Emploi en Haïti : l’insécurité et l’inflation plongent le pays dans une crise sans précédent

Emploi en Haïti : l’insécurité et l’inflation plongent le pays dans une crise sans précédent

À l’occasion de la Journée internationale du Travail et de l’Agriculture, Steeve Mardochée Dieudonné, avocat au Barreau de Port-au-Prince, livre une analyse préoccupante sur la crise de l’emploi en Haïti, marquée par l’insécurité grandissante, la flambée des prix et la dégradation continue des conditions de travail.

Port-au-Prince, lè 1er mai 2026. Lelon l’auteur, l’emploi représente un levier fondamental de développement économique et social, ainsi qu’un rempart contre la pauvreté. Pourtant, en Haïti, ce secteur traverse aujourd’hui une crise profonde, tant sur le plan de la quantité des emplois disponibles que sur celui de leur qualité.

Insécurité et fermeture d’entreprises

La détérioration du climat sécuritaire a fortement contribué à l’aggravation du chômage. Avec une large partie de Port-au-Prince sous l’influence de groupes armés, de nombreuses entreprises ont cessé leurs activités, tandis que d’autres ont été pillées ou contraintes de fermer leurs portes.

Cette situation a entraîné la suppression de milliers d’emplois directs. Le phénomène des déplacements internes massifs et l’abandon de plusieurs zones économiques fragilisent davantage un marché déjà instable.
Une migration économique qui s’intensifie.

Face au manque d’opportunités, de nombreux Haïtiens continuent de quitter le pays pour chercher du travail à l’étranger, notamment en République dominicaine, aux États-Unis, au Canada, au Chili, aux Bahamas et au Brésil.

Cette migration, autrefois principalement motivée par des raisons économiques, est désormais aggravée par l’insécurité généralisée.

Des emplois de plus en plus précaires

Au-delà du manque d’emplois, la qualité du travail se détériore également. Plus de 80 % des travailleurs évolueraient dans le secteur informel, sans couverture sociale ni garanties légales.

L’auteur souligne également la multiplication des contrats précaires, de courte durée ou à temps variable, qui offrent peu de stabilité aux salariés. Cette tendance réduit l’accès aux protections prévues par le droit du travail et accentue la vulnérabilité économique des familles.

Inflation et perte du pouvoir d’achat


La hausse constante des prix des biens et services, combinée aux salaires minimums jugés insuffisants, plonge une grande partie des travailleurs dans une situation critique. Les barrières imposées sur les routes par des groupes armés aggravent les coûts de transport et alimentent davantage l’inflation.

L’appel à des emplois décents


S’appuyant sur les principes du Bureau international du Travail, Me Steeve Mardochée Dieudonné rappelle que créer des emplois ne suffit pas : il faut aussi garantir des emplois décents, offrant sécurité, revenus suffisants et protection sociale.

Une urgence nationale

En conclusion, l’auteur estime que la relance du marché du travail doit devenir une priorité nationale. Sans politiques publiques efficaces favorisant la création d’emplois durables et de qualité, Haïti risque de voir s’aggraver encore davantage la pauvreté, l’exode des compétences et la crise sociale.

La Rédaction

Petite Rivière de l’Artibonite : Jean Gilles Desinord presse le gouvernement d’agir contre le gang « Gran Grif »

Petite Rivière de l’Artibonite : Jean Gilles Desinord presse le gouvernement d’agir contre le gang « Gran Grif »

L’insécurité persistante qui frappe la commune de Petite Rivière de l’Artibonite continue de susciter inquiétudes et indignation. Face à cette situation alarmante, le citoyen engagé Jean Gilles Desinord a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans laquelle il appelle les autorités à intervenir sans délai.

Optimiste. Info, le 1er mai 2026. Dans sa correspondance, l’auteur décrit un climat de terreur imposé depuis plusieurs années par le gang armé « Gran Grif », basé à Savien. Selon lui, les habitants du Bas-Artibonite vivent quotidiennement sous la menace de ce groupe criminel, responsable de multiples actes de violence dans la région.

Jean Gilles Desinord rappelle plusieurs tragédies qui ont profondément marqué la population, notamment les massacres perpétrés récemment à Pont-Sondé et à Jean-Denis, où plus de 80 personnes auraient été tuées. Il évoque également des attaques répétées contre diverses localités, des maisons incendiées, des enlèvements, des assassinats ciblés ainsi que d’autres exactions commises contre des civils sans défense.

