Cap-Haïtien : des reporters agressés pendant une opération municipale, indignation du CMEL

Cap-Haïtien : des reporters agressés pendant une opération municipale, indignation du CMEL

Le Collectif des Médias en Ligne (CMEL) a exprimé sa vive préoccupation face à des actes de violence visant des journalistes au Cap-Haïtien, à travers une note rendue publique le 27 décembre 2025. L’incident s’est produit le même jour, sur la rue 5-6 du Boulevard, alors que la mairie procédait au remorquage de plusieurs véhicules.

OPTIMISTE INFO,le 28 décembre 2025. D’après le CMEL, des journalistes qui couvraient cette intervention municipale ont été pris à partie par des agents de sécurité de la mairie, avec le soutien d’un policier. En plein exercice de leur métier, ces reporters filmaient une action publique, un droit garanti par l’article 28-1 de la Constitution haïtienne relatif à la liberté de la presse.

Le Collectif rapporte que les professionnels des médias ont subi des violences physiques, allant de bousculades à des gifles, et que leur matériel de travail a été endommagé. Ces actes sont qualifiés par l’organisation d’entrave grave au droit d’informer et à la liberté de la presse.

Parmi les journalistes agressés figurent Herly Milien, correspondant de Radio Scoop FM dans le Nord, et Frencely Estimable, collaborateur de l’émission Matin Débat diffusée sur Radio Télé Éclair. Selon le CMEL, leurs téléphones portables et équipements de captation d’images ont été saccagés lors de l’altercation.

Le CMEL souligne également que les faits se sont déroulés sous les yeux de deux membres de la Commission communale du Cap-Haïtien, Patrick Almonor et Isaac Pierre-Louis. L’absence de réaction de leur part pour faire cesser les violences est perçue par l’organisation comme une faute morale et politique engageant la responsabilité des autorités locales.

Rappelant qu’une opération menée par une mairie relève du domaine public et peut légitimement être filmée, le Collectif insiste sur le fait qu’aucune autorité n’est habilitée à porter atteinte à l’intégrité physique d’un journaliste dans l’exercice de ses fonctions.

En conclusion, le CMEL condamne fermement ces agissements, exige l’ouverture d’une enquête indépendante et prévient qu’il se réserve le droit de saisir des instances nationales et internationales de défense de la liberté de la presse si aucune action concrète n’est entreprise.

La Rédaction

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Vers un cycle électoral complet : le CEP trace la feuille de route démocratique d’Haïti

Vers un cycle électoral complet : le CEP trace la feuille de route démocratique d’Haïti

Le Conseil électoral provisoire (CEP) a rendu public un chronogramme électoral couvrant la période 2025-2027, marquant une avancée significative dans la perspective du retour à l’ordre constitutionnel en Haïti. Ce calendrier, qualifié de provisoire, balise l’organisation des élections législatives, présidentielle et locales, longtemps attendues par la population.

OPTIMISTE.INFO 23 décembre 2025. Selon les précisions fournies par l’institution électorale, le processus débutera le 17 novembre 2025 avec une large campagne nationale d’information, de sensibilisation et d’éducation civique. Cette initiative, destinée à préparer les citoyens aux différentes étapes du scrutin, s’étendra jusqu’au 20 janvier 2027. Parallèlement, l’implantation des bureaux de tabulation au niveau départemental est prévue à partir du 5 décembre 2025, tandis que l’achat et la distribution des matériels électoraux commenceront le 22 décembre de la même année.

L’année 2026 sera consacrée aux phases techniques et administratives clés. L’enregistrement des partis politiques se déroulera du 2 au 26 mars. L’inscription des électeurs, considérée comme un pilier essentiel de la crédibilité du processus, aura lieu entre le 1er avril et le 29 juin. Les candidats aux différentes fonctions électives devront, quant à eux, déposer leurs dossiers du 13 avril au 15 mai 2026.

Le CEP prévoit également un important volet de recrutement. Les superviseurs des centres de vote seront engagés entre le 13 avril et le 7 mai 2026, suivis des membres des bureaux de vote, dont le recrutement s’étendra du 17 mai au 31 juillet.

L’accréditation des mandataires des partis politiques est programmée du 19 mai au 23 août 2026.
La campagne électorale du premier tour des législatives et de la présidentielle s’ouvrira le 19 mai pour s’achever le 28 août 2026. Les listes électorales seront rendues publiques le 31 juillet, conformément au délai légal précédant le scrutin.

