Haïti : l’Alliance nationale de rupture propose un nouveau cadre de transition à partir de février 2026

Haïti : l’Alliance nationale de rupture propose un nouveau cadre de transition à partir de février 2026

L’Alliance Nationale de Rupture (ANR) a rendu publique, lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 19 décembre, une proposition d’accord politique et constitutionnel visant à encadrer la transition et le retour à l’ordre constitutionnel en Haïti à compter du 7 février 2026. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une crise sécuritaire, institutionnelle et politique persistante.

OPTIMISTE.INFO 19 décembre 2025. elon les responsables de l’ANR, la transition à venir doit être inclusive, souveraine et strictement conforme à la Constitution de 1987. Les signataires du document estiment que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ainsi que le gouvernement actuel ont échoué à rétablir la sécurité, à assurer le fonctionnement normal des institutions républicaines et à créer les conditions nécessaires à un retour crédible à l’ordre constitutionnel.

Le texte souligne que le mandat du CPT arrive à échéance le 7 février 2026. Toute tentative de prolongation au-delà de cette date, sans base constitutionnelle ou référendaire, serait assimilée à une usurpation de pouvoir, préviennent les auteurs de la proposition.

Un nouveau dispositif institutionnel proposé
Sur le plan institutionnel, l’Alliance nationale de rupture préconise la mise en place d’un Conseil d’État composé de trois membres, placé sous la direction d’un représentant du pouvoir judiciaire. Un Premier ministre serait désigné sur la base d’un large consensus politique et social.

Le document prévoit également la création d’un Organe de contrôle indépendant, chargé de veiller au respect de la légalité constitutionnelle, à la bonne gestion des finances publiques et au suivi rigoureux du calendrier de la transition.
Une transition de quinze mois
La transition proposée par l’ANR s’étendrait sur une période de quinze mois. Elle s’articulerait autour de plusieurs étapes majeures, notamment :

l’organisation d’un dialogue national inclusif ;

la mise en place d’une Assemblée constituante ;

la tenue d’un référendum constitutionnel ;

l’organisation d’élections générales.

L’objectif affiché est le rétablissement complet de l’ordre constitutionnel, avec l’installation d’autorités élues au plus tard en mai 2027, dans le respect de la souveraineté populaire et des principes démocratiques

La Rédaction

Haïti : Quand la justice vacille, de lourds soupçons de corruption après le pillage d’une organisation communautaire à la Gonâve

Haïti : Quand la justice vacille, de lourds soupçons de corruption après le pillage d’une organisation communautaire à la Gonâve

Les organisations de défense des droits humains Jamais Sans Mon Avocat (JASMA) et l’Ordre pour la Défense des Droits Humains (ORDEDH) ont officiellement saisi le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) pour dénoncer ce qu’elles qualifient de graves dérives judiciaires dans le traitement d’un dossier de pillage impliquant l’organisation communautaire Community Hope Haiti (COHH), à Grand-Vide, Pointe-à-Raquette, sur l’île de la Gonâve.

OPTIMISTE.INFO, 15 décembre 2025. Selon la plainte adressée aux autorités judiciaires, les locaux de COHH auraient été méthodiquement pillés en 2023 par un groupe d’individus clairement identifiés, opérant sous la direction présumée de Lens Delphy Hylaire, actuellement résident aux États-Unis. Le préjudice matériel est considérable : 300 panneaux solaires, 20 ordinateurs portables, 210 matelas, ainsi que divers équipements essentiels aux activités communautaires de l’organisation auraient été emportés.

À la suite de ces faits, les responsables de COHH ont sollicité l’intervention du Tribunal de Paix de la Gonâve pour procéder à un constat légal. Le juge de paix Dieuveut Alexandre, accompagné de son greffier Guy Robert Belange, s’est rendu sur les lieux afin de dresser un procès-verbal des dommages. Dans un premier temps, des mandats d’amener auraient été émis contre les personnes soupçonnées d’avoir participé au pillage.

Cependant, quelques jours plus tard, le magistrat aurait adopté une démarche jugée pour le moins troublante. Selon JASMA et ORDEDH, il aurait accepté une demande de transport judiciaire formulée par les mêmes personnes visées par les mandats, retournant sur les lieux afin de « redonner l’état des lieux ». Une initiative que les organisations dénoncent comme contraire aux règles élémentaires de procédure, susceptible de porter gravement atteinte aux droits de l’organisation victime.

Les accusations ne s’arrêtent pas là. Les plaignants affirment que le magistrat aurait ensuite multiplié les retards et blocages procéduraux, en dépit d’une demande formelle du Parquet de Port-au-Prince, datée du 23 septembre 2023, visant à réaliser un transport judiciaire indispensable à l’enquête. Plus préoccupant encore, en décembre 2025, une lettre d’invitation aurait été adressée à une membre du comité exécutif de COHH, alors même que le dossier se trouvait déjà sous la responsabilité du parquet.

