L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a haussé le ton. Dans un communiqué officiel rendu public ce lundi, l’institution rappelle aux anciens responsables de l’État qu’ils demeurent juridiquement tenus de déclarer l’ensemble de leur patrimoine après la fin de leurs fonctions, conformément à la loi du 12 février 2008.
Optimiste. Info le 10 février 2026. Ce rappel vise directement les ex-membres du gouvernement, an seciens ministres, directeurs généraux et hauts fonctionnaires ayant exercé des responsabilités stratégiques. Selon l’ULCC, ces derniers disposent d’un délai strict de 30 jours à compter de leur départ pour déposer une déclaration détaillée de leurs biens. Le document doit être transmis au greffe du tribunal civil compétent, soit en personne, soit par correspondance officielle.
Pour l’institution anticorruption, cette exigence dépasse le simple formalisme administratif. La déclaration de patrimoine constitue un levier central dans la prévention et la répression de la corruption, en permettant d’identifier d’éventuels écarts entre les revenus légitimes et les biens effectivement détenus par les anciens gestionnaires de fonds publics.
L’ULCC rappelle que le non-respect de cette obligation expose les contrevenants à de lourdes conséquences judiciaires. En vertu des articles 2, 6, 7 et 14 de la loi de 2008, l’absence de déclaration, la dissimulation volontaire d’avoirs ou la fourniture de fausses informations peuvent entraîner des poursuites pénales, assorties d’amendes substantielles et, dans certains cas, de peines d’emprisonnement.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, le directeur général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a insisté sur la portée politique et institutionnelle de cette démarche. « La transparence est une condition essentielle à la crédibilité de l’action publique et à la restauration de la confiance citoyenne », a-t-il affirmé. Il a également annoncé la mise en place prochaine d’une commission d’audit indépendante chargée d’examiner les déclarations reçues et d’en vérifier l’exactitude.
Dans une logique d’ouverture, l’ULCC appelle les citoyens et les organisations de la société civile à jouer un rôle de veille, en signalant tout manquement ou tentative de fraude par les voies légales prévues. Les résultats des contrôles seront rendus publics de manière trimestrielle, a précisé l’institution.
Cette initiative s’inscrit dans un ensemble plus large de réformes visant à renforcer la gouvernance publique et à combattre l’impunité en Haïti. Si plusieurs observateurs saluent la fermeté de l’ULCC et la solidité du cadre juridique invoqué, d’autres pointent la complexité des démarches exigées. Pour répondre à ces préoccupations, l’institution prévoit l’organisation prochaine d’ateliers de sensibilisation afin d’accompagner les anciens responsables et de clarifier leurs obligations légales.
En réaffirmant l’obligation de rendre compte, l’ULCC entend envoyer un signal clair : la gestion des affaires publiques ne s’achève pas avec la fin d’un mandat, et nul ne saurait se soustraire à l’examen de la loi.
La Rédaction