Le premier tour est fixé au 30 août 2026. La tabulation des votes se fera entre le 30 août et le 1er septembre, avant la publication des résultats préliminaires du 2 au 8 septembre. Une période de contestation sera ensuite ouverte du 3 septembre au 2 octobre, tandis que les résultats définitifs du premier tour seront proclamés le 3 octobre 2026.

En ce qui concerne le second tour, la campagne électorale est annoncée du 6 novembre au 5 décembre 2026. Le scrutin, qui concernera à la fois les élections législatives, présidentielle et des collectivités territoriales, se tiendra le 6 décembre 2026. La proclamation finale des résultats est attendue pour le 7 janvier 2027, date qui marquera la clôture officielle du cycle électoral.

À travers la publication de ce calendrier, le Conseil électoral provisoire affirme sa volonté d’apporter de la clarté et de la prévisibilité au processus électoral. Toutefois, la réalisation effective de ces échéances dépendra largement de l’évolution du contexte sécuritaire, de la disponibilité des ressources financières et de la capacité logistique de l’État, autant de défis majeurs pour le respect du calendrier annoncé.

La Rédaction

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International : Washington hausse le ton face à Caracas et cible directement Nicolás Maduro

International : Washington hausse le ton face à Caracas et cible directement Nicolás Maduro

Donald Trump a adressé un avertissement sans détour au président vénézuélien Nicolás Maduro, laissant entendre que son maintien au pouvoir pourrait toucher à sa fin s’il persistait dans une logique d’affrontement avec les États-Unis. Le président américain a évoqué des conséquences sévères en cas d’escalade, tout en suggérant qu’un retrait volontaire du dirigeant vénézuélien serait, selon lui, l’option la plus « raisonnable ».

OPTIMISTE.INFO, le 23 décembre 2025. S’exprimant depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump a été interrogé sur les intentions réelles de Washington à l’égard du régime de Caracas. À la question de savoir si les États-Unis envisageaient ouvertement la chute de Nicolás Maduro, le chef de l’exécutif américain a entretenu le flou, affirmant que l’issue dépendrait avant tout des choix du président vénézuélien. Il a néanmoins laissé entendre qu’un changement de leadership au Venezuela était une hypothèse crédible.

Le ton s’est durci lorsqu’il a été question d’une éventuelle action américaine directe. Donald Trump a averti que toute démonstration de fermeté de la part de Nicolás Maduro pourrait provoquer une réponse définitive. Selon lui, le dirigeant vénézuélien conserve une marge de manœuvre, mais celle-ci se réduirait considérablement en cas de défi ouvert à Washington.

Par ailleurs, le président américain a de nouveau accusé le gouvernement vénézuélien d’être impliqué dans des réseaux de trafic de drogue et d’avoir favorisé l’arrivée de criminels sur le sol américain, notamment par le biais de libérations issues du système carcéral vénézuélien. Aucune preuve n’a cependant été avancée pour étayer ces affirmations.

Ces déclarations s’inscrivent dans un climat de tensions accrues entre les deux pays, alimenté récemment par la décision des États-Unis de restreindre l’accès des navires pétroliers liés au Venezuela, dans le cadre de sanctions économiques renforcées. Une mesure qui accentue l’isolement de Caracas et renforce la pression diplomatique exercée par Washington.

La Rédactiom

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Vers un sursaut citoyen ? Me Caleb Jean-Baptiste appelle à un Congrès national pour sauver Haïti

Vers un sursaut citoyen ? Me Caleb Jean-Baptiste appelle à un Congrès national pour sauver Haïti

Dans une publication diffusée ce dimanche sur son compte X, l’avocat Caleb Jean-Baptiste lance un nouvel appel pressant à la responsabilité collective face à la crise profonde que traverse Haïti. Constatant l’aggravation de la situation politique, sociale et sécuritaire, il exhorte les citoyens engagés à dépasser les discours creux et les divisions inutiles afin de provoquer un véritable réveil national.

OPTIMISTE INFO, 21 décembre 2025
« Notre pays est arrivé à un point critique : si nous refusons d’assumer nos responsabilités aujourd’hui, les générations futures nous en tiendront rigueur », écrit-il, dénonçant au passage l’indifférence généralisée et l’inaction persistante des élites face à l’effondrement des institutions de l’État.

