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La perspective d’un changement à la direction de l’Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA) suscite des réactions. Des citoyens dénoncent les démarches qui seraient entreprises par le ministre de la Santé publique, Sinal Bertrand, pour remplacer l’actuel directeur, Vikerson Garnier.

Port-au-Prince, 9 août 2026.

Selon les voix critiques, le ministre ne fonderait pas cette éventuelle décision sur le bilan de l’institution, mais sur des considérations politiques. Elles évoquent notamment la possibilité de confier le poste à une personnalité proche du parti Les Démocrates Engagés pour une Haïti Forte et Inclusive (DEHFI), auquel le ministre est présenté comme affilié.

Cette controverse dépasse ainsi le seul avenir du directeur de l’OFATMA. Pour ses détracteurs, elle pose une nouvelle fois la question de la politisation des institutions publiques.

Les résultats de la direction Garnier mis en avant

Les défenseurs de Vikerson Garnier mettent en avant plusieurs résultats communiqués par la direction de l’OFATMA. Ils s’interrogent notamment sur les raisons qui pourraient justifier son remplacement alors que l’administration affirme avoir engagé plusieurs réformes.

Selon les chiffres avancés par l’institution, la direction a régularisé plus de 600 contrats de travail jugés irréguliers. Elle aurait également nommé plus d’une centaine d’employés, dont certains travaillaient depuis trois à dix ans au sein de l’Office.

L’OFATMA affirme aussi avoir conclu plus de 30 protocoles d’accord avec différents prestataires de soins affiliés.

Pour les soutiens de Garnier, ces données témoignent des changements engagés au sein de l’institution.

La gestion financière au centre des arguments

La direction de l’OFATMA affirme par ailleurs avoir renforcé la gestion financière et administrative de l’Office.

Plus de 40 cadres auraient suivi des formations destinées à renforcer leurs compétences. L’administration affirme également avoir amélioré l’application des normes relatives à la gestion des finances publiques.

Dans le domaine social, l’OFATMA avance une hausse de 143 % des allocations budgétaires destinées au paiement des services de santé.

L’institution indique également avoir traité plus de 18 000 dossiers de réclamations médicales, distribué près de 6 000 cartes d’assurés et enregistré 74 nouvelles entreprises affiliées.

Des projets de modernisation annoncés

L’administration Garnier avait également annoncé plusieurs projets visant à moderniser l’OFATMA.

Elle prévoyait notamment de renforcer les directions départementales, de moderniser plusieurs centres hospitaliers dans le Nord, le Sud et l’Ouest et d’informatiser le système d’assurance.

La direction envisageait aussi de diversifier les sources de financement afin de consolider les acquis de l’institution et de soutenir son développement.

Pour les défenseurs de Garnier, un changement à la tête de l’OFATMA pourrait interrompre certains de ces chantiers.

La Protection civile bénéficie aussi de l’assurance

L’OFATMA a également développé des partenariats avec d’autres institutions publiques. Un protocole d’accord conclu avec la Direction générale de la Protection civile a notamment permis à 12 brigadiers et volontaires d’obtenir des cartes d’assurance.

La direction présente cette initiative comme une mesure visant à élargir la couverture sociale aux personnes engagées dans des activités au service de la population.

Les craintes autour du « partage politique »

La contestation prend toutefois une dimension politique avec les craintes exprimées autour d’un éventuel remplacement de Garnier.

Ses défenseurs redoutent que les institutions publiques servent encore de moyens de récompense aux formations politiques au pouvoir. Ils demandent donc au ministre de la Santé publique de préciser les raisons d’un éventuel changement à la tête de l’OFATMA.

Ils souhaitent également que l’État fonde sa décision sur des critères liés à la compétence, aux résultats et à l’intégrité, plutôt que sur des considérations partisanes.

Pour ces citoyens, la question dépasse le cas de Vikerson Garnier. Elle concerne plus largement les critères qui doivent guider les nominations et les changements à la tête des institutions publiques.

Alors que l’administration haïtienne traverse une importante crise de confiance, ils estiment qu’un changement perçu comme politique pourrait davantage fragiliser la crédibilité de l’État.

Le débat intervient également dans un contexte de préparation d’une nouvelle séquence électorale et politique. Le parcours de Vikerson Garnier, qui dirige également le CAHDOA et appartient à la plateforme VIKTWA, ajoute une dimension politique à la controverse.

Pour ses soutiens, l’enjeu consiste désormais à déterminer si les résultats obtenus et la continuité administrative peuvent peser dans les décisions de l’État.

Entre bilan de gestion, continuité institutionnelle et accusations de politisation, l’avenir de la direction de l’OFATMA pourrait ainsi devenir un nouveau dossier sensible pour la gouvernance publique en Haïti.

La Rédaction

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