La publication du calendrier électoral par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) marque une étape déterminante vers la réalisation des prochaines élections. Elle traduit également une certaine volonté des autorités établies pour le rétablissement de la vie démocratique en Haïti, selon Madame Nancy Laine Isaac.
Après plus de dix (10) ans marqués par l’absence d’élections régulières, de crises institutionnelles ponctuelles, d’instabilité, d’insécurité, chaque avancée vers la tenue des élections crédibles, inclusives et transparentes doit être accueillie avec responsabilité et espoir. C’est en ce sens qu’elle invite toutes les forces vives de la nation à s’unir, à privilégier le dialogue et à créer les conditions nécessaires pour accompagner le processus.
Elle saisit l’occasion pour encourager tous les Haïtiens à rester debout, à garder confiance et à ne pas abandonner mais à travailler ensemble pour reconstruire notre nation dans la dignité et le respect.
L’heure est à la responsabilité, à l’engagement et à l’unité. Elle croit fermement que la jeunesse haïtienne doit saisir ce momentum historique pour changer le paradigme politique , rompre avec les pratiques du passé et offrir à notre pays un leadership nouveau, porté par des valeurs d’intégrité, de compétence, d’innovation et de service.
En posant cet acte symbolique, elle estime qu’il doit être accompagner d’un engagement constant du gouvernement et du Conseil Électoral Provisoire (CEP) afin de restaurer la confiance citoyenne dans un climat de paix, de sécurité et de stabilité propice à l’expression démocratique.
En renouvelant son engagement patriotique, Nancy Lainé ISAAC réaffirme qu’Haïti se trouve à un tournant décisif de son histoire et demeure persuadée que le changement est possible si chaque Haïtienne et chaque Haïtien accepte d’y prendre part avec courage et détermination : « Demen ta dwe miyò. Demen dwe miyò. Demen ap miyò. » Cette conviction n’est pas seulement un slogan ; elle est la voix d’un peuple en détresse, assoiffée de paix et de stabilité et d’un avenir meilleur.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé le lancement officiel des opérations d’inscription des électeurs à partir du lundi 20 juillet 2026. La première phase concernera les chefs-lieux de neuf départements du pays, tandis que le département de l’Ouest reste provisoirement exclu en raison des contraintes sécuritaires.
Les citoyens concernés pourront se rendre dans les Centres d’inscription et de vote (CIV) avec une carte d’identification nationale valide afin de s’inscrire sur le registre électoral. Le CEP invite la population à accomplir cette démarche dès l’ouverture des centres.
L’institution explique que le report des opérations dans le département de l’Ouest découle de la situation actuelle. Elle précise qu’une évaluation se poursuit afin d’étendre progressivement les inscriptions lorsque les conditions de sécurité, d’accessibilité et d’organisation le permettront.
Le ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme (MCFDF) a réuni, le jeudi 16 juillet 2026, des responsables institutionnels et des représentantes d’organisations féminines. La rencontre visait à évaluer la Politique d’Égalité Femmes-Hommes (PEFH) 2014-2034. Elle devait aussi préparer le futur Plan national Femmes-Hommes 2026-2034, destiné à répondre aux nouveaux défis liés à l’égalité de genre en Haïti.
Le ministère a organisé cette séance de travail dans ses locaux. La ministre Pedrica Saint Jean a présidé la rencontre. La directrice générale Sandy François, la directrice de cabinet Frantzdia Gilles et le coordonnateur Hemanex Gonzague Désir y ont participé. Plusieurs représentantes d’organisations féminines et féministes ont également pris part aux échanges.
À l’ouverture des travaux, la directrice générale Sandy François a rappelé les objectifs de l’évaluation de la Politique d’Égalité Femmes-Hommes. Elle a expliqué que cette démarche participative vise à identifier les résultats obtenus. Elle doit aussi mettre en évidence les difficultés rencontrées et les priorités à intégrer dans les prochaines actions du ministère.
De son côté, la ministre Pedrica Saint Jean a insisté sur la nécessité de préserver les acquis liés aux droits des femmes et à l’égalité des chances. Elle a indiqué que le gouvernement souhaite mettre en place un cadre stratégique actualisé. Ce dernier devra répondre aux réalités actuelles et aux nouveaux enjeux du pays.