Dans ce même message, Me Jean-Baptiste propose l’organisation d’un Congrès national, une initiative qu’il souhaite ouverte à toutes les citoyennes et à tous les citoyens attachés à l’avenir d’Haïti. L’objectif : créer un espace de réflexion et de propositions concrètes capables de tracer une voie de sortie à la crise actuelle. Il insiste sur la nécessité d’un cadre sincère, transparent et profondément patriotique, débarrassé de toute hypocrisie politique.

La publication se distingue également par la mise à disposition de son numéro de téléphone personnel, signe d’une volonté de dialogue direct et sans intermédiaire avec celles et ceux désireux de contribuer à l’organisation de cette initiative nationale.
Ce nouvel appel s’inscrit dans la continuité des prises de position publiques de l’avocat. Depuis plusieurs années, Me Caleb Jean-Baptiste s’exprime régulièrement pour dénoncer la corruption, l’affaiblissement de l’État et l’inaction des autorités de transition face à la détérioration des conditions de vie de la population.

Reste à déterminer si cette initiative parviendra à mobiliser une société civile souvent divisée et méfiante. Toutefois, pour certains observateurs, cet appel pourrait marquer le point de départ d’un mouvement citoyen structuré, capable de s’imposer comme une alternative face à un pouvoir central largement perçu comme défaillant.

La Rédaction

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Visite des autorités à Solino : une mise en scène politique en décalage total avec la réalité

Visite des autorités à Solino : une mise en scène politique en décalage total avec la réalité

Alors que le quartier de Solino continue de s’enfoncer dans l’insécurité, la précarité et l’abandon de l’État, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le gouvernement ont effectué, ce samedi 20 décembre, une visite officielle présentée comme une démarche de proximité, baptisée « Leta retounen nan katye yo ». Une opération de communication qui tranche brutalement avec la réalité quotidienne vécue par les habitants.

OPTIMISTE.INFO, le 20 décembre 2025. Les conseillers-présidents Leslie Voltaire et Edgar Leblanc Fils, accompagnés du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ont fait une apparition très encadrée dans le quartier, sous une forte présence sécuritaire. Caméras installées, salutations protocolaires, discours soigneusement calibrés : tout semblait minutieusement orchestré. Tout, sauf des réponses concrètes aux problèmes urgents de la population.

« C’était du pur théâtre. Ils sont venus prendre des photos, puis ils sont repartis », confie un résident, visiblement amer.

Aucun mot n’a été prononcé sur les coupures d’eau à répétition, les écoles fermées, l’absence quasi totale de services publics ou encore la peur permanente imposée par les groupes armés qui exercent leur contrôle sur la zone.

La population, elle, ne se laisse plus illusionner. « Si l’État assumait réellement ses responsabilités, Solino ne serait pas dans cette situation », déclare une marchande en colère. Depuis des années, les habitants réclament des actions concrètes : des routes praticables, une sécurité effective, des hôpitaux fonctionnels, des emplois et une présence réelle de l’État. Pas des slogans ni des visites éclairs.

Le discours officiel met en avant la « proximité », la « restauration de l’autorité de l’État », la « dignité » et la « solidarité ». Pourtant, cette descente sur le terrain n’a été suivie d’aucun plan clair, d’aucun engagement formel, ni d’un calendrier précis d’actions à entreprendre. Pour de nombreux observateurs, il s’agit avant tout d’une tentative maladroite d’un pouvoir transitoire en quête de légitimité, cherchant à dissimuler un échec structurel profond.

En fin, les autorités tentent de donner l’illusion de l’action, alors même qu’elles peinent à exister réellement sur le terrain. À Solino comme ailleurs, les citoyens n’attendent plus des apparitions médiatisées, mais un État capable de gouverner, de protéger et de respecter ses engagements.
Pas un pouvoir qui parade.

La Rédqctiom

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Haïti : l’Alliance nationale de rupture propose un nouveau cadre de transition à partir de février 2026

Haïti : l’Alliance nationale de rupture propose un nouveau cadre de transition à partir de février 2026

L’Alliance Nationale de Rupture (ANR) a rendu publique, lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 19 décembre, une proposition d’accord politique et constitutionnel visant à encadrer la transition et le retour à l’ordre constitutionnel en Haïti à compter du 7 février 2026. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une crise sécuritaire, institutionnelle et politique persistante.

OPTIMISTE.INFO 19 décembre 2025. elon les responsables de l’ANR, la transition à venir doit être inclusive, souveraine et strictement conforme à la Constitution de 1987. Les signataires du document estiment que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ainsi que le gouvernement actuel ont échoué à rétablir la sécurité, à assurer le fonctionnement normal des institutions républicaines et à créer les conditions nécessaires à un retour crédible à l’ordre constitutionnel.

