À l’heure où de nombreuses formations politiques haïtiennes peinent à satisfaire les nouvelles exigences électorales imposées par le Conseil électoral provisoire (CEP), le parti politique Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) a profité de la célébration de son troisième anniversaire pour démontrer sa capacité de mobilisation et sa présence grandissante sur le territoire national.
Optimiste. Info, le 11 Mai 2026. Fondé en 2023, le parti dirigé notamment par l’ancien sénateur Pierre Francky Exius affirme aujourd’hui compter plus de 50 000 membres et sympathisants à travers le pays, soit bien au-delà du seuil des 30 000 adhérents désormais exigé dans le projet révisé du décret électoral pour participer aux prochaines élections.
Le samedi 9 mai 2026, des activités ont été organisées simultanément dans plusieurs départements afin de marquer les trois années d’existence de la structure politique. Dans le Sud et le Sud-Est, plusieurs milliers de militants et sympathisants ont répondu présents aux rassemblements organisés par les responsables du parti.
À Jacmel, dans le Sud-Est, une importante activité s’est tenue à l’hôtel Colin’s dans le cadre du lancement officiel de la coordination départementale d’IDA. Les dirigeants du parti ont présenté cette initiative comme une étape stratégique visant à renforcer davantage l’implantation de l’organisation dans la région.
Selon Tony André, IDA entend poursuivre son expansion nationale autour d’une vision sociale-démocrate axée sur l’encadrement politique, la structuration des bases militantes et la mobilisation citoyenne.
Aux Cayes, dans le département du Sud, l’anniversaire du parti a également donné lieu à une forte mobilisation populaire. Des sympathisants venus de plusieurs communes ont participé à des activités marquées par des discours politiques, des appels à l’unité nationale et des engagements en faveur d’une nouvelle gouvernance.
Le coordonnateur départemental du Sud, Pierre Ilçon Tanis, a rappelé que le parti entend « mobiliser, encadrer, structurer et rassembler toutes les forces de l’organisation afin de contribuer à l’avancement du pays ».
De son côté, Jacques Amboise, vice-président du parti, a confirmé officiellement la volonté d’IDA de participer aux prochaines compétitions électorales, des collectivités territoriales jusqu’à la présidence.
Dans un contexte national marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et la crise sociale persistante, les responsables du parti affirment vouloir proposer une alternative politique basée sur la proximité avec la population et le respect des engagements pris.
Mais au-delà des discours, c’est surtout la démonstration numérique du parti qui attire l’attention dans le paysage politique actuel. Alors que plusieurs structures risquent de disparaître du processus électoral faute de pouvoir prouver leur représentativité, IDA tente de se positionner comme l’une des rares organisations déjà prêtes à répondre aux nouvelles normes fixées par le CEP.
Le projet de décret électoral prévoit notamment, à travers l’article 139, que chaque parti politique fournisse une liste détaillée de ses adhérents comprenant les noms, prénoms, sexe et Numéro d’identification nationale unique (NINU), afin de confirmer son existence réelle sur le terrain.
Avec plus de 320 partis enregistrés dans le pays et plus de 300 organisations déjà intéressées par les prochaines élections, plusieurs observateurs estiment que les formations capables de démontrer rapidement une forte base militante disposeront d’un avantage considérable avant l’ouverture officielle des candidatures.
Les dirigeants d’IDA ont également tenu à préciser qu’aucune alliance politique ne lie actuellement leur structure au gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon eux, la priorité demeure le dialogue national, l’unité et la mobilisation collective afin de faire face aux défis auxquels Haïti est confrontée.
Après seulement trois années d’existence, IDA cherche désormais à s’imposer comme une force politique émergente capable de peser dans les prochaines échéances électorales grâce à son implantation territoriale et à sa capacité de mobilisation
La Rédaction