Face à l’aggravation de l’insécurité et à l’emprise des groupes armés sur plusieurs quartiers du pays, la Police nationale d’Haïti (PNH) reste en première ligne contre la criminalité organisée. Le journaliste indépendant Charles Jacquelin Davoisier estime que le public doit davantage prendre en compte les efforts de l’institution policière dans le débat sur la situation sécuritaire.
Port-au-Prince, 12 septembre 2026
Depuis l’arrivée de l’actuel directeur général a.i. de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, le haut commandement multiplie les réunions de travail et les opérations contre la progression des gangs armés, notamment ceux de la coalition « Viv Ansanm ». Cette coalition étend son influence dans plusieurs secteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon Charles Jacquelin Davoisier, le haut commandement maintient une mobilisation constante et adapte ses stratégies aux différents fronts ouverts à travers le pays. Les forces de l’ordre mènent notamment des opérations dans le Bas-Artibonite et poursuivent leurs interventions dans plusieurs zones de l’Ouest confrontées aux attaques des groupes armés.
Des opérations sur plusieurs fronts
La PNH déploie également ses agents dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine, notamment à Delmas 31, Delmas 32, Delmas 33, Siloé, Catalpa, Delmas 75, Carrefour-Aéroport et Pétion-Ville.
L’institution renforce aussi ses dispositifs opérationnels avec l’arrivée de jeunes policiers récemment sortis des écoles de formation. Ces nouveaux agents travaillent aux côtés de policiers plus expérimentés. Pour Charles Jacquelin Davoisier, cette présence accrue montre que la PNH cherche à maintenir ses capacités d’intervention malgré les difficultés qu’elle rencontre.
À Delmas 31, plusieurs interventions policières auraient notamment permis de déjouer des tentatives de kidnapping au cours des derniers jours. Selon le journaliste, ces opérations montrent aussi l’importance de reconnaître les efforts que les policiers fournissent quotidiennement sur le terrain.
La responsabilité sécuritaire dépasse la seule PNH
Toutefois, Charles Jacquelin Davoisier ne limite pas son analyse à la défense de la PNH. Il estime que l’État ne peut pas confier l’ensemble de la responsabilité sécuritaire à la Police nationale.
« Est-ce que la sécurité de tout le pays repose uniquement sur la PNH ? », s’interroge-t-il. Il appelle ainsi les autres composantes de l’appareil sécuritaire à renforcer leur engagement, notamment les Forces armées d’Haïti et les services de renseignement.
Le journaliste estime également que les autorités doivent s’attaquer aux réseaux qui fournissent des armes, des munitions et des ressources financières aux groupes criminels. Il appelle aussi à examiner les éventuelles connexions entre l’insécurité, certains acteurs politiques et certains secteurs économiques qui pourraient contribuer, directement ou indirectement, au maintien des groupes armés.
La population appelée à collaborer avec les forces de l’ordre
Dans ce contexte, le journaliste invite également la population à renforcer sa collaboration avec les forces de sécurité. Il encourage les citoyens à signaler rapidement aux autorités tout comportement ou mouvement suspect dans leur quartier.
Selon lui, cette coopération peut aider les autorités à prévenir les actes criminels et à améliorer l’efficacité des opérations policières.
Il demande parallèlement à la population de faire preuve de discernement face aux discours qui cherchent, selon lui, à discréditer systématiquement le travail des policiers. La critique des institutions reste nécessaire, mais elle ne devrait pas conduire à nier les efforts que les agents fournissent sur le terrain.
Pour une réponse nationale à la crise sécuritaire
Au-delà des opérations policières, la crise sécuritaire pose la question de la responsabilité collective de l’État et de la société. La PNH joue un rôle central dans la lutte contre les gangs, mais une réponse durable exige aussi une coordination entre les institutions chargées de la défense, du renseignement et de la justice.
L’État doit sécuriser le territoire pour permettre la reprise des activités économiques, la réouverture des écoles et des services publics ainsi que le retour à une certaine stabilité.
Pour Charles Jacquelin Davoisier, les autorités doivent avant tout construire un environnement qui permet aux Haïtiens de vivre, de travailler et de se déplacer en sécurité, sans les pousser à quitter leur pays pour chercher de meilleures conditions de vie.
« Nous avons besoin d’un pays qui connaît la paix et la sécurité pour tous ses enfants », soutient le journaliste indépendant. Il appelle ainsi à la mobilisation autour des institutions républicaines et à la poursuite de la lutte pour les libertés publiques.
Optimiste. Info