Élections en Haïti : le CAHDOA hausse le ton et met les acteurs de la transition face à leurs responsabilités

Élections en Haïti : le CAHDOA hausse le ton et met les acteurs de la transition face à leurs responsabilités

Le Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA) durcit sa position face à la conduite de la transition politique et au processus électoral. Dans une déclaration publiée ce mardi 8 septembre, l’organisation estime que les choix opérés par les autorités de transition risquent de prolonger l’instabilité plutôt que de favoriser une véritable sortie de crise.

Port-au-Prince, 8 septembre 2026

Le document place surtout les partis et regroupements politiques ayant participé aux différents pouvoirs de transition devant ce que le CAHDOA qualifie de « responsabilité historique ». Le collectif leur demande de prendre conscience des conséquences de leurs décisions sur l’avenir institutionnel du pays.

Une contestation qui dépasse le seul calendrier électoral

Au cœur de la déclaration figure une critique du cadre juridique devant encadrer les prochaines élections. Le CAHDOA s’en prend notamment au décret électoral du 2 juin 2026, ainsi qu’à celui du 2 juillet 2026, estimant que certaines de leurs dispositions seraient incompatibles avec les exigences constitutionnelles et pourraient être à l’origine de nouvelles tensions après les élections.

Cette position n’est toutefois pas totalement nouvelle. En août, le CAHDOA avait déjà réclamé une révision ciblée du décret électoral, notamment autour de dispositions relatives au registre électoral, à l’égalité des chances et à la sécurité juridique du processus.

Le collectif semble donc inscrire sa nouvelle déclaration dans une logique de mise en garde préélectorale : il ne suffit pas, selon lui, d’organiser des élections ; encore faut-il que les règles qui les encadrent soient suffisamment solides pour éviter que le scrutin ne devienne une nouvelle source de contestation.

La transition permanente dans le viseur

L’une des formules les plus fortes du document est sans doute celle-ci : « La transition permanente n’est pas une solution pour Haïti. »

Derrière cette affirmation se trouve une critique plus profonde du modèle de gouvernance adopté depuis plusieurs années. Pour le CAHDOA, les gouvernements de transition, par leur nature même, ne peuvent durablement répondre aux exigences d’un État de droit.

L’organisation réclame ainsi le retour à des institutions légitimes, responsables et soumises à des règles démocratiques stables. Cette exigence intervient alors que le CAHDOA cherche lui-même à s’inscrire dans le processus électoral : le collectif figure parmi les groupements politiques enregistrés dans la perspective des prochaines élections.

Cette situation donne à sa déclaration une dimension particulière. Le CAHDOA ne parle pas seulement comme observateur de la crise : il se positionne également comme acteur du processus politique qu’il critique.

*Le paradoxe de la participation

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C’est précisément là que se situe l’un des principaux enjeux de cette prise de position.

Le CAHDOA demande aux acteurs ayant bénéficié des pouvoirs de transition de « dépasser » leurs intérêts politiques et de privilégier l’intérêt national. Mais le collectif participe lui-même à la dynamique politique et électorale. Il devra donc démontrer que ses critiques ne relèvent pas uniquement d’une stratégie de positionnement politique.

Cette exigence de cohérence est d’autant plus importante que le CAHDOA avait auparavant participé aux discussions autour du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, affirmant son soutien au dialogue et à une sortie de crise par des élections crédibles.

La sécurité, l’autre condition oubliée ?

Le CAHDOA élargit également son analyse à la question sécuritaire. Le collectif rappelle qu’Haïti n’est ni producteur d’armes à feu ni de munitions et appelle la communauté internationale à agir davantage contre les réseaux qui alimentent les groupes armés.

Cette déclaration intervient dans un contexte où la question de la sécurité demeure indissociable de toute perspective électorale. Organiser un scrutin dans un environnement où une partie importante de la population reste exposée à la violence pose en effet une question fondamentale : quelle valeur démocratique peuvent avoir des élections si les citoyens ne disposent pas des conditions minimales pour participer librement au processus ?