La directrice de la Direction de la Promotion et de l’Analyse du Genre (DPAG), Viona Guerrier, a présenté les principales orientations de la politique nationale 2014-2034. Elle a expliqué les objectifs poursuivis et les axes d’action retenus. Elle a également fait le point sur les progrès enregistrés et les défis qui restent à relever.
Le coordonnateur du bureau de la ministre, Hemanex Gonzague Désir, a présenté les conclusions des journées de réflexion organisées par le MCFDF les 4 et 5 mars 2026. Ces échanges ont permis de formuler plusieurs recommandations. Elles visent à renforcer la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du prochain plan national.
À l’issue de la rencontre, les participantes ont synthétisé les propositions formulées afin de poursuivre le processus de consultation. Le MCFDF compte s’appuyer sur ces contributions pour élaborer le Plan national Femmes-Hommes 2026-2034. Il veut aussi renforcer l’intégration de l’égalité de genre dans les politiques publiques en Haïti.
L’ancien président haïtien Michel Joseph Martelly est rentré en Haïti ce mercredi 15 juillet 2026, après plusieurs mois passés à l’étranger. Son retour intervient alors que la chambre d’instruction criminelle l’attendait depuis le 18 juin dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Figure emblématique du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Michel Martelly a dirigé Haïti du 14 mai 2011 au 7 février 2016. Plusieurs anciens membres de son gouvernement l’ont accueilli à son arrivée. Son retour intervient dans un contexte où son nom demeure associé à plusieurs dossiers ayant suscité de vives réactions sur les plans national et international.
Le juge d’instruction Cyprien Jean Denis Pierre devait l’entendre, mais il ne s’est pas présenté à la convocation fixée au 18 juin dernier. Cette audition devait s’inscrire dans le cadre des investigations menées par les autorités sur l’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée de Pèlerin 5.
En 2022, le gouvernement canadien a imposé des sanctions à Michel Martelly, l’accusant notamment d’implication présumée dans des faits de corruption et de soutien à des activités alimentant la violence des gangs en Haïti.
En août 2024, les États-Unis ont également sanctionné l’ancien président. Le département américain du Trésor accuse Michel Martelly d’avoir facilité le trafic de drogue, participé au blanchiment de capitaux issus de ce trafic et soutenu plusieurs organisations criminelles en Haïti. L’ancien chef de l’État rejette ces accusations.
Par ailleurs, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, les investigations se poursuivent. La justice a déjà poursuivi ou condamné plusieurs personnes dans cette affaire, et le dossier cite également le nom de Michel Martelly.
Le retour de l’ancien président a déjà relancé le débat au sein de l’opinion publique. Certains de ses partisans l’ont accueilli à Pétion-Ville, tandis que d’autres s’interrogent sur les conséquences politiques et judiciaires de son retour en Haïti.
Le chercheur Jake Johnston a réagi au retour de Michel Martelly sur le réseau social X. Selon lui, l’ancien président reviendrait en Haïti avec l’ambition de briguer à nouveau la présidence. « L’ancien président haïtien Michel Martelly est de retour en Haïti, avec des ambitions clairement affichées de briguer à nouveau la présidence », a-t-il notamment écrit.
Jake Johnston a également rappelé que Michel Martelly fait l’objet de sanctions américaines liées à son implication présumée dans un réseau de trafic de drogue. Selon le chercheur, l’ancien président vivait en Floride ces dernières années et aurait attendu le moment qu’il estimait favorable pour regagner le pays.
Alors que le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections traverse une période de fortes turbulences politiques, certains de ses signataires continuent de défendre sa validité ainsi que le rôle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans la conduite de la transition. C’est dans ce contexte que l’avocat Caleb Jean-Baptiste a tenu à réagir aux déclarations affirmant que le mandat du chef du gouvernement aurait pris fin le 7 juin dernier.
Port-au-Prince, 24 juin 2026. Intervenant sur les ondes de MARADIO FM, Me Caleb Jean-Baptiste a fermement rejeté cette interprétation, qu’il juge contraire aux dispositions et à l’esprit du Pacte national présenté le 23 février 2026. Selon lui, le document demeure le principal cadre politique encadrant l’action gouvernementale et fixe clairement les missions confiées au Premier ministre dans le cadre de la transition.