Au-delà des pertes humaines, cette crise sécuritaire a de lourdes conséquences sur la vie économique et sociale de la zone. L’agriculture, principale ressource de nombreuses familles, est fortement affectée, tandis que plusieurs écoles ont dû fermer leurs portes. De nombreux habitants auraient déjà fui leurs terres pour échapper à la violence.

Dans sa lettre, le citoyen engagé réclame une mobilisation urgente des forces de l’ordre afin de neutraliser le gang « Gran Grif », rétablir la paix et garantir la sécurité des citoyens.
Par cette démarche, Jean Gilles Desinord espère provoquer une réaction rapide des autorités nationales, estimant que chaque jour de silence et d’inaction aggrave la détresse des populations du Bas-Artibonite.

La Rédaction

Fermathe : Nou Konsyan mise sur l’agriculture et la solidarité à la veille du 1er mai

Fermathe : Nou Konsyan mise sur l’agriculture et la solidarité à la veille du 1er mai

À l’approche de la fête de l’Agriculture et du Travail célébrée le 1er mai, l’organisation Nou Konsyan a organisé une importante activité communautaire à Fermathe, autour de la promotion agricole et de la mobilisation citoyenne.

Fermathe, 30 avril 2026. L’initiative a rassemblé de nombreux habitants venus participer à cette journée placée sous le signe de la solidarité et du soutien à la production locale. Les responsables de l’organisation entendent, à travers cette action, encourager les efforts des cultivateurs et renforcer l’engagement communautaire.
Plusieurs centaines de sacs d’engrais ont été distribués aux agriculteurs de la zone. Des prêts financiers ont également été accordés à certains producteurs afin de leur permettre d’améliorer leurs capacités de production et de mieux préparer la prochaine saison culturale.
Des autorités locales ont pris part à l’événement, notamment le maire de la commune ainsi qu’un inspecteur de police, témoignant de l’intérêt accordé à cette initiative.

La journée a aussi été marquée par un volet culturel avec des prestations de danse, de chant et de slam, destinées à renforcer les liens sociaux et à valoriser les talents locaux.
Intervenant lors de la rencontre, la coordonnatrice communale de Kenscoff, Wesdine José, a insisté sur le rôle stratégique de l’agriculture dans l’économie locale, tout en saluant la contribution essentielle des femmes dans ce secteur.
De son côté, Mackenson Jean-Baptiste a plaidé en faveur d’un meilleur accompagnement des paysans afin de favoriser un développement durable.
Le professeur Jeanty Manis a, pour sa part, lancé un appel à l’engagement collectif, estimant que malgré les difficultés actuelles, des actions concrètes restent possibles pour revitaliser le secteur agricole.

À travers cette activité, Nou Konsyan affirme sa volonté de soutenir les producteurs locaux et de promouvoir la solidarité communautaire à l’occasion du 1er mai.

La Rédaction

Haïti : le RHAJAC réclame la révocation du directeur des Douanes et dénonce un vaste système de corruption

Haïti : le RHAJAC réclame la révocation du directeur des Douanes et dénonce un vaste système de corruption

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a publié, ce lundi, une note de dénonciation virulente dans laquelle il exige le départ immédiat de Gérald Remplais de la tête de l’Administration générale des Douanes (AGD). L’organisation accuse le responsable de mauvaise gestion, de clientélisme politique et de graves dérives administratives mettant en péril la sécurité économique du pays.

Optimiste. Info, le 27 avril 2027. Selon le RHAJAC, la direction actuelle de l’AGD aurait procédé à la vente de plus de 1 500 conteneurs abandonnés sans inspection préalable, alors que plusieurs d’entre eux contiendraient des marchandises interdites ainsi que des véhicules volés en provenance des États-Unis. Certains de ces véhicules seraient endommagés, tandis que d’autres auraient vu leurs numéros de série modifiés avant d’être écoulés sur le marché haïtien puis transférés légalement vers la République dominicaine.