Le CAHDOA ne rejette toutefois pas explicitement les élections. Il demande plutôt que le processus soit suffisamment solide pour ne pas devenir le point de départ d’une nouvelle crise.

Un avertissement aux responsables politiques

Au fond, la déclaration du 8 septembre ressemble davantage à un appel à la responsabilité collective qu’à un simple communiqué partisan.

Le CAHDOA avertit les acteurs politiques qu’ils ne devraient pas encourager un processus électoral susceptible, selon lui, de préparer de nouvelles crises. L’organisation estime que le moment impose aux responsables politiques de renoncer aux intérêts particuliers et de privilégier une solution durable.

Cette position intervient alors que le processus électoral continue de se structurer et que le CAHDOA fait partie des organisations politiques officiellement engagées dans cette dynamique. Le véritable défi pour le collectif sera donc désormais de transformer ses critiques en propositions concrètes et vérifiables.

Car dénoncer les failles d’un processus électoral est une chose. Contribuer à construire les conditions politiques, juridiques et sécuritaires permettant son succès en est une autre.

La déclaration du CAHDOA pose ainsi une question essentielle : Haïti cherche-t-elle simplement à organiser des élections, ou cherche-t-elle enfin à organiser les élections capables de refermer durablement le cycle des transitions et des crises politiques ?

Pour le collectif, la réponse semble claire : le peuple haïtien mérite mieux qu’une nouvelle transition sans lendemain.

Optimiste. Info

Zapping actualité | Mardi 8 septembre 2026

Zapping actualité | Mardi 8 septembre 2026

Gressier : la PNH avance

La Police nationale d’Haïti (PNH) poursuit ses opérations à Gressier pour reprendre plusieurs zones occupées par des groupes armés. Les policiers ont investi plusieurs positions, dont un espace présenté comme le repaire du chef de gang San Fwontyè. Ils ont également repris la rue Apolon, le terrain de football du Parc Saint-Jean, le commissariat et l’église évangélique Betèl. Les forces de l’ordre ont aussi retiré des barricades sur la Route nationale numéro 2.

Melchie Dumornay : le Ballon d’or

La joueuse haïtienne Melchie Dumornay, surnommée « Corventina », figure parmi les 30 candidates au Ballon d’or 2026. La milieu de terrain d’OL Lyonnes a réalisé une saison remarquable en France et en compétitions européennes. Elle a notamment remporté le titre de meilleure joueuse du championnat de France pour la saison 2025-2026.

Haïti-Suède : nouvelle ambassadrice

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a reçu, mardi 8 septembre, l’ambassadrice agréée de Suède, Maria Valesco. La diplomate lui a remis ses lettres de créance lors d’une cérémonie officielle. Les deux responsables ont réaffirmé leur volonté de renforcer les relations d’amitié et de coopération entre Haïti et la Suède.

Raina Forbin : appel à l’Afrique

La ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, appelle les pays africains à renforcer leur soutien à Haïti. En déplacement à Addis-Abeba, elle a lancé cet appel lors d’une réunion ministérielle consacrée au Programme d’action de Doha pour les pays les moins avancés. Elle a notamment évoqué la sécurité, les élections et la relance économique. La ministre demande également le renouvellement du mandat et le déploiement complet de la Force de répression des gangs, ainsi que des moyens financiers et logistiques supplémentaires.

Collectivités : le cadre comptable étudié

La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) a réuni, mardi à l’Hôtel Montana, plusieurs institutions et représentants de mairies pour examiner le cadre comptable des collectivités territoriales. Les participants ont abordé les dépenses, les ressources, les procédures comptables et les outils informatiques. La DGTCP veut utiliser ce diagnostic pour préparer la révision du cadre comptable et un programme de formation lié au nouveau Plan comptable de l’État haïtien.

