Haïti sous tension : diaspora et mouvements de jeunesse exigent le départ du chef du gouvernement

Haïti sous tension : diaspora et mouvements de jeunesse exigent le départ du chef du gouvernement

La contestation politique contre l’exécutif haïtien prend une ampleur inédite. Ce dimanche, plusieurs organisations de la diaspora haïtienne, appuyées par des mouvements de jeunesse mobilisés sur l’ensemble du territoire national, ont rendu publique une vaste pétition réclamant le départ immédiat du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’initiative, à portée nationale et internationale, s’inscrit dans un climat de méfiance croissante à l’égard de l’action gouvernementale.

Optimiste. Info, 8 février 2026. Les promoteurs de la pétition affirment agir au nom d’un devoir citoyen et d’une responsabilité historique face à ce qu’ils décrivent comme une dérive dangereuse de la gouvernance actuelle. Ils accusent le chef du gouvernement de prendre des décisions majeures sans consultation populaire, dans un environnement marqué par le manque de transparence et une dépendance accrue à des intérêts étrangers jugés contraires aux aspirations du peuple haïtien.

Le texte de la pétition dresse un tableau alarmant de la situation nationale. Les signataires évoquent une détérioration rapide des conditions de vie, caractérisée par l’insécurité généralisée, l’aggravation de la pauvreté, la progression du chômage et l’extension de l’insécurité alimentaire. À cela s’ajoute, selon eux, l’affaiblissement continu des institutions publiques, symptôme d’un État qu’ils estiment de plus en plus incapable d’assumer ses responsabilités fondamentales.

Pour les organisations de la diaspora et les jeunes engagés dans cette mobilisation, le gouvernement en place a failli à sa mission première : protéger la population, garantir ses droits et préserver sa dignité. Ils reprochent au Premier ministre d’avoir sacrifié les intérêts nationaux au profit d’agendas extérieurs, notamment à travers des accords et orientations politiques perçus comme une atteinte directe à la souveraineté du pays.
Les signataires dénoncent également ce qu’ils considèrent comme des ingérences répétées des États-Unis, du Canada et de la France dans les affaires internes d’Haïti. Une situation qu’ils jugent incompatible avec le statut d’un État indépendant et souverain, et que, selon eux, le gouvernement actuel n’a ni su ni voulu contenir.

À travers cette démarche, les initiateurs de la pétition formulent plusieurs revendications majeures : la démission immédiate du Premier ministre, la rupture avec toute politique assimilable à une mise sous tutelle étrangère, l’engagement d’un nouveau processus politique fondé sur la souveraineté nationale et la volonté populaire, ainsi que la fin de toute interférence diplomatique dans les décisions internes du pays.
En guise de conclusion, les signataires martèlent un message devenu emblématique de cette mobilisation : « Haïti n’est pas à vendre. Haïti appartient aux Haïtiens. »

Ils invitent la population, tant à l’intérieur du pays que dans la diaspora, à signer et à diffuser massivement la pétition afin qu’elle parvienne aux autorités concernées. Au moment de la publication, aucune réaction officielle du gouvernement n’avait encore été enregistrée.

La Rédaction

7 février : Me Caleb Jean Baptiste réclame la fin du CPT et met en garde contre un effondrement de l’État

7 février : Me Caleb Jean Baptiste réclame la fin du CPT et met en garde contre un effondrement de l’État

À la veille du 7 février, date qu’il considère comme la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’avocat et homme politique Me Caleb Jean Baptiste est monté au créneau. Lors d’une conférence de presse tenue à Delmas, il a livré une charge sévère contre les autorités de la transition et appelé à des décisions immédiates pour éviter, selon lui, un effondrement total de l’État.


« Le pays a atteint un point de non-retour »

Optimiste. Info, le 6 février 2026.Face aux journalistes, Me Jean Baptiste a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Insécurité persistante, institutions affaiblies, conditions de vie dégradées : pour l’homme de loi, Haïti traverse l’une des pires crises de son histoire récente.

« Haïti est aujourd’hui à son plus bas niveau. Le pays ne peut pas descendre plus bas encore. C’est une insulte à la mémoire de Dessalines et des pères fondateurs », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre présenté comme seule autorité légitime

Très critique envers la classe politique, Me Jean Baptiste l’accuse d’avoir renié les engagements pris devant la population. Il rappelle que les accords politiques encadrant la transition prévoient la poursuite du processus électoral sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé. Selon lui, ce dernier reste la seule autorité légitime capable de poursuivre la sécurisation du pays et d’organiser des élections libres et crédibles.

