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Par Gesnel Moïse

Face aux difficultés économiques et sociales auxquelles la jeunesse haïtienne est confrontée, Jean Ismail Dazema propose la création de trois mécanismes publics destinés à financer la formation professionnelle et à soutenir les jeunes issus de familles vulnérables. Présentées dans un document de réflexion daté du 5 septembre 2026, ses propositions reposent sur la création d’un Fonds national de la jeunesse (FNJ) et sur deux programmes d’assistance baptisés P1-Jeunesse et P2-Jeunesse.

Le premier volet concerne la création du FNJ, une structure autonome placée sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances. Selon le projet, l’État haïtien devrait alimenter ce fonds à hauteur de 1 à 2 milliards de gourdes par mois, à partir des recettes fiscales et des ressources collectées par l’Administration générale des douanes (AGD) et la Direction générale des impôts (DGI). Cette enveloppe servirait notamment à financer des initiatives sociales, éducatives et économiques en faveur des jeunes, avec la possibilité de conclure des partenariats avec des institutions internationales.

Le programme P1-Jeunesse vise à faciliter l’accès à la formation professionnelle. Jean Ismail Dazema propose que l’État finance chaque année les études de 10 000 jeunes âgés de 18 à 45 ans, à raison de 50 000 gourdes par bénéficiaire. Le coût annuel estimé de cette initiative atteindrait ainsi 500 millions de gourdes. Les formations, d’une durée de six à dix-huit mois, seraient dispensées par des établissements professionnels reconnus, choisis par les bénéficiaires dans leur juridiction.

Pour encadrer ce dispositif, le document prévoit plusieurs conditions d’admission et de suivi. Chaque personne ne pourrait bénéficier du programme qu’une seule fois, tandis que deux membres au maximum d’une même famille pourraient y participer simultanément. Le financement serait versé directement aux établissements concernés plutôt qu’aux bénéficiaires. Le projet prévoit également un système informatique intégrant l’identification biométrique, l’enregistrement et le suivi des participants. Les abandons injustifiés pourraient entraîner une exclusion définitive, tandis que les interruptions motivées feraient l’objet d’un examen particulier.

Le deuxième volet, baptisé P2-Jeunesse, repose sur une aide financière mensuelle de 5 000 gourdes destinée aux jeunes confrontés à des difficultés économiques. Selon la proposition, les bénéficiaires recevraient cette allocation sur un compte ouvert à la Banque nationale de crédit (BNC). Le programme privilégierait d’abord les zones les plus vulnérables avant une éventuelle extension à l’ensemble du territoire national. L’aide pourrait contribuer à l’achat de nourriture, au paiement des frais de transport ou à d’autres dépenses essentielles, selon les besoins des bénéficiaires et de leurs familles.

Le document fixe également des critères d’accès au programme P2-Jeunesse. Les candidats devraient avoir entre 18 et 45 ans et se soumettre à une procédure d’identification biométrique. Le projet prévoit par ailleurs une sélection tenant compte de la situation familiale : dans une famille comptant huit enfants, trois pourraient être retenus, selon les conditions proposées. Les personnes qui s’installeraient à l’étranger perdraient leur droit à cette assistance. Le texte précise toutefois que les critères pourraient évoluer en fonction des situations examinées et des décisions des responsables compétents.

Pour prévenir les abus, Jean Ismail Dazema préconise des sanctions contre les actes de corruption et les détournements de fonds liés aux deux programmes. Son document évoque des peines d’emprisonnement d’un à trois ans, selon la gravité des infractions et conformément aux dispositions légales applicables, ainsi que le remboursement des sommes obtenues frauduleusement dans le cadre du P2-Jeunesse. Il recommande aussi la publication régulière de communiqués pour informer la population sur l’évolution des initiatives. Ces mesures restent des propositions et nécessiteraient un cadre légal approprié avant leur éventuelle applicatÀ travers ces trois initiatives, Jean Ismail Dazema entend encourager les autorités haïtiennes à placer la jeunesse au centre des politiques publiques. Sa démarche se présente comme une contribution citoyenne à la recherche de solutions aux difficultés sociales du pays, plutôt que comme une critique des institutions. La mise en œuvre de ces programmes dépendrait toutefois de leur examen par les autorités, de l’adoption des dispositions nécessaires et de la mobilisation des ressources financières. Leur éventuelle concrétisation ouvrirait ainsi un débat sur les moyens de renforcer la formation professionnelle et la protection sociale des jeunes en Haïti.

Optimiste Média Info

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