Pour JASMA et ORDEDH, l’ensemble de ces agissements fait peser de sérieux soupçons de corruption, de partialité et de collusion avec les auteurs présumés du pillage. Les organisations évoquent également de possibles connivences avec certains agents de la police locale, dénonçant des violations flagrantes des droits humains, un détournement de procédure judiciaire et une entrave manifeste à la bonne administration de la justice.


Face à la gravité des faits allégués, les deux organisations exigent du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire :

l’ouverture immédiate d’une enquête disciplinaire et judiciaire contre le juge Dieuveut Alexandre et son greffier ;

l’extension de l’enquête aux agissements du commissariat de police de Pointe-à-Raquette ;

l’adoption de mesures conservatoires pour préserver l’intégrité de la procédure ;

la protection des membres et représentants de Community Hope Haiti ;

et la sanction de toute faute avérée, conformément à la loi.

La correspondance a également été transmise au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, à l’Office de la Protection du Citoyen, au Parquet de Port-au-Prince, à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ainsi qu’à plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains. À ce jour, aucune réaction officielle du CSPJ n’a encore été rendue publique.

LRédsction

Dominique Wilnord : le combat tranquille pour une éducation digne

Dominique Wilnord : le combat tranquille pour une éducation digne

À l’occasion de son anniversaire, il est essentiel de s’arrêter un instant pour saluer le parcours d’un homme dont l’engagement se vit dans la constance et la discrétion. Dominique Wilnord n’est pas seulement un enseignant ou un intellectuel engagé ; il est avant tout un acteur du quotidien, un défenseur infatigable du droit à l’éducation et de la dignité humaine.

OPTIMISTE.INFO, le 15 décembre 2025.

Un parcours académique au service de la société

Formé à la faculté d’ethnologie, avec une spécialisation en anthropo-sociologie, Dominique Wilnord a très tôt orienté son savoir vers la compréhension des sociétés, de leurs dynamiques internes et de leurs vulnérabilités. Loin de se limiter à une approche théorique, il a fait de ces disciplines de véritables instruments d’action sociale.

Aujourd’hui professeur au Lycée National de La Saline, il transmet bien plus que des connaissances académiques. À travers son enseignement, il partage une vision critique, humaine et responsable du monde, invitant les élèves à réfléchir, à comprendre et à s’engager.

Enseigner comme un acte de résistance

Dans un contexte éducatif marqué par de profondes difficultés structurelles, Dominique Wilnord a choisi de ne pas rester en retrait. Coordonnateur général de REDRESEH, une association syndicaliste active dans les dix départements du pays, il mène une lutte constante pour l’amélioration du système éducatif, avec un engagement affirmé en faveur des droits humains et, en particulier, des droits des enfants.

Pour lui, l’école ne doit jamais être un simple lieu de passage. Elle doit être un espace de construction citoyenne, de respect mutuel et d’épanouissement personnel. Son combat est limpide : garantir à chaque enfant l’accès à une éducation de qualité, dispensée dans un environnement sain, sécurisé, attrayant et véritablement formateur.

Le professeur, pilier du système éducatif

L’engagement de Dominique Wilnord ne se limite pas aux élèves. Il insiste avec force sur une réalité trop souvent ignorée : la qualité de l’éducation est indissociable des conditions de vie des enseignants. Selon lui, un professeur doit être correctement rémunéré, respecté socialement et bénéficier d’une stabilité mentale et émotionnelle.
Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’une nécessité. La précarité, le stress chronique et l’épuisement professionnel finissent inévitablement par se répercuter sur la salle de classe. « Le professeur est le cœur battant de l’école », rappelle-t-il régulièrement, convaincu que l’avenir des élèves dépend aussi du bien-être de ceux qui les forment.

Une vision globale et profondément humaine de l’éducation

À travers son parcours et ses prises de position, Dominique Wilnord défend une conception cohérente et humaniste de l’éducation : des élèves protégés et accompagnés, des enseignants compétents et valorisés, et un environnement scolaire fondé sur la rigueur, le respect et l’humanité. Une école qui n’instruit pas seulement, mais qui élève.
Un anniversaire porteur de sens

En célébrant aujourd’hui l’anniversaire de Dominique Wilnord, c’est bien plus qu’un homme que l’on honore. C’est une lutte patiente, une cohérence de vie et un espoir renouvelé pour une éducation plus juste et plus humaine. Son parcours rappelle que les transformations durables naissent souvent dans le silence des salles de classe, portées par des femmes et des hommes debout, convaincus que l’éducation demeure l’arme la plus puissante pour changer la société.