Le texte souligne que le mandat du CPT arrive à échéance le 7 février 2026. Toute tentative de prolongation au-delà de cette date, sans base constitutionnelle ou référendaire, serait assimilée à une usurpation de pouvoir, préviennent les auteurs de la proposition.

Un nouveau dispositif institutionnel proposé
Sur le plan institutionnel, l’Alliance nationale de rupture préconise la mise en place d’un Conseil d’État composé de trois membres, placé sous la direction d’un représentant du pouvoir judiciaire. Un Premier ministre serait désigné sur la base d’un large consensus politique et social.

Le document prévoit également la création d’un Organe de contrôle indépendant, chargé de veiller au respect de la légalité constitutionnelle, à la bonne gestion des finances publiques et au suivi rigoureux du calendrier de la transition.
Une transition de quinze mois
La transition proposée par l’ANR s’étendrait sur une période de quinze mois. Elle s’articulerait autour de plusieurs étapes majeures, notamment :

l’organisation d’un dialogue national inclusif ;

la mise en place d’une Assemblée constituante ;

la tenue d’un référendum constitutionnel ;

l’organisation d’élections générales.

L’objectif affiché est le rétablissement complet de l’ordre constitutionnel, avec l’installation d’autorités élues au plus tard en mai 2027, dans le respect de la souveraineté populaire et des principes démocratiques

La Rédaction

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Haïti : Quand la justice vacille, de lourds soupçons de corruption après le pillage d’une organisation communautaire à la Gonâve

Haïti : Quand la justice vacille, de lourds soupçons de corruption après le pillage d’une organisation communautaire à la Gonâve

Les organisations de défense des droits humains Jamais Sans Mon Avocat (JASMA) et l’Ordre pour la Défense des Droits Humains (ORDEDH) ont officiellement saisi le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) pour dénoncer ce qu’elles qualifient de graves dérives judiciaires dans le traitement d’un dossier de pillage impliquant l’organisation communautaire Community Hope Haiti (COHH), à Grand-Vide, Pointe-à-Raquette, sur l’île de la Gonâve.

OPTIMISTE.INFO, 15 décembre 2025. Selon la plainte adressée aux autorités judiciaires, les locaux de COHH auraient été méthodiquement pillés en 2023 par un groupe d’individus clairement identifiés, opérant sous la direction présumée de Lens Delphy Hylaire, actuellement résident aux États-Unis. Le préjudice matériel est considérable : 300 panneaux solaires, 20 ordinateurs portables, 210 matelas, ainsi que divers équipements essentiels aux activités communautaires de l’organisation auraient été emportés.

À la suite de ces faits, les responsables de COHH ont sollicité l’intervention du Tribunal de Paix de la Gonâve pour procéder à un constat légal. Le juge de paix Dieuveut Alexandre, accompagné de son greffier Guy Robert Belange, s’est rendu sur les lieux afin de dresser un procès-verbal des dommages. Dans un premier temps, des mandats d’amener auraient été émis contre les personnes soupçonnées d’avoir participé au pillage.

Cependant, quelques jours plus tard, le magistrat aurait adopté une démarche jugée pour le moins troublante. Selon JASMA et ORDEDH, il aurait accepté une demande de transport judiciaire formulée par les mêmes personnes visées par les mandats, retournant sur les lieux afin de « redonner l’état des lieux ». Une initiative que les organisations dénoncent comme contraire aux règles élémentaires de procédure, susceptible de porter gravement atteinte aux droits de l’organisation victime.

Les accusations ne s’arrêtent pas là. Les plaignants affirment que le magistrat aurait ensuite multiplié les retards et blocages procéduraux, en dépit d’une demande formelle du Parquet de Port-au-Prince, datée du 23 septembre 2023, visant à réaliser un transport judiciaire indispensable à l’enquête. Plus préoccupant encore, en décembre 2025, une lettre d’invitation aurait été adressée à une membre du comité exécutif de COHH, alors même que le dossier se trouvait déjà sous la responsabilité du parquet.

Pour JASMA et ORDEDH, l’ensemble de ces agissements fait peser de sérieux soupçons de corruption, de partialité et de collusion avec les auteurs présumés du pillage. Les organisations évoquent également de possibles connivences avec certains agents de la police locale, dénonçant des violations flagrantes des droits humains, un détournement de procédure judiciaire et une entrave manifeste à la bonne administration de la justice.


