La hausse vertigineuse des prix du carburant en Haïti suscite une vive inquiétude. Dans une note rendue publique ce lundi, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) dénonce une situation économique qu’il qualifie de « mécanisme écrasant » pour la majorité des travailleurs.

Optimiste. Info, le 6 avril 2026. Selon l’organisation, le prix d’un gallon de carburant (3,8 litres) dépasse désormais le salaire minimum journalier, estimé entre 350 et 770 gourdes pour huit heures de travail. Une réalité qui, selon le RHAJAC, illustre un déséquilibre profond entre les revenus et le coût de la vie.

Les nouveaux tarifs affichés à la pompe atteignent des niveaux critiques : 725 gourdes pour la gazoline, 850 gourdes pour le gasoil et 845 gourdes pour le kérosène. Dans ce contexte, de nombreux travailleurs se retrouvent dans l’impossibilité de couvrir leurs besoins essentiels, notamment l’alimentation, le transport et le logement.

« Lorsqu’une journée de travail ne permet même pas d’acheter un gallon de carburant, c’est toute la dignité humaine qui est remise en cause », souligne le réseau dans sa déclaration.
L’organisation pointe du doigt un système économique marqué par une forte dépendance aux importations, une dollarisation accrue et une régulation jugée insuffisante. Elle estime que cette combinaison aggrave la précarité et creuse les inégalités sociales.

Face à cette situation, le RHAJAC appelle à une mobilisation citoyenne pacifique et affirme soutenir toute initiative légitime visant à corriger ce qu’il considère comme une injustice économique. Le réseau exige également des autorités une intervention urgente pour rétablir l’équilibre entre le salaire minimum et le coût du carburant.

Pour le secrétaire général du RHAJAC, Djovany Michel, le seuil critique est désormais franchi : « Ce n’est plus une crise conjoncturelle, mais un système qui fonctionne contre la population. »

Alors que le pays fait déjà face à de multiples défis économiques et sociaux, cette nouvelle alerte relance le débat sur la capacité de l’État à protéger le pouvoir d’achat des citoyens les plus vulnérables

La Rédaction

Spread the love