Le RHAJAC dénonce un « système mafieux » autour du blocage du Grand Sud

Le RHAJAC dénonce un « système mafieux » autour du blocage du Grand Sud

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « système criminel organisé » exploitant le blocage prolongé de l’entrée terrestre du Grand Sud d’Haïti.Dans une note de presse publiée ce jeudi, l’organisation dénonce un vaste réseau mêlant intérêts économiques, groupes armés et présumées complicités institutionnelles.

Port-au-Prince, le 28 mai 2026. Selon le RHAJAC, cette situation, qui perdure depuis plusieurs années, permettrait à certains acteurs économiques de tirer d’importants profits du chaos sécuritaire, alors que les populations du Grand Sud continuent de subir une flambée des prix, des pénuries de produits essentiels et un isolement économique grandissant.

L’organisation rappelle qu’il y a environ sept semaines, lors de l’émission Haïti Dekante diffusée sur Radio Télé Ginen, le coordonnateur général du Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (MUTH), Diclos Bénissoit, avait fait de graves révélations concernant le fonctionnement présumé de ce réseau.

D’après ses déclarations, des opérateurs du transport maritime collaboreraient avec des gangs armés ainsi qu’avec certains policiers corrompus afin d’empêcher la circulation terrestre entre Mariani et Gressier. Cette situation obligerait plusieurs propriétaires de véhicules à recourir au transport maritime pour acheminer leurs biens vers le Grand Sud.

Toujours selon les propos rapportés par le RHAJAC, les propriétaires de véhicules seraient contraints de débourser entre 1 500 et 3 000 dollars américains pour transporter leurs voitures par bateau, tandis que certains camions de marchandises paieraient jusqu’à 500 000 gourdes afin de traverser des zones contrôlées par des groupes armés.

Le RHAJAC souligne également que plus de 32 embarcations assureraient actuellement cette liaison maritime imposée par l’insécurité. Ce système générerait près de 54 millions de dollars américains chaque mois, selon les estimations avancées par le responsable du MUTH.

L’organisation rappelle en outre que le Directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, avait lui-même reconnu publiquement que le blocage des routes nationales représentait d’importants intérêts économiques et ne profitait pas uniquement aux groupes armés.

Dans sa note, le RHAJAC évoque également les dénonciations répétées du média Satellite509 concernant de présumés liens entre certains acteurs économiques, notamment Steeve Khawly et Joël Khawly, et le système d’insécurité paralysant l’accès au Grand Sud.

L’organisation rappelle que Steeve Khawly avait été sanctionné par le Canada le 23 mars 2023, dans un contexte marqué par plusieurs controverses, notamment autour du dossier du riz contaminé commercialisé sous le nom de « Riz Chef ». Malgré ces accusations et sanctions internationales, les réseaux dénoncés continueraient, selon le RHAJAC, à fonctionner dans une totale impunité.

Face à cette situation, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption exige l’ouverture immédiate d’une enquête policière indépendante afin de faire la lumière sur les revenus générés par ce système ainsi que sur les allégations de complicité impliquant certains policiers et opérateurs économiques.


Pour le RHAJAC, le maintien de ce dispositif pendant plusieurs années sans intervention significative des autorités ne fait qu’alimenter les soupçons d’une protection politique ou d’une tolérance volontaire accordée aux réseaux mis en cause.

Optimiste. Info

Dollars bloqués ou convertis en gourdes : Me Caleb Jean-Baptiste engage un bras de fer judiciaire contre Unibank

Dollars bloqués ou convertis en gourdes : Me Caleb Jean-Baptiste engage un bras de fer judiciaire contre Unibank

L’avocat Me Caleb Jean-Baptiste a été entendu ce mercredi 13 Mai, à la Cour d’appel dans le cadre d’une procédure judiciaire engagée contre Unibank, autour de la gestion des dépôts effectués en dollars américains.

Optimiste. Info, le 14 mai 2026. À l’origine du dossier, une plainte déposée par Me Caleb Jean-Baptiste dénonçant certaines pratiques liées aux transactions bancaires en devises. Selon l’homme de loi, plusieurs clients ayant déposé des fonds en dollars américains auraient reçu des remboursements ou effectué des retraits en gourdes haïtiennes, à des taux de conversion qu’il juge défavorables aux déposants.

À sa sortie de l’audience, Me Caleb Jean-Baptiste a indiqué mener cette bataille « pour le peuple haïtien », estimant que cette situation soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des droits des consommateurs, à la transparence des opérations bancaires ainsi qu’à la protection des épargnants.

Cette affaire intervient dans un contexte économique particulièrement délicat en Haïti, marqué par la volatilité du taux de change et les difficultés d’accès aux devises étrangères dans les institutions financières. Ces préoccupations alimentent depuis plusieurs années les débats autour de la régulation bancaire et du traitement des dépôts en monnaie étrangère.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été rendue publique par Unibank concernant cette procédure judiciaire. Le dossier continue toutefois de susciter l’attention de l’opinion publique et des acteurs économiques du pays.