Face à la gravité des faits allégués, les deux organisations exigent du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire :

l’ouverture immédiate d’une enquête disciplinaire et judiciaire contre le juge Dieuveut Alexandre et son greffier ;

l’extension de l’enquête aux agissements du commissariat de police de Pointe-à-Raquette ;

l’adoption de mesures conservatoires pour préserver l’intégrité de la procédure ;

la protection des membres et représentants de Community Hope Haiti ;

et la sanction de toute faute avérée, conformément à la loi.

La correspondance a également été transmise au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, à l’Office de la Protection du Citoyen, au Parquet de Port-au-Prince, à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ainsi qu’à plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains. À ce jour, aucune réaction officielle du CSPJ n’a encore été rendue publique.

LRédsction

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Dominique Wilnord : le combat tranquille pour une éducation digne

Dominique Wilnord : le combat tranquille pour une éducation digne

À l’occasion de son anniversaire, il est essentiel de s’arrêter un instant pour saluer le parcours d’un homme dont l’engagement se vit dans la constance et la discrétion. Dominique Wilnord n’est pas seulement un enseignant ou un intellectuel engagé ; il est avant tout un acteur du quotidien, un défenseur infatigable du droit à l’éducation et de la dignité humaine.

OPTIMISTE.INFO, le 15 décembre 2025.

Un parcours académique au service de la société

Formé à la faculté d’ethnologie, avec une spécialisation en anthropo-sociologie, Dominique Wilnord a très tôt orienté son savoir vers la compréhension des sociétés, de leurs dynamiques internes et de leurs vulnérabilités. Loin de se limiter à une approche théorique, il a fait de ces disciplines de véritables instruments d’action sociale.

Aujourd’hui professeur au Lycée National de La Saline, il transmet bien plus que des connaissances académiques. À travers son enseignement, il partage une vision critique, humaine et responsable du monde, invitant les élèves à réfléchir, à comprendre et à s’engager.

Enseigner comme un acte de résistance

Dans un contexte éducatif marqué par de profondes difficultés structurelles, Dominique Wilnord a choisi de ne pas rester en retrait. Coordonnateur général de REDRESEH, une association syndicaliste active dans les dix départements du pays, il mène une lutte constante pour l’amélioration du système éducatif, avec un engagement affirmé en faveur des droits humains et, en particulier, des droits des enfants.

Pour lui, l’école ne doit jamais être un simple lieu de passage. Elle doit être un espace de construction citoyenne, de respect mutuel et d’épanouissement personnel. Son combat est limpide : garantir à chaque enfant l’accès à une éducation de qualité, dispensée dans un environnement sain, sécurisé, attrayant et véritablement formateur.

Le professeur, pilier du système éducatif

L’engagement de Dominique Wilnord ne se limite pas aux élèves. Il insiste avec force sur une réalité trop souvent ignorée : la qualité de l’éducation est indissociable des conditions de vie des enseignants. Selon lui, un professeur doit être correctement rémunéré, respecté socialement et bénéficier d’une stabilité mentale et émotionnelle.
Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’une nécessité. La précarité, le stress chronique et l’épuisement professionnel finissent inévitablement par se répercuter sur la salle de classe. « Le professeur est le cœur battant de l’école », rappelle-t-il régulièrement, convaincu que l’avenir des élèves dépend aussi du bien-être de ceux qui les forment.

Une vision globale et profondément humaine de l’éducation

À travers son parcours et ses prises de position, Dominique Wilnord défend une conception cohérente et humaniste de l’éducation : des élèves protégés et accompagnés, des enseignants compétents et valorisés, et un environnement scolaire fondé sur la rigueur, le respect et l’humanité. Une école qui n’instruit pas seulement, mais qui élève.
Un anniversaire porteur de sens

En célébrant aujourd’hui l’anniversaire de Dominique Wilnord, c’est bien plus qu’un homme que l’on honore. C’est une lutte patiente, une cohérence de vie et un espoir renouvelé pour une éducation plus juste et plus humaine. Son parcours rappelle que les transformations durables naissent souvent dans le silence des salles de classe, portées par des femmes et des hommes debout, convaincus que l’éducation demeure l’arme la plus puissante pour changer la société.

Bon anniversaire à Dominique Wilnord, et respect à ce combattant de l’ombre qui continue d’éclairer le chemin.