L’avocat a rappelé que le Pacte national n’avait pas pour unique objectif de définir une période de gouvernance transitoire, mais surtout de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections permettant le retour à l’ordre constitutionnel. À ses yeux, cette mission reste inachevée et continue de justifier le maintien du Premier ministre à la tête du gouvernement.
« Le Pacte national a confié à Alix Didier Fils-Aimé la responsabilité d’organiser les élections et d’accompagner le pays vers une sortie de crise institutionnelle. Tant que cette mission n’est pas accomplie, il est erroné de prétendre que son mandat est arrivé à expiration », a-t-il soutenu.
Cette prise de position intervient dans un climat marqué par des interrogations croissantes sur l’avenir du Pacte national. Ces dernières semaines, plusieurs personnalités et organisations ayant initialement adhéré à l’accord ont exprimé leurs réserves quant à son application, tandis que d’autres ont annoncé leur retrait du processus, alimentant ainsi les spéculations sur sa viabilité politique.
Pour Me Jean-Baptiste, les critiques adressées au gouvernement ne doivent pas conduire à une remise en question du cadre de transition lui-même. Il estime que le pays a davantage besoin de stabilité institutionnelle et de continuité politique que de nouvelles querelles susceptibles d’aggraver la crise.
Le juriste considère également que les débats autour de la durée du mandat du Premier ministre risquent de détourner l’attention des véritables priorités nationales, notamment la lutte contre l’insécurité, le renforcement des institutions publiques et l’organisation des prochaines consultations électorales.
Dans son intervention, il a invité les acteurs politiques à revenir aux engagements initiaux du Pacte national et à privilégier le dialogue plutôt que les affrontements publics. Selon lui, les divergences qui existent aujourd’hui ne devraient pas remettre en cause l’objectif fondamental de l’accord : permettre au pays de retrouver des institutions élues et pleinement légitimes.
Alors que le Pacte national apparaît de plus en plus comme un sujet de division au sein de la classe politique, les déclarations de Caleb Jean-Baptiste témoignent de l’existence d’un courant qui continue de considérer ce document comme la référence principale de la transition. Pour ses défenseurs, la légitimité du Premier ministre demeure liée à l’exécution de la mission qui lui a été confiée par le pacte : conduire Haïti vers des élections crédibles et un retour à l’ordre constitutionnel.
Cette nouvelle intervention relance ainsi le débat sur l’interprétation du Pacte national et sur l’avenir de la transition, dans un pays où la recherche d’un consensus politique demeure plus que jamais un défi majeur.
Le Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA) tire la sonnette d’alarme face à la crise de confiance qui oppose actuellement le pouvoir exécutif au Conseil Électoral Provisoire (CEP). Dans une note de presse rendue publique le vendredi 5 Juin, l’organisation appelle les principaux acteurs politiques du pays à privilégier le dialogue et l’intérêt national afin d’éviter une aggravation de l’instabilité politique.
Port-au-Prince, 5 juin 2026. Selon le CAHDOA, les tensions persistantes entre les institutions chargées de conduire la transition risquent d’affaiblir davantage la crédibilité du processus électoral et de compromettre les attentes d’une population déjà confrontée à une insécurité grandissante, à la pauvreté et à l’incertitude politique.
L’organisation estime qu’aucune transition ne peut être durable sans confiance entre les différentes parties prenantes. Elle critique notamment les décisions qui, selon elle, pourraient marginaliser certains acteurs politiques légalement constitués, au risque d’alimenter davantage la méfiance envers les futures élections.
Face à cette situation, le CAHDOA exhorte le gouvernement, le CEP et les forces politiques nationales à élaborer une stratégie commune permettant l’organisation de scrutins jugés libres, honnêtes, inclusifs et crédibles. Pour ses dirigeants, l’avenir démocratique du pays dépend de la capacité des responsables actuels à privilégier le consensus plutôt que les intérêts particuliers.
Dans son message, l’organisation souligne également que les générations futures porteront un regard critique sur les choix effectués durant cette période de transition. Elle appelle les décideurs à faire preuve de responsabilité historique afin de préserver les acquis démocratiques et de favoriser un retour durable à l’ordre constitutionnel.
Le CAHDOA affirme qu’Haïti n’a plus besoin de conflits institutionnels ni de controverses autour d’éventuelles irrégularités électorales. Selon le collectif, le pays a plutôt besoin d’unité, de sagesse et d’un engagement sincère en faveur du bien commun.