La Rédaction

Arnel Bélizaire interpellé à Pétion-Ville par la Police Judiciaire

Arnel Bélizaire interpellé à Pétion-Ville par la Police Judiciaire

Des agents de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ont procédé, dans l’après-midi du samedi 14 mars 2026, à l’interpellation de l’ancien député Arnel Bélizaire à l’Hôtel Oasis, dans la commune de Pétion‑Ville.
L’opération policière aurait été menée dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’amener émis par les autorités judiciaires.

Optimiste. Info, le 14 mars 2026.

Une interpellation menée sur place

Selon plusieurs sources proches du dossier, l’ancien parlementaire a été appréhendé directement dans l’enceinte de l’hôtel par des agents de la police judiciaire. Après son interpellation, il a été placé sous escorte et conduit vers les locaux de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, où il devrait être entendu dans le cadre d’une enquête en cours.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été publiée par la police afin de préciser les motifs exacts ayant conduit à cette intervention.

Un contexte politique sensible

Cette arrestation survient dans un climat politique déjà tendu, alors que le pays se prépare aux prochaines échéances électorales. Plusieurs observateurs estiment que cette interpellation pourrait avoir des répercussions dans l’arène politique.

Il convient de rappeler que Arnel Bélizaire avait récemment engagé des démarches politiques en vue de participer au prochain processus électoral. Le 11 mars dernier, il avait procédé à l’inscription de sa formation politique auprès du Conseil Électoral Provisoire.

Cette chronologie alimente déjà des interrogations dans certains milieux politiques, où des voix s’élèvent pour demander des clarifications sur les circonstances et les motivations de cette arrestation.

En attendant une prise de position officielle des autorités, l’affaire continue de susciter réactions et commentaires au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

La Rédaction

Justice : Me Caleb Jean-Baptiste dénonce des allégations « infondées »

Justice : Me Caleb Jean-Baptiste dénonce des allégations « infondées »

Me Caleb Jean-Baptiste, avocat au barreau de Port-au-Prince, a publié une note publique afin d’apporter des éclaircissements sur une procédure judiciaire qu’il avait engagée et sur des informations récemment relayées sur les réseaux sociaux.

Optimuste. Info, le16 février 2026. Dans ce document, l’homme de loi rappelle avoir déposé une plainte au Parquet contre Lorenzo De Matteis et Nathania Alessandra Dominique pour des faits dont il se déclarait victime. Le dossier avait été régulièrement acheminé vers un Substitut du Commissaire du Gouvernement pour les suites prévues par la loi.

Selon Me Jean-Baptiste, Lorenzo De Matteis l’aurait ensuite contacté afin d’exprimer son indignation face à la situation, de présenter ses excuses et de solliciter une rencontre pour fournir des explications détaillées sur les circonstances des faits reprochés.

Après avoir entendu ces explications, l’avocat affirme avoir accepté les excuses formulées et décidé, dans un esprit d’apaisement, de se désister de sa plainte, sans exiger aucune compensation.

Toutefois, il se dit étonné par la circulation sur les réseaux sociaux d’un document présenté comme une plainte adressée au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique contre le Substitut du Commissaire du Gouvernement Roosevelt Cadet, en charge du dossier. Ce document, portant la signature de Me Reynold Georges, contiendrait des accusations que Me Jean-Baptiste rejette catégoriquement.

Il déplore la diffusion d’allégations qu’il juge de nature à ternir l’honneur et la réputation des personnes concernées par cette affaire.

Dans un souci de transparence, Me Caleb Jean-Baptiste précise qu’il n’a aucun lien de parenté avec un membre de la magistrature haïtienne et qu’il ne partage aucune résidence avec un magistrat.

Enfin, il invite Me Reynold Georges à faire preuve de retenue et de responsabilité dans ses déclarations publiques. Il indique également se réserver le droit d’engager toute action légale qu’il estimera nécessaire pour défendre ses droits et préserver son honneur.

La Rédaction

Décret sur la Haute Cour : le RHAJAC dénonce un “verrou judiciaire” et exige son retrait immédiat

Décret sur la Haute Cour : le RHAJAC dénonce un “verrou judiciaire” et exige son retrait immédiat

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) hausse le ton. L’organisation exhorte le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à abroger immédiatement le décret du 1er décembre 2025 relatif à la Haute Cour de Justice, qu’elle considère comme un mécanisme susceptible de protéger d’anciens hauts responsables de l’État, notamment les ex-membres du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Optimuste. Info, le 11 février 2026. Selon le RHAJAC, ce texte, présenté comme une tentative de combler un vide juridique entourant l’organisation de la Haute Cour de Justice, introduit en réalité un dispositif problématique. Le décret mettrait en place un mécanisme de saisine automatique retirant aux juridictions ordinaires la compétence pour traiter certaines affaires, au profit d’une institution qui ne peut actuellement pas être constituée en raison de l’absence de Parlement.

