Une vive controverse secoue l’opinion publique haïtienne à la suite de la diffusion massive d’une vidéo montrant Me Eno Zéphyrin, Commissaire du Gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, en train d’exercer une violence physique sur un citoyen lors d’une intervention officielle.
OPTIMISTE.INFO, le 10 janvier 2025. Les images, d’une rare brutalité, montrent clairement le magistrat assénant une gifle violente à un homme visiblement sans possibilité de se défendre. Cette scène, largement partagée sur les réseaux sociaux, a provoqué une vague d’indignation et est qualifiée par de nombreux observateurs de comportement « dégradant, abusif et contraire à l’éthique judiciaire ».
L’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué rendu public, l’organisation dénonce avec vigueur ce qu’elle considère comme un acte de « violence institutionnelle » et une grave entorse aux principes fondamentaux de l’État de droit.
L’ORDEDH rappelle qu’un Commissaire du Gouvernement, en tant que chef de parquet, a pour mission essentielle de veiller à l’application de la loi et à la protection des citoyens, et non de se livrer à des actes de brutalité. Selon l’organisation, les faits reprochés à Me Eno Zéphyrin constituent une violation flagrante de la Constitution haïtienne ainsi que des normes internationales relatives aux droits humains.
Face à la gravité de l’incident, l’ORDEDH formule plusieurs revendications claires :
Une prise en charge immédiate de la victime, incluant un accompagnement médical et psychologique ;
La révocation sans délai de Me Eno Zéphyrin, jugé indigne de continuer à exercer des fonctions judiciaires ;
L’ouverture d’une action publique à son encontre pour voies de fait, conformément aux dispositions du Code pénal haïtien.
« La justice ne peut ni se rendre par la force ni s’imposer par la violence », insiste l’organisation, qui appelle le Ministère de la Justice à agir avec responsabilité. Tout silence ou tentative de minimisation des faits serait, selon elle, assimilable à une forme de complaisance institutionnelle.
Cet épisode vient renforcer un climat de défiance déjà très marqué entre la population et les institutions judiciaires, régulièrement accusées d’abus de pouvoir et d’impunité.
L’ORDEDH affirme qu’elle suivra ce dossier avec la plus grande attention jusqu’à ce que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue. De son côté, l’opinion publique attend désormais une réaction rapide, ferme et exemplaire des autorités concernées.
La Rédaction