Alors que la PNH poursuit ses opérations contre les groupes armés, des habitants et des observateurs s’interrogent sur l’absence d’un dispositif militaire permanent pour consolider les zones reprises et favoriser le retour des populations déplacées.
Kenscoff, le 25 Septembre 2026.
La situation sécuritaire à Kenscoff continue de susciter de fortes inquiétudes au sein de la population. Après les violences meurtrières qui ont frappé plusieurs secteurs de la commune, une question revient régulièrement dans les discussions : quelle stratégie l’État compte-t-il mettre en place pour empêcher les groupes armés de reprendre les territoires reconquis par les forces de l’ordre ?
Cette interrogation prend une nouvelle dimension alors que la Police nationale d’Haïti (PNH) a intensifié ses opérations dans la commune. Les interventions menées à la mi-septembre ont permis aux forces de l’ordre de reprendre du terrain dans plusieurs secteurs. Le maire de Kenscoff avait alors évoqué des avancées enregistrées sur le terrain.
La consolidation des zones reprises au centre des préoccupations
Pour plusieurs habitants, les opérations policières ne devraient pas s’arrêter à la reprise des positions occupées par les groupes armés. Ils souhaitent surtout voir s’installer un dispositif capable de maintenir durablement la sécurité dans ces espaces.
Des observateurs estiment ainsi qu’une implication plus importante des Forces armées d’Haïti (FAd’H), aux côtés de la PNH, pourrait être envisagée dans la phase de consolidation des zones reprises. Selon cette lecture, une présence permanente permettrait de limiter les risques de retour des groupes armés et de créer progressivement les conditions nécessaires au retour des familles déplacées.
L’idée d’un dispositif militaire permanent à Kenscoff est également évoquée par certains acteurs locaux, compte tenu de la position stratégique de la commune. Une telle installation nécessiterait toutefois une décision officielle des autorités et une définition précise des responsabilités entre les différentes composantes de l’appareil sécuritaire.
Une commune durement éprouvée par les violences
Les inquiétudes de la population interviennent dans un contexte particulièrement lourd. Dans un rapport publié le 16 septembre, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a documenté deux massacres commis en juillet et août 2026 à Kenscoff. L’organisation fait état d’au moins 164 personnes tuées, 23 blessées et 71 enlevées, ainsi que de plusieurs dizaines de personnes portées disparues.
Ces violences ont provoqué d’importants déplacements de population. Des familles ont dû abandonner leurs maisons et chercher refuge ailleurs, tandis que plusieurs secteurs restent marqués par les conséquences des affrontements.
Dans ce contexte, la sécurisation durable des territoires apparaît comme un enjeu aussi important que leur reconquête.
Paraison présent sur le terrain
La PNH, de son côté, maintient la pression sur les groupes armés. Le directeur général a.i. de l’institution, André Jonas Vladimir Paraison, s’est personnellement rendu à Kenscoff pour superviser le dispositif opérationnel.
Le 21 septembre, il a effectué une visite d’inspection et d’évaluation dans les secteurs de Nan Gode, Viard 1 et Viard 2, où plusieurs unités spécialisées de la PNH étaient engagées dans des opérations contre les groupes criminels armés.
Cette présence du chef de la police intervient après plusieurs journées d’opérations intensives menées dans la commune. Selon des informations rapportées par la presse, le directeur général était déjà présent sur le terrain entre le 15 et le 17 septembre pour suivre directement les opérations.
Entre reconquête et retour de la population
Pour les habitants de Kenscoff, l’enjeu dépasse désormais la seule conduite des opérations. La principale préoccupation consiste à savoir si les zones reprises pourront être effectivement maintenues sous contrôle de l’État.
Le débat porte donc sur la capacité des autorités à assurer une présence sécuritaire continue, à protéger les civils et à créer les conditions permettant aux personnes déplacées de retrouver leurs maisons.
Alors que la PNH poursuit ses interventions, les appels en faveur d’une stratégie associant opérations de reconquête et consolidation territoriale se multiplient. Pour plusieurs observateurs, la réponse de l’État à Kenscoff devra désormais déterminer non seulement comment reprendre les territoires occupés par les groupes armés, mais aussi comment empêcher leur retour et restaurer durablement la confiance de la population.
Optimiste. Info