Le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) a vivement critiqué, ce dimanche, la décision du ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, de mettre fin au protocole d’accord signé en 2013 entre le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et l’École Normale Supérieure (ENS).

Optimuste. Info, le 23 février 2026. Dans une note rendue publique, le syndicat qualifie la mesure d’« irresponsable » et estime qu’elle met en péril l’intégration professionnelle des normaliens dans les écoles publiques du pays. Selon le REDRESEH, ce protocole constituait un cadre légal et administratif facilitant l’insertion des diplômés de l’ENS au sein du système éducatif national.

Une décision aux conséquences « graves »

Le protocole, signé en 2013, visait à garantir une passerelle institutionnelle entre la formation dispensée à l’ENS et les besoins en personnel qualifié du MENFP. Pour le REDRESEH, sa suppression risque de fragiliser davantage un système éducatif déjà confronté à de multiples défis, notamment le déficit d’enseignants formés et la précarité des conditions de travail.

« Cette décision compromet non seulement l’avenir des normaliens, mais aussi la qualité de l’enseignement dans les écoles publiques », soutient l’organisation syndicale, qui redoute une désorganisation accrue dans le processus de recrutement.
Soupçons de motivations politiques.

Au-delà des impacts administratifs, le REDRESEH évoque un possible mobile politique derrière cette décision ministérielle. Le syndicat dénonce ce qu’il considère comme un « double standard » dans les nominations et intégrations au sein du ministère, laissant entendre que certains recrutements ne répondraient pas aux critères de compétence et de mérite.

L’organisation appelle ainsi à la transparence dans les procédures d’embauche et plaide pour la mise en place d’un mécanisme d’intégration fondé exclusivement sur les qualifications académiques et professionnelles.

Appel à la mobilisation

Face à ce qu’il qualifie de recul institutionnel, le REDRESEH appelle les enseignants, les étudiants de l’ENS et l’ensemble des acteurs du secteur éducatif à se mobiliser. Le syndicat exige le rétablissement immédiat du protocole d’accord de 2013 et l’ouverture d’un dialogue constructif entre le ministère et les représentants des enseignants.

Jusqu’à présent, le ministère n’a pas officiellement réagi aux accusations du REDRESEH. La décision du ministre Augustin Antoine intervient dans un contexte marqué par des tensions récurrentes autour de la gouvernance du système éducatif haïtien.

La Rédaction

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