La recrudescence des violences dans plusieurs zones du pays préoccupe l’ancien président provisoire Jocelerme Privert. Dans un communiqué publié le vendredi 21 août 2026, il estime que l’insécurité risque de compromettre la participation des citoyens au processus électoral et demande aux autorités de rétablir leur présence dans les territoires affectés.
Jocelerme Privert condamne les attaques rapportées à Morne-à-Chandelle, à Gressier, ainsi que les assauts de groupes armés contre les habitants de Marmont-Paul, une section communale de Saint-Michel de l’Attalaye. Il exprime sa solidarité avec les personnes touchées et dénonce les actes qui exposent des familles et des communautés à la violence.
Selon l’ancien chef de l’État, ces attaques portent atteinte à la sécurité des citoyens et à l’autorité de l’État. Il rejette toute justification aux actions des groupes armés et estime que leurs violences ne doivent pas déterminer l’avenir du pays.
Cette situation intervient alors que les autorités haïtiennes poursuivent les préparatifs du processus électoral. Jocelerme Privert considère que l’organisation d’élections ne peut progresser sans une amélioration de la sécurité. Il souligne que les déplacements forcés et les menaces contre les populations peuvent empêcher des citoyens de participer à la vie publique.
L’ancien président demande donc au gouvernement et aux forces nationales de sécurité de prendre des mesures pour protéger les populations, reprendre le contrôle des zones touchées et lutter contre l’impunité. Il appelle aussi les autorités à agir contre les groupes armés ainsi que leurs réseaux de financement et de soutien.
Jocelerme Privert estime que la réponse des autorités doit dépasser les interventions ponctuelles. Il préconise une stratégie nationale axée sur le rétablissement de l’autorité de l’État, la sécurisation du territoire, la protection des citoyens et le renforcement de la justice.
Dans son communiqué, il affirme que la population ne doit pas continuer à choisir entre la violence, le déplacement forcé et la peur. Il invite aussi les citoyens qui défendent leurs communautés à maintenir leurs efforts malgré les menaces.
Pour Jocelerme Privert, la sécurité doit rester au centre du processus électoral alors qu’Haïti cherche à rétablir l’ordre constitutionnel et les institutions démocratiques. Il soutient que les électeurs doivent pouvoir choisir leurs dirigeants sans intimidation et appelle l’État à garantir les conditions nécessaires à un scrutin libre et sécurisé.
À l’approche de la rentrée scolaire de septembre, le gouvernement mise sur la création d’emplois temporaires pour soutenir les ménages des quartiers populaires. Le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) a lancé, mercredi 19 août 2026, le programme « Zòn Pam Pi Pwòp » à Pétion-Ville. L’initiative vise à mobiliser une importante main-d’œuvre pour réaliser des travaux de nettoyage et d’assainissement dans plusieurs quartiers.
La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, la ministre de la Planification, Sandra Paulemon, ainsi que des représentants de la municipalité de Pétion-Ville, dont Kesner Normil et Marie Geralda Nelson. Les responsables présents ont mis en avant les objectifs du programme en matière de salubrité et de création d’activités rémunérées.
Le directeur du SNGRS, Daril Baltazar, a expliqué que « Zòn Pam Pi Pwòp » adopte une approche différente des programmes de travaux temporaires organisés auparavant. Le programme affectera les personnes recrutées à des tâches de nettoyage et d’assainissement dans les zones ciblées afin d’améliorer leur environnement.
Daril Baltazar a aussi expliqué le choix de Pétion-Ville pour le lancement du programme. Il a rappelé les interventions réalisées sur le site de déchets situé devant les locaux de la Sogebank, sur la route de Frères, dans le cadre du « Konbit Ayiti Zéro Déchet ». Selon lui, ces actions ont montré l’importance de poursuivre les efforts en faveur de la salubrité et de la gestion des déchets dans les espaces publics.
La ministre de la Planification, Sandra Paulemon, a mis l’accent sur l’aspect social du programme. Elle a indiqué que l’initiative doit créer des possibilités d’emploi à l’approche de la rentrée scolaire et permettre à plusieurs personnes de trouver une source de revenus. Le programme doit aussi répondre aux besoins des communautés en matière de nettoyage et d’assainissement.
Le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a inscrit « Zòn Pam Pi Pwòp » dans les actions du gouvernement pour soutenir la relance économique et la stabilité. Il a souligné l’importance du secteur environnemental dans la création d’emplois à haute intensité de main-d’œuvre, notamment dans le nettoyage et la collecte des déchets. Les autorités prévoient d’étendre le programme à Port-au-Prince et Delmas, avec des quartiers comme Solino parmi les zones ciblées.
De son côté, Marie Geralda Nelson, membre du cartel municipal de Pétion-Ville, a salué l’initiative et expliqué que la municipalité travaille avec les différentes instances concernées afin de coordonner les efforts de nettoyage dans la commune. Elle a également présenté cette démarche comme une contribution à l’apaisement social et à l’amélioration de la vie dans la ville.
La Voix Haïtienne des Droits Humains (VOAHDH) a rendu public, ce mois d’août 2026, un rapport d’alerte sur l’état de la Cour d’appel des Cayes, à l’issue d’une mission d’observation menée le 19 juin dans les locaux de cette juridiction. Le document fait état d’un bâtiment dégradé, de ressources matérielles insuffisantes et d’un environnement peu propice à la sérénité des audiences. Selon l’organisation, cette situation peut compromettre l’accès des justiciables à la justice.
Selon les observations de la mission, la toiture en tôle de l’édifice comporte plusieurs perforations qui exposent les locaux aux intempéries. Les portes, les installations et le mobilier présentent des signes de vétusté. Les bureaux des magistrats, de dimensions réduites, offrent peu d’espace pour recevoir les justiciables, les avocats ou les partenaires institutionnels de la Cour.