Pour l’organisation, cette situation crée un véritable blocage judiciaire. Des dossiers visant d’anciens hauts fonctionnaires pour des faits présumés de corruption, de détournement de fonds publics ou d’abus de pouvoir risqueraient ainsi d’être suspendus indéfiniment, faute d’organe habilité à les juger.
Dans un contexte déjà marqué par de graves accusations publiques visant plusieurs anciens membres du CPT, le RHAJAC estime que ce décret pourrait servir d’écran procédural, ralentissant, voire neutralisant, les poursuites judiciaires.

Dirigé par Djovany Michel, le Réseau rappelle que la Constitution confie à la Haute Cour de Justice la compétence de juger les grands commis de l’État. Toutefois, en l’absence de Chambre des députés pour engager les mises en accusation et de Sénat pour se constituer en Haute Cour, ce mécanisme demeure inapplicable. Pour le RHAJAC, une exigence constitutionnelle ne saurait être détournée en outil d’impunité.

L’organisation appelle donc le chef du gouvernement à annuler sans délai le décret du 1er décembre 2025 et à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la continuité effective des poursuites judiciaires contre tout responsable public, qu’il soit ancien ou en fonction.

« Aucun vide institutionnel ne doit servir de refuge à ceux qui ont exercé le pouvoir. L’égalité devant la loi ne peut être suspendue par des artifices procéduraux », insiste le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption.

La Rédaction

Haiti : l’ULCC relance l’offensive contre l’opacité des anciens dirigeants

Haiti : l’ULCC relance l’offensive contre l’opacité des anciens dirigeants

L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a haussé le ton. Dans un communiqué officiel rendu public ce lundi, l’institution rappelle aux anciens responsables de l’État qu’ils demeurent juridiquement tenus de déclarer l’ensemble de leur patrimoine après la fin de leurs fonctions, conformément à la loi du 12 février 2008.

Optimiste. Info le 10 février 2026. Ce rappel vise directement les ex-membres du gouvernement, an seciens ministres, directeurs généraux et hauts fonctionnaires ayant exercé des responsabilités stratégiques. Selon l’ULCC, ces derniers disposent d’un délai strict de 30 jours à compter de leur départ pour déposer une déclaration détaillée de leurs biens. Le document doit être transmis au greffe du tribunal civil compétent, soit en personne, soit par correspondance officielle.

Pour l’institution anticorruption, cette exigence dépasse le simple formalisme administratif. La déclaration de patrimoine constitue un levier central dans la prévention et la répression de la corruption, en permettant d’identifier d’éventuels écarts entre les revenus légitimes et les biens effectivement détenus par les anciens gestionnaires de fonds publics.

L’ULCC rappelle que le non-respect de cette obligation expose les contrevenants à de lourdes conséquences judiciaires. En vertu des articles 2, 6, 7 et 14 de la loi de 2008, l’absence de déclaration, la dissimulation volontaire d’avoirs ou la fourniture de fausses informations peuvent entraîner des poursuites pénales, assorties d’amendes substantielles et, dans certains cas, de peines d’emprisonnement.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, le directeur général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a insisté sur la portée politique et institutionnelle de cette démarche. « La transparence est une condition essentielle à la crédibilité de l’action publique et à la restauration de la confiance citoyenne », a-t-il affirmé. Il a également annoncé la mise en place prochaine d’une commission d’audit indépendante chargée d’examiner les déclarations reçues et d’en vérifier l’exactitude.

Dans une logique d’ouverture, l’ULCC appelle les citoyens et les organisations de la société civile à jouer un rôle de veille, en signalant tout manquement ou tentative de fraude par les voies légales prévues. Les résultats des contrôles seront rendus publics de manière trimestrielle, a précisé l’institution.

Cette initiative s’inscrit dans un ensemble plus large de réformes visant à renforcer la gouvernance publique et à combattre l’impunité en Haïti. Si plusieurs observateurs saluent la fermeté de l’ULCC et la solidité du cadre juridique invoqué, d’autres pointent la complexité des démarches exigées. Pour répondre à ces préoccupations, l’institution prévoit l’organisation prochaine d’ateliers de sensibilisation afin d’accompagner les anciens responsables et de clarifier leurs obligations légales.

En réaffirmant l’obligation de rendre compte, l’ULCC entend envoyer un signal clair : la gestion des affaires publiques ne s’achève pas avec la fin d’un mandat, et nul ne saurait se soustraire à l’examen de la loi.

La Rédaction