La détérioration rapide de la situation sécuritaire dans le quartier de Bel Air, au centre de Port-au-Prince, menace directement la vie des habitants et entrave gravement l’accès aux soins de santé. Confrontée à cette escalade de violence, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé, ce jeudi 8 janvier 2026, la suspension temporaire de ses activités médicales dans la zone.
OPTIMISTE.INFO, le 8 Janvier 2025. Selon les informations communiquées par MSF, cette décision fait suite à de violents affrontements opposant les forces de l’ordre à des groupes armés. Depuis le 6 janvier, le bâtiment scolaire utilisé comme site médical par l’organisation humanitaire s’est retrouvé au cœur des combats, mettant en danger le personnel sur place.
Sept volontaires communautaires de MSF ont été piégés à l’intérieur du site pendant plusieurs heures avant de réussir à s’échapper, illustrant l’extrême insécurité qui règne actuellement dans le quartier.
La reprise des violences a également coûté la vie à un ancien volontaire de l’organisation. Grièvement blessé, il n’a pas pu accéder à des soins médicaux et est décédé devant la clinique, faute de prise en charge.
Cet événement tragique met en évidence la fragilité persistante du système d’accès aux soins à Bel Air. Habituellement, MSF y assure une présence médicale hebdomadaire, appuyée par des agents de santé communautaires qui dispensent quotidiennement des soins de base et orientent les patients vers des structures spécialisées.
« Ces cliniques permettent chaque mois à plusieurs milliers de personnes de bénéficier de soins essentiels.
Sans cette présence médicale, ces populations se retrouvent totalement privées de services de santé », a déclaré Nicholas Tessier, chef de mission de MSF en Haïti.
Face à l’aggravation de la situation, MSF lance un appel pressant à toutes les parties concernées afin qu’elles respectent les structures médicales, le personnel de santé, les patients et les civils. L’organisation rappelle que l’accès aux soins est un droit fondamental et que les actions humanitaires ne doivent jamais être ciblées.
La crise sécuritaire à Bel Air souligne une fois de plus l’urgence d’une réponse coordonnée pour garantir la protection des civils et des infrastructures essentielles dans les zones urbaines en conflit à Port-au-Prince.
La Rédaction