Accusations directes contre des membres du CPT


L’avocat s’en est également pris à plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition, qu’il accuse d’entraver le retour progressif à la sécurité. Il a nommément cité Louis Gérald Gilles, Smith Augustin, Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils, les tenant pour responsables de manœuvres visant, selon ses propos, à maintenir le pays dans l’instabilité.

Appel à des poursuites judiciaires

Adoptant un ton plus offensif, Me Jean Baptiste a réclamé l’arrestation des membres du CPT à l’expiration de leur mandat. Il a demandé à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) d’émettre des avis de recherche à leur encontre. Il accuse notamment le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles d’être impliqué dans la mort du militant Dickson Oreste et d’entretenir des liens présumés avec des groupes armés, évoquant un « complot contre la sûreté intérieure de l’État ».

Critiques contre le ministère de l’Économie et des Finances

Par ailleurs, Me Jean Baptiste a vivement dénoncé la gestion du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Metellus, qu’il accuse de corruption et de dilapidation des fonds publics. Il a appelé à l’instauration immédiate d’une interdiction de départ à l’encontre des membres du CPT, qu’il accuse d’avoir pillé les ressources de l’État au cours des deux dernières années.

Dialogue national et rejet de la Cour de cassation

En conclusion, Me Caleb Jean Baptiste a exhorté le Premier ministre à constater formellement la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition et à engager sans délai un dialogue national inclusif, qu’il présente comme la seule issue possible à la crise actuelle.

Il a enfin rejeté les propositions visant à confier la transition à la Cour de cassation, estimant que la Constitution de 1987 amendée, publiée le 9 mai 2011, ne prévoit aucun mécanisme en ce sens.


« La Cour de cassation n’est pas une solution constitutionnelle à la crise », a-t-il insisté.

La Rédaction

Justice : retour en détention de l’ex-directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti

Justice : retour en détention de l’ex-directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti

L’ancien directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), Gamall Jules-Augustin, a été ramené en prison ce mardi après avoir comparu devant le juge d’instruction chargé de l’enquête le concernant. Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la procédure judiciaire ouverte à la suite de soupçons de corruption liés à sa gestion de la chaîne publique.

Optimiste. Info, le 3 février 2026. Interpellé une première fois le 23 septembre 2025, l’ex-responsable de la TNH avait été placé sous enquête après une audition à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC). Il est poursuivi pour plusieurs infractions graves, dont abus de fonction, détournement de biens publics, prise illégale d’intérêts et faux en écritures publiques.

Selon des informations recueillies auprès de sources judiciaires, la comparution du 3 février a conduit le juge d’instruction à ordonner son maintien en détention, afin de permettre la poursuite des investigations. Aucune communication officielle n’a toutefois été faite pour préciser les éléments ayant motivé cette décision judiciaire.

La gestion de Gamall Jules-Augustin à la tête de la télévision nationale avait, avant même son arrestation, fait l’objet de nombreuses critiques. Des voix issues de la société civile, appuyées par des pétitions citoyennes, avaient appelé à une enquête approfondie sur des soupçons d’irrégularités administratives et financières. Les rapports de l’ULCC évoquent notamment l’utilisation présumée de fonds et de ressources publiques à des fins non conformes aux règles en vigueur.

Cette nouvelle étape dans le dossier relance les débats au sein de l’opinion publique. Si certains considèrent la détention comme une mesure normale dans le cadre de l’instruction, d’autres pointent le déficit d’informations officielles entourant une affaire impliquant un ancien haut fonctionnaire de l’État.

Dans un pays confronté à une situation politique et sécuritaire particulièrement fragile, l’évolution de ce dossier judiciaire est observée de près. Elle est perçue comme un test important pour le fonctionnement de la justice haïtienne et sa capacité à traiter, dans le respect des normes légales, des affaires mettant en cause d’anciens responsables publics.

La Rédaction

Haïti sous vigilance renforcée de l’ONU : le BINUH maintenu jusqu’en 2027

Haïti sous vigilance renforcée de l’ONU : le BINUH maintenu jusqu’en 2027

Face à l’aggravation de la crise multidimensionnelle qui secoue Haïti, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, à l’unanimité, de prolonger jusqu’au 31 janvier 2027 le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). L’adoption de la résolution est intervenue lors de la 10 099ᵉ séance du Conseil.

Optimiste. Info, le 29 janvier 2026. À travers cette décision, l’organe onusien réaffirme son soutien au respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale d’Haïti, tout en tirant la sonnette d’alarme sur la détérioration continue des conditions politiques, sécuritaires et humanitaires dans le pays.

