourdes afin de traverser des zones contrôlées par des groupes armés.
Le RHAJAC souligne également que plus de 32 embarcations assureraient actuellement cette liaison maritime imposée par l’insécurité. Ce système générerait près de 54 millions de dollars américains chaque mois, selon les estimations avancées par le responsable du MUTH.
L’organisation rappelle en outre que le Directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, avait lui-même reconnu publiquement que le blocage des routes nationales représentait d’importants intérêts économiques et ne profitait pas uniquement aux groupes armés.
Dans sa note, le RHAJAC évoque également les dénonciations répétées du média Satellite509 concernant de présumés liens entre certains acteurs économiques, notamment Steeve Khawly et Joël Khawly, et le système d’insécurité paralysant l’accès au Grand Sud.
L’organisation rappelle que Steeve Khawly avait été sanctionné par le Canada le 23 mars 2023, dans un contexte marqué par plusieurs controverses, notamment autour du dossier du riz contaminé commercialisé sous le nom de « Riz Chef ». Malgré ces accusations et sanctions internationales, les réseaux dénoncés continueraient, selon le RHAJAC, à fonctionner dans une totale impunité.
Face à cette situation, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption exige l’ouverture immédiate d’une enquête policière indépendante afin de faire la lumière sur les revenus générés par ce système ainsi que sur les allégations de complicité impliquant certains policiers et opérateurs économiques.
Pour le RHAJAC, le maintien de ce dispositif pendant plusieurs années sans intervention significative des autorités ne fait qu’alimenter les soupçons d’une protection politique ou d’une tolérance volontaire accordée aux réseaux mis en cause.
L’avocat Me Caleb Jean-Baptiste a été entendu ce mercredi 13 Mai, à la Cour d’appel dans le cadre d’une procédure judiciaire engagée contre Unibank, autour de la gestion des dépôts effectués en dollars américains.
Optimiste. Info, le 14 mai 2026. À l’origine du dossier, une plainte déposée par Me Caleb Jean-Baptiste dénonçant certaines pratiques liées aux transactions bancaires en devises. Selon l’homme de loi, plusieurs clients ayant déposé des fonds en dollars américains auraient reçu des remboursements ou effectué des retraits en gourdes haïtiennes, à des taux de conversion qu’il juge défavorables aux déposants.
À sa sortie de l’audience, Me Caleb Jean-Baptiste a indiqué mener cette bataille « pour le peuple haïtien », estimant que cette situation soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des droits des consommateurs, à la transparence des opérations bancaires ainsi qu’à la protection des épargnants.
Cette affaire intervient dans un contexte économique particulièrement délicat en Haïti, marqué par la volatilité du taux de change et les difficultés d’accès aux devises étrangères dans les institutions financières. Ces préoccupations alimentent depuis plusieurs années les débats autour de la régulation bancaire et du traitement des dépôts en monnaie étrangère.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été rendue publique par Unibank concernant cette procédure judiciaire. Le dossier continue toutefois de susciter l’attention de l’opinion publique et des acteurs économiques du pays.