La cour fédérale du district de Columbia rendra, le 2 février 2026, une décision cruciale dans le dossier opposant des milliers de ressortissants haïtiens bénéficiaires du Temporary Protected Status (TPS) au gouvernement américain. Ce jugement, très attendu, pourrait sceller le sort de plus de 300 000 Haïtiens vivant aux États-Unis sous ce régime de protection temporaire.
OPTIMISTE.INFO, le 8 janvier 2026. Cette échéance judiciaire intervient après deux audiences tenues au début du mois de janvier, au cours desquelles les arguments des deux parties ont été examinés. En toile de fond : la décision annoncée en novembre 2025 par l’administration du président Donald Trump de mettre fin au TPS pour Haïti à compter du 3 février 2026, au motif que les conditions dans le pays ne justifieraient plus ce statut exceptionnel.
Selon les autorités américaines, la situation en Haïti permettrait désormais un retour des bénéficiaires. Une position vivement contestée par les plaignants, qui estiment qu’une telle décision exposerait entre 330 000 et 350 000 personnes à la perte de leur autorisation de travail et à un risque immédiat de déportation, faute d’un autre statut légal.
Regroupés dans une action collective, les bénéficiaires du TPS soutiennent que la décision gouvernementale viole les principes de la loi administrative américaine. Ils dénoncent une évaluation biaisée et superficielle de la réalité haïtienne, marquée, selon eux, par l’emprise des gangs armés, l’effondrement des institutions et une instabilité politique persistante qui continuent de menacer gravement la sécurité de la population.
Lors des audiences à Washington, la juge fédérale Ana C. Reyes a exprimé un scepticisme marqué face aux arguments de l’administration. Elle a notamment reproché au gouvernement d’avoir utilisé de manière sélective certains rapports internationaux, tout en écartant ceux décrivant la gravité de la crise sécuritaire en Haïti. La magistrate a également exigé la production de documents supplémentaires afin de déterminer si la décision de mettre fin au TPS n’avait pas été arrêtée à l’avance, sans analyse indépendante approfondie.
La juge Reyes s’est en outre interrogée sur la crédibilité du processus décisionnel, soulignant qu’un simple courriel émanant d’un fonctionnaire du département d’État, transmis moins d’une heure après une demande officielle, ne saurait constituer une évaluation sérieuse des risques encourus par les Haïtiens contraints de retourner dans leur pays.
La décision attendue le 2 février 2026 revêt une importance capitale, tant aux États-Unis qu’en Haïti. Elle déterminera non seulement l’avenir juridique de centaines de milliers de familles haïtiennes, mais aussi leur accès à l’emploi, aux soins de santé et à une stabilité minimale, dans un contexte déjà marqué par une profonde incertitude.
La Rédaction