Le Conseil de sécurité constate avec inquiétude l’absence d’avancées politiques notables et la persistance de violations graves des droits humains. Il exhorte les autorités haïtiennes ainsi que l’ensemble des acteurs nationaux à engager sans délai un dialogue inclusif et constructif, seul à même de déboucher sur un consensus politique durable et de restaurer l’ordre institutionnel.

La résolution souligne par ailleurs l’intensification des violences armées, attribuées à des groupes criminels dont les actions continuent de fragiliser le tissu social et de plonger des centaines de milliers de civils dans la précarité. Selon les chiffres évoqués, près de 1,4 million de personnes sont aujourd’hui déplacées à l’intérieur du pays, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire.

Face à ce contexte alarmant, le Conseil insiste sur la nécessité de renforcer la lutte contre l’impunité, de contenir la prolifération des armes illégales et de rétablir progressivement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

À l’approche des élections prévues en 2026, le BINUH est appelé à jouer un rôle déterminant, tant sur le plan technique que politique, afin d’appuyer l’organisation de scrutins crédibles, transparents et inclusifs, condition essentielle à un retour à l’ordre constitutionnel.

Enfin, la résolution prévoit la mise en place d’un mécanisme de suivi régulier, en coordination étroite avec les acteurs haïtiens, destiné à évaluer les progrès accomplis et à soutenir les efforts en faveur d’une stabilisation durable du pays.

La Rédaction

Haiti- politique : le CDA exige un sursaut national pour sauver la transition

Haiti- politique : le CDA exige un sursaut national pour sauver la transition

À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), la Convention Démocratique Alternative (CDA) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié ce jeudi, le parti exprime de sérieuses inquiétudes face à la trajectoire actuelle de la transition politique et appelle à une mobilisation nationale afin d’éviter une nouvelle crise institutionnelle majeure.

Optimiste. Info, le 29 Janvier 2026.Le CDA rappelle que cette date, consacrée par les accords de transition, constitue un tournant décisif pour l’avenir démocratique d’Haïti. Selon la formation politique, le 7 février 2026 ne peut faire l’objet ni d’improvisation ni de report sans risques considérables.

Tout non-respect des engagements pris, prévient-elle, ne ferait qu’aggraver la crise politique, sécuritaire et sociale qui fragilise déjà l’État.


Conscient de la volatilité du contexte national, le parti plaide pour une anticipation lucide, responsable et concertée de cette échéance.

Il insiste sur l’urgence d’assurer la prévisibilité institutionnelle, la stabilité politique et le respect des principes de responsabilité collective, conditions indispensables à une transition crédible.

Dans cette dynamique, la Convention Démocratique Alternative appelle à l’ouverture rapide d’un dialogue national structuré, inclusif et sincère. Ce cadre de concertation devrait rassembler les institutions publiques, les forces politiques, les organisations de la société civile, le secteur privé, les confessions religieuses ainsi que la diaspora haïtienne.

Le CDA qualifie cette démarche de « dyalòg ant nèg a soulye ak nèg ak sapat », soulignant la nécessité d’un dialogue sans exclusion, fondé sur l’égalité et le respect mutuel. Ce processus devrait aboutir à un nouvel accord politique consensuel, axé sur des priorités nationales essentielles. Parmi celles-ci figurent le rétablissement progressif et durable de la sécurité sur l’ensemble du territoire, la consolidation de l’État de droit et le renforcement effectif des institutions républicaines.

Le parti insiste également sur l’urgence de définir un projet de société inclusif, enraciné dans les réalités culturelles, sociales et historiques du peuple haïtien. À cet égard, la réforme du système éducatif est présentée comme un levier stratégique du développement durable, de la cohésion sociale et de la reconstruction nationale.


Sur le plan international, le CDA estime indispensable d’engager une réflexion stratégique sur la diplomatie haïtienne, notamment à travers la modernisation de ses orientations, la réévaluation des accords bilatéraux et multilatéraux et leur alignement sur les intérêts supérieurs de la nation. Le renforcement de la gouvernance publique et de la transparence institutionnelle figure également parmi ses priorités.

Par ailleurs, la Convention Démocratique Alternative réclame la mise en place, avant le 7 février 2026, d’une commission d’enquête indépendante chargée d’examiner les accusations de corruption visant certains membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Une telle initiative est jugée indispensable pour restaurer la crédibilité des institutions et la confiance des partenaires nationaux et internationaux.

En conclusion, fidèle à ses principes démocratiques, le CDA réaffirme sa disponibilité à contribuer de manière responsable, pacifique et constructive à toute initiative visant une transition ordonnée, inclusive et crédible, conforme aux aspirations du peuple haïtien et aux standards internationaux de gouvernance démocratique.

La Rédaction