L’intervention menée par la Police nationale d’Haïti (PNH) à Village de Dieu continue d’alimenter les débats dans l’espace public. Si l’opération est largement saluée comme un signal fort envoyé aux groupes armés, plusieurs organisations de la société civile estiment qu’elle doit désormais s’inscrire dans une stratégie durable de reconquête des territoires occupés par les gangs.
Port-au-Prince, le 5 juin 2026.Dans une note rendue publique le 5 juin, le Collectif des Organisations pour le Respect du Bicolore (CORB) a exprimé sa satisfaction face à cette offensive policière conduite dans l’un des principaux foyers d’insécurité de la région métropolitaine. L’organisation a adressé ses félicitations au Directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, ainsi qu’aux agents engagés dans l’opération.
Selon le CORB, cette intervention démontre que les forces de l’ordre conservent une capacité d’action significative lorsqu’elles disposent des ressources nécessaires et d’un appui institutionnel adéquat. L’organisation considère cette initiative comme une étape importante dans les efforts visant à restaurer l’autorité de l’État dans des zones longtemps dominées par des groupes criminels.
Toutefois, au-delà de l’enthousiasme suscité par l’opération, plusieurs observateurs soulignent que celle-ci ravive également certaines interrogations. Pendant des années, Village de Dieu a été identifié comme l’un des principaux bastions du banditisme armé en Haïti, marqué par des enlèvements, des affrontements meurtriers et des déplacements forcés de populations. Face à cette réalité, de nombreux citoyens s’interrogent sur les raisons qui ont retardé la mise en œuvre d’une offensive d’une telle envergure.
Pour le CORB, l’enjeu dépasse désormais le cadre de cette seule intervention. L’organisation appelle les autorités à maintenir la pression sur les groupes armés et à étendre les opérations aux autres zones sous leur contrôle. Elle estime que la population attend moins des actions ponctuelles que des résultats durables capables de rétablir la sécurité dans les quartiers affectés.
Le collectif invite également les citoyens à collaborer avec les forces de l’ordre en partageant les informations susceptibles de faciliter les opérations de sécurité. Selon lui, la lutte contre le grand banditisme ne peut être efficace sans une implication conjointe des institutions publiques et de la population.
Alors que l’insécurité demeure l’une des principales préoccupations des Haïtiens, l’opération de Village de Dieu apparaît comme un moment charnière. Son véritable impact sera évalué à l’aune de la capacité des autorités à poursuivre leurs actions dans le temps, à démanteler les réseaux criminels et à rétablir durablement la présence de l’État dans les territoires disputés.
Jean Gilles Désinord
Optimiste. Info