Plusieurs magistrats limiteraient l’usage de leurs bureaux en raison de l’état des locaux, selon les informations recueillies par la VOAHDH. Certains ne s’y rendraient que pour la tenue des audiences avant de quitter les lieux. Le rapport souligne qu’à l’exception du président de la Cour et du ministère public, les magistrats ne disposeraient d’aucun véhicule de service et devraient recourir à des moyens de transport privés, dont les taxis-motos, pour leurs déplacements.
La mission, qui a assisté à une audience publique, a relevé une situation d’insalubrité aux abords du bâtiment ainsi qu’une proximité avec des habitations et des activités commerciales. Cette configuration aurait perturbé le déroulement des audiences, selon des témoignages recueillis sur place.
Le fonctionnement de la juridiction se heurterait aussi à des coupures d’électricité, le groupe électrogène ne garantissant pas une alimentation continue. Le personnel judiciaire devrait, dans certains cas, recourir à des services privés extérieurs pour effectuer des tâches administratives, dont l’impression de documents.
La VOAHDH indique avoir été informée de l’éventualité d’une fermeture de la juridiction si les conditions actuelles ne s’amélioraient pas, sans avoir pu vérifier de manière indépendante l’existence d’une décision en ce sens. L’organisation estime qu’un tel scénario, s’il se concrétisait, aurait des conséquences sur l’accès à la justice pour les populations desservies par la Cour d’appel des Cayes.
Dans son analyse, la VOAHDH établit un lien entre les conditions matérielles observées et plusieurs principes fondamentaux : l’accès à la justice, la dignité de la fonction judiciaire et l’indépendance du pouvoir judiciaire. L’organisation considère que des infrastructures inadaptées ne relèvent pas d’une question logistique, mais peuvent fragiliser la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.
Le rapport formule des recommandations à l’intention du gouvernement haïtien, du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire ainsi que des partenaires techniques et financiers. Parmi les mesures proposées figurent une évaluation technique indépendante du bâtiment, un plan d’intervention d’urgence et l’examen de la faisabilité d’une réhabilitation ou d’une reconstruction du siège de la Cour.
Le paysage politique haïtien continue de se dessiner à l’approche des prochaines échéances électorales. Maître Caleb Jean-Baptiste, annoncé comme potentiel candidat aux élections sénatoriales dans le département de l’Ouest, a procédé ce mardi 18 août 2026 à son inscription sur les listes électorales.
Port-au-Prince, 18 août 2026
L’homme de loi a effectué cette démarche dans le cadre du processus électoral en cours, affichant ainsi son intérêt pour une éventuelle participation aux prochaines élections sénatoriales.
Interrogé par des journalistes à l’issue de son inscription, Maître Caleb Jean-Baptiste a notamment insisté sur l’importance de l’engagement citoyen et de la participation au processus électoral. Cette démarche intervient alors que plusieurs personnalités politiques et candidats potentiels commencent à se positionner en vue des prochaines consultations populaires.
Une nouvelle figure dans la course pour l’Ouest ?
Département politiquement stratégique et fortement peuplé, l’Ouest constitue un enjeu majeur pour les prochaines élections. La présence de Maître Caleb Jean-Baptiste parmi les personnalités annoncées comme potentielles candidates pourrait contribuer à élargir le choix offert aux électeurs.
Toutefois, son inscription sur les listes électorales ne constitue pas, à elle seule, une validation officielle de candidature. Celle-ci devra être confirmée à travers les procédures prévues par les autorités électorales et, le cas échéant, par la formation politique sous laquelle il entend se présenter.
À mesure que le processus électoral avance, les inscriptions, déclarations d’intention et investitures devraient permettre de mieux cerner les forces en présence dans l’Ouest.
L’entrée en scène de nouvelles personnalités comme Maître Caleb Jean-Baptiste témoigne en tout cas de l’intérêt croissant suscité par les prochaines élections et de la volonté de plusieurs acteurs de prendre part à la recomposition de la représentation politique nationale.
Me Winder Bernard demande, ce lundi 17 août 2026, à l’État haïtien d’autoriser le transfert de l’ancienne directrice du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS), ancienne appellation du SNGRS, Magalie Habitant, vers un hôpital pour subir une intervention chirurgicale. Il affirme que l’ancienne responsable souffre d’hémorroïdes et doit recevoir des soins.
Me Winder Bernard, l’un des responsables de l’organisation « Repons Ayiti », dit avoir consulté un document médical qui recommande une opération dans un délai de 24 à 48 heures. Selon lui, un médecin a formulé cette recommandation depuis le mois de mars. Magalie Habitant se trouve depuis en détention.
Il alerte sur les risques liés à l’état de santé de l’ancienne directrice du SMCRS. Il explique que les hémorroïdes peuvent provoquer des complications et une infection si la patiente ne reçoit pas les soins nécessaires.
Me Winder Bernard précise que sa demande ne vise pas la libération de Magalie Habitant. Il estime que la justice doit poursuivre la procédure si les autorités lui reprochent des infractions. Pour lui, les poursuites judiciaires ne doivent pas empêcher une personne détenue d’accéder aux soins dont elle a besoin.
Il demande aux autorités d’autoriser le transfert de Magalie Habitant vers un établissement hospitalier afin qu’elle puisse recevoir les soins prescrits et subir l’intervention recommandée par le médecin.
Me Winder Bernard soutient que l’État doit permettre à l’ancienne directrice du SMCRS de recevoir les soins nécessaires pendant sa détention. Il affirme que cette demande ne remet pas en cause la procédure judiciaire engagée contre elle, mais vise à garantir sa prise en charge médicale.