Bon anniversaire à Dominique Wilnord, et respect à ce combattant de l’ombre qui continue d’éclairer le chemin.

La Rédaction

La PNH alerte sur un projet d’attaques contre des camps de déplacés à Port-au-Prince

La PNH alerte sur un projet d’attaques contre des camps de déplacés à Port-au-Prince

La Police Nationale d’Haïti (PNH) a lancé, ce dimanche 14 décembre 2025, , une alerte de sécurité concernant des attaques imminentes projetées contre plusieurs camps de déplacés internes dans la capitale, notamment dans la zone de Bois-Verna. L’information a été confirmée par la Direction de la communication de la police (DICOP).

OPTIMISTE.INFO, 14 décembre 2025. Selon les renseignements recueillis par les services spécialisés de la PNH, des groupes criminels prépareraient des actions violentes susceptibles d’impliquer des explosifs de forte puissance ainsi que des cocktails Molotov. L’objectif de ces attaques serait de semer la panique au sein de la population et de discréditer les forces de l’ordre, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par une instabilité persistante. La police qualifie cette menace de « particulièrement grave ».

Face à cette situation, la PNH annonce avoir renforcé son dispositif de sécurité autour des camps de déplacés. Une présence policière accrue et une vigilance renforcée ont été mises en place afin de prévenir toute tentative d’attaque et d’assurer la protection des civils, en particulier des personnes déplacées, considérées comme parmi les plus vulnérables de la zone métropolitaine.

L’institution policière réaffirme par ailleurs son engagement à garantir la sécurité des personnes et des biens, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année. Elle assure poursuivre sans relâche ses opérations contre les groupes armés, avec pour objectif le rétablissement de l’ordre et de la sécurité publique.

Cette alerte intervient alors que des milliers de familles vivent toujours dans des camps de fortune, plusieurs mois après avoir été contraintes de fuir leurs quartiers sous la menace des gangs armés. Exposées à l’insalubrité et à l’insécurité, ces populations demeurent sans solution durable de relocalisation, malgré l’ampleur de l’urgence humanitaire que représente leur situation.

La Rédaction

Cayes – Tensions autour de la visite de Lesly Voltaire : entre promesses non tenues et colère populaire

Cayes – Tensions autour de la visite de Lesly Voltaire : entre promesses non tenues et colère populaire

La ville des Cayes a été le théâtre, ce vendredi 12 décembre, d’un accueil particulièrement tendu réservé à Lesly Voltaire, conseiller-président du Conseil présidentiel de transition (CPT) et représentant de Fanmi Lavalas. Ce qui devait être un dîner-causerie visant à mettre en valeur son implication dans certains projets de développement, notamment la rénovation de l’aéroport Antoine Simon et l’extension du port des Cayes, s’est rapidement transformé en une manifestation de colère populaire.

OPTIMISTE.INFO,le 12 décembre 2025.

Une population à bout

Dès les premières minutes de son allocution, Lesly Voltaire a été interrompu par des huées et des cris de protestation. De nombreux citoyens ont exprimé leur profonde frustration face à la dégradation continue de la situation sécuritaire et économique dans le Grand Sud.

« On ne peut pas applaudir des dirigeants pendant que les routes sont contrôlées par des gangs et que nous, les Madan-Sara, risquons chaque jour notre vie pour faire vivre nos familles », a lancé un participant sous les applaudissements de la foule.

Des promesses jugées creuses

La tension est montée d’un cran lorsque plusieurs intervenants ont rappelé les engagements non respectés de Lesly Voltaire, en particulier sa promesse de débloquer une route nationale avant la fin de son mandat. Pour les habitants, ces paroles sont devenues synonymes de désillusion, alors que la situation à Martissant, axe stratégique reliant le Sud à Port-au-Prince, demeure inchangée.

« Nou bouke ak pawòl. Nou vle aksyon. Libérez la route, c’est notre seule exigence ! », ont scandé les manifestants, dénonçant l’enclavement du Grand Sud et la paralysie économique qui en découle.
Un revers politique.

Cette visite, initialement présentée comme un symbole de rapprochement entre le pouvoir de transition et les communautés locales, s’est soldée par un désaveu politique manifeste. Pour beaucoup, cette mobilisation traduit une perte de confiance croissante envers les membres du CPT, perçus comme éloignés des réalités quotidiennes de la population.

Aucune déclaration officielle n’a, pour l’instant, été émise par le bureau de Lesly Voltaire à la suite de cet incident. De leur côté, les citoyens du Sud restent catégoriques : ils n’attendent plus de discours, mais des actions concrètes.

La Rédaction