GRAS POU AYITI : désaveu

GRAS POU AYITI rejette l’utilisation de son nom dans une déclaration consacrée au rôle de la CARICOM dans la crise haïtienne. Dans une note publiée lundi 7 septembre, le groupement politique affirme n’avoir autorisé aucune utilisation de son identité dans ce document. Il conteste également la mention du nom de Jean-Louis Loubert comme responsable. GRAS POU AYITI demande le retrait de son nom et menace d’engager des actions, notamment judiciaires, contre les responsables de toute utilisation non autorisée.

ONA : concours de recrutement

L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) organise, mardi 8 septembre, un concours de recrutement à l’Hôtel Oasis. Plus d’une centaine de candidats, dont plusieurs jeunes professionnels, participent à la sélection. L’institution entend privilégier les compétences et le mérite pour recruter ses nouveaux employés.

CAS : paiement annoncé

Le directeur de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS), Johny Raphaël, a annoncé lundi le prochain versement des allocations aux bénéficiaires. Il n’a toutefois communiqué aucune date précise pour le paiement. Cette annonce intervient après une rencontre avec des organisations de personnes en situation de handicap. Ces dernières avaient exprimé leurs préoccupations face aux retards enregistrés dans le versement des allocations.

Douane : formation sur l’ozone

Le ministère de l’Environnement poursuit ses activités de formation dans le cadre de la Quinzaine de l’ozone 2026. Il organise, les 7 et 8 septembre, une session destinée aux agents de la douane d’Ouanaminthe. La formation porte notamment sur l’identification et le contrôle des substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Elle présente également les règles qui encadrent leur importation.

PNH : hommage à Queturah Saint Jour

La Police nationale d’Haïti rend hommage, mardi, à l’Agent 1 Saint Jour Queturah, membre de la 34e promotion et du BOID. La policière a perdu la vie à Bercy alors qu’elle participait à une opération à Arcahaie. Dans un message, la PNH salue son engagement et présente ses condoléances à sa famille, à ses proches et à ses frères d’armes.

Optimiste Média Info

Raina Forbin : appel à l’Afrique

Gros-Morne : enlèvement de la directrice de l’ONAPE, Stéphanie Paultre, et de Me Caleb Jean-Baptiste

Gros-Morne : enlèvement de la directrice de l’ONAPE, Stéphanie Paultre, et de Me Caleb Jean-Baptiste

Le groupe armé Kokorat San Ras sème à nouveau la terreur dans le département de l’Artibonite. Dans l’après-midi du lundi 7 septembre 2026, ces hommes armés enlèvent au moins quatre personnes lors d’une attaque ciblée, dont une haute fonctionnaire de l’État, un homme politique et deux policiers.

Les criminels s’emparent de la directrice générale de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), Stéphanie Paultre, ainsi que du juriste Me Caleb Jean-Baptiste. Lors de cette même intervention, les ravisseurs maîtrisent et emmènent également deux agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui assuraient la sécurité de la responsable.

Ce quadruple kidnapping survient précisément le jour du lancement officiel de l’année académique. Déjà, les ravisseurs contactent les proches des victimes et exigent de fortes rançons en échange de leur libération.

Les bandes armées intensifient ainsi leurs assauts contre les figures publiques à travers le pays. La veille, d’autres individus armés kidnappaient le journaliste Wesley Renaud Jean à Delmas 31, confirmant la dégradation rapide du climat sécuritaire dans la capitale comme en province.

La Police nationale d’Haïti lance bien des opérations dans certains fiefs criminels comme Gressier, mais elle peine à maintenir son contrôle sur le terrain. Les groupes armés conservent l’initiative et imposent une pression constante à l’ensemble de la population.