La Rédaction

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La PNH alerte sur un projet d’attaques contre des camps de déplacés à Port-au-Prince

La PNH alerte sur un projet d’attaques contre des camps de déplacés à Port-au-Prince

La Police Nationale d’Haïti (PNH) a lancé, ce dimanche 14 décembre 2025, , une alerte de sécurité concernant des attaques imminentes projetées contre plusieurs camps de déplacés internes dans la capitale, notamment dans la zone de Bois-Verna. L’information a été confirmée par la Direction de la communication de la police (DICOP).

OPTIMISTE.INFO, 14 décembre 2025. Selon les renseignements recueillis par les services spécialisés de la PNH, des groupes criminels prépareraient des actions violentes susceptibles d’impliquer des explosifs de forte puissance ainsi que des cocktails Molotov. L’objectif de ces attaques serait de semer la panique au sein de la population et de discréditer les forces de l’ordre, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par une instabilité persistante. La police qualifie cette menace de « particulièrement grave ».

Face à cette situation, la PNH annonce avoir renforcé son dispositif de sécurité autour des camps de déplacés. Une présence policière accrue et une vigilance renforcée ont été mises en place afin de prévenir toute tentative d’attaque et d’assurer la protection des civils, en particulier des personnes déplacées, considérées comme parmi les plus vulnérables de la zone métropolitaine.

L’institution policière réaffirme par ailleurs son engagement à garantir la sécurité des personnes et des biens, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année. Elle assure poursuivre sans relâche ses opérations contre les groupes armés, avec pour objectif le rétablissement de l’ordre et de la sécurité publique.

Cette alerte intervient alors que des milliers de familles vivent toujours dans des camps de fortune, plusieurs mois après avoir été contraintes de fuir leurs quartiers sous la menace des gangs armés. Exposées à l’insalubrité et à l’insécurité, ces populations demeurent sans solution durable de relocalisation, malgré l’ampleur de l’urgence humanitaire que représente leur situation.

La Rédaction

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Cayes – Tensions autour de la visite de Lesly Voltaire : entre promesses non tenues et colère populaire

Cayes – Tensions autour de la visite de Lesly Voltaire : entre promesses non tenues et colère populaire

La ville des Cayes a été le théâtre, ce vendredi 12 décembre, d’un accueil particulièrement tendu réservé à Lesly Voltaire, conseiller-président du Conseil présidentiel de transition (CPT) et représentant de Fanmi Lavalas. Ce qui devait être un dîner-causerie visant à mettre en valeur son implication dans certains projets de développement, notamment la rénovation de l’aéroport Antoine Simon et l’extension du port des Cayes, s’est rapidement transformé en une manifestation de colère populaire.

OPTIMISTE.INFO,le 12 décembre 2025.

Une population à bout

Dès les premières minutes de son allocution, Lesly Voltaire a été interrompu par des huées et des cris de protestation. De nombreux citoyens ont exprimé leur profonde frustration face à la dégradation continue de la situation sécuritaire et économique dans le Grand Sud.

« On ne peut pas applaudir des dirigeants pendant que les routes sont contrôlées par des gangs et que nous, les Madan-Sara, risquons chaque jour notre vie pour faire vivre nos familles », a lancé un participant sous les applaudissements de la foule.

Des promesses jugées creuses

La tension est montée d’un cran lorsque plusieurs intervenants ont rappelé les engagements non respectés de Lesly Voltaire, en particulier sa promesse de débloquer une route nationale avant la fin de son mandat. Pour les habitants, ces paroles sont devenues synonymes de désillusion, alors que la situation à Martissant, axe stratégique reliant le Sud à Port-au-Prince, demeure inchangée.

« Nou bouke ak pawòl. Nou vle aksyon. Libérez la route, c’est notre seule exigence ! », ont scandé les manifestants, dénonçant l’enclavement du Grand Sud et la paralysie économique qui en découle.
Un revers politique.

Cette visite, initialement présentée comme un symbole de rapprochement entre le pouvoir de transition et les communautés locales, s’est soldée par un désaveu politique manifeste. Pour beaucoup, cette mobilisation traduit une perte de confiance croissante envers les membres du CPT, perçus comme éloignés des réalités quotidiennes de la population.

Aucune déclaration officielle n’a, pour l’instant, été émise par le bureau de Lesly Voltaire à la suite de cet incident. De leur côté, les citoyens du Sud restent catégoriques : ils n’attendent plus de discours, mais des actions concrètes.

La Rédaction

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