L’organisation dénonce également un système de favoritisme enraciné au sein de l’institution douanière. Elle affirme qu’environ 400 nouveaux employés proches d’un réseau clientéliste auraient été recrutés récemment, alors que plus de 350 anciens contractuels, dont plusieurs comptent plus de dix années de service, seraient privés de salaire depuis près de huit mois.
Pour le RHAJAC, cette situation alimente un climat de forte tension au sein de l’AGD. Le réseau évoque notamment des mouvements de protestation et un profond mécontentement enregistrés ce 27 avril parmi les employés de l’institution.

« Les Douanes, principale porte économique du pays, ne peuvent continuer à fonctionner dans l’opacité, le favoritisme et le pillage administratif », martèle l’organisation dans son communiqué.

Face à ces accusations, le RHAJAC formule plusieurs exigences, dont :
le départ immédiat de Gérald Remplais de la direction générale des Douanes ;
la suspension des ventes de conteneurs abandonnés et un contrôle complet des cargaisons ;

la réalisation d’un audit sur les nominations effectuées au sein de l’administration ;

le paiement immédiat et la régularisation des anciens contractuels lésés ;

l’ouverture de poursuites judiciaires contre plusieurs responsables cités dans le dossier, ainsi que contre tout réseau impliqué dans des actes présumés de corruption et de trafic.

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption conclut en affirmant que la situation actuelle compromet non seulement les finances publiques, mais aussi l’intégrité de l’État et la sécurité nationale.

La Rédaction

Petite Rivière de l’Artibonite : Jean Gilles Désinord appelle la jeunesse à s’engager pour rompre avec les anciennes pratiques politiques

Petite Rivière de l’Artibonite : Jean Gilles Désinord appelle la jeunesse à s’engager pour rompre avec les anciennes pratiques politiques

Dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle, le jeune leader Jean Gilles Désinord lance un appel pressant à la jeunesse haïtienne pour une implication active dans la vie politique. Lors d’une interview accordée à notre rédaction ce samedi 25 avril 2026, il a dressé un tableau sombre de la situation du pays, qu’il qualifie de « catastrophique ».

Optimiste. Info, le 25 Avril 2026. Âgé de 27 ans, Désinord estime que le moment est venu pour les jeunes de prendre leurs responsabilités afin de redéfinir les bases du développement national. Il plaide pour une rupture avec les pratiques politiques traditionnelles qui, selon lui, freinent le progrès du pays.

« L’heure est arrivée pour que la jeunesse fasse sentir sa force et qu’elle ne se laisse plus utiliser comme un simple marchepied avant d’être abandonnée », a-t-il déclaré avec conviction.

Se disant prêt à briguer la mairie de Petite-Rivière de l’Artibonite, sa commune natale, le jeune universitaire ne prône toutefois pas une exclusion des générations précédentes. Au contraire, il appelle à une collaboration intergénérationnelle.

« Il ne s’agit pas d’écarter les anciens, mais de créer un véritable mariage entre les générations pour favoriser le développement d’Haïti », a-t-il expliqué.

Jean Gilles Désinord met également en avant les potentialités de la commune, rappelant son rôle historique dans la lutte pour l’indépendance nationale. Selon lui, les ressources existent, mais leur gestion reste un défi majeur.

« Les ressources sont là. Il faut maintenant mettre en place des mécanismes adaptés à notre réalité pour en faire bénéficier la communauté », a-t-il soutenu.

Dénonçant ce qu’il appelle la « politique des 1000 gourdes », qu’il considère comme un facteur d’appauvrissement et de manipulation, il appelle à une prise de conscience collective, notamment chez les jeunes de Petite-Rivière.

« Petite-Rivière est trop riche pour continuer à vivre comme un parent pauvre. Il est temps que la jeunesse s’implique davantage afin d’assurer une meilleure représentation de la commune », a-t-il insisté.

Dans sa vision, Jean Gilles Désinord promet de contribuer à la renaissance de la commune à travers un programme axé sur la sécurité, la relance agricole, le développement des infrastructures, la réorganisation de l’économie locale et l’intégration de la diaspora rivartibonitienne.

Issu de l’Université d’État d’Haïti (UEH), le jeune leader suscite déjà espoir et curiosité. Reste à savoir s’il parviendra à transformer ses ambitions en actions concrètes. Pour l’heure, à Petite-Rivière de l’Artibonite, nombreux sont ceux qui gardent l’espoir d’un renouveau.

La Rédaction