Optimiste Média Info

Zapping actualité : les principales informations du 7 septembre 2026

Zapping actualité : les principales informations du 7 septembre 2026

Technologie : la NATCOM lance un pilote de la 5G en Haïti

La NATCOM a marqué ses 15 ans de présence en Haïti lors d’une cérémonie organisée lundi 7 septembre à l’hôtel Karibe. L’événement a notamment été marqué par le lancement pilote de la technologie 5G dans le pays. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué la contribution de l’opérateur au développement des télécommunications et à la transformation numérique.

Affaires sociales : la CAS annonce un prochain paiement aux bénéficiaires

 Le directeur de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS), Johny Raphaël, a annoncé lundi que les bénéficiaires devraient recevoir prochainement leurs allocations. Il n’a toutefois pas indiqué de date précise. Cette annonce intervient après des échanges avec plusieurs organisations de personnes en situation de handicap, qui avaient fait part de leurs préoccupations concernant le retard des paiements.

Environnement : des douaniers formés au contrôle des substances nocives à l’ozone

 Le ministère de l’Environnement organise les 7 et 8 septembre une formation à Ouanaminthe pour les agents de la douane. Les séances portent sur l’identification et le contrôle des substances appauvrissant la couche d’ozone. L’activité entre dans le cadre de la Quinzaine de l’ozone 2026 et bénéficie de l’appui technique du PNUD.

Administration publique : l’OMRH forme des cadres de l’AGD

 L’Office de Management et des Ressources Humaines (OMRH) a lancé lundi 7 septembre un atelier de formation et de coaching destiné à des cadres administratifs, comptables et logistiques de l’Administration générale des douanes (AGD). Les travaux, prévus jusqu’au 9 septembre à l’Hôtel Montana, portent notamment sur la gestion des biens et équipements de l’État.

Corruption : Haïti rejoint un accord international d’échange d’informations


Haïti a rejoint l’Accord-Cadre d’échange d’informations entre agences et autorités engagées dans la lutte contre la corruption. La décision a été prise lors de la septième réunion plénière du GlobE Network, organisée du 25 au 28 août à Vienne, en Autriche. L’ULCC, représentée par sa directrice générale, indique que cet accord doit faciliter le partage sécurisé de renseignements dans les enquêtes sur la corruption et le recouvrement des avoirs.

Artibonite : la directrice de l’ONAPE et Me Caleb Jean-Baptiste enlevés à Gros-Morne


La directrice générale de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), Stéphanie Paultre, et Me Caleb Jean-Baptiste ont été enlevés lundi 7 septembre à Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite. Deux policiers chargés d’assurer la sécurité de la responsable auraient également été emmenés par les ravisseurs lors de cette attaque attribuée au groupe armé Kokorat San Ras. L’enlèvement intervient alors que plusieurs cas similaires ont été signalés ces derniers jours en Haïti.

Optimiste Média Info

Des individus armés enlèvent le journaliste Wesly Renaud Jean à Delmas 31

Des individus armés enlèvent le journaliste Wesly Renaud Jean à Delmas 31

Des hommes armés ont kidnappé le collaborateur de Radio Télé Métropole ce dimanche soir. Cet acte crapuleux illustre une fois de plus la vulnérabilité des travailleurs de la presse face à la terreur que font régner les gangs dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Un nouveau coup dur frappe la presse haïtienne. Dimanche soir, des individus armés ont enlevé le journaliste Wesly Renaud Jean, collaborateur de Radio Télé Métropole, au niveau de Delmas 31. Selon les déclarations d’un proche de la victime, des hommes armés ont intercepté son véhicule avant de l’emmener de force vers une destination inconnue.

Cet enlèvement plonge la famille de la victime et la communauté des médias dans une profonde inquiétude. La multiplication des attaques contre les journalistes ces dernières années accentue les craintes concernant l’intégrité physique du reporter et les conditions de sa libération.


Cet acte criminel prouve l’inefficacité des mesures sécuritaires déployées sur certains axes de la commune de Delmas. Malgré la présence des forces de l’ordre dans la zone, les bandits armés continuent d’opérer en toute impunité et de braver les autorités au cœur de la capitale.

Optimiste Info Média