Télécommunications : la LHDDH menace de saisir les autorités face aux plaintes contre Digicel

Télécommunications : la LHDDH menace de saisir les autorités face aux plaintes contre Digicel

La Ligue haïtienne de défense des droits humains (LHDDH) interpelle directement la direction de Digicel sur les difficultés rencontrées par des consommateurs et exige des mesures correctives. Dans une correspondance adressée au directeur général de l’entreprise, l’organisation dénonce notamment les interruptions prolongées de connexion, la hausse des tarifs et certaines pratiques liées aux services d’appel.

Port-au-Prince, 5 octobre 2026

La LHDDH estime que la situation devient préoccupante pour les abonnés qui, malgré le paiement de leurs forfaits, seraient régulièrement confrontés à des interruptions de service. L’organisation affirme avoir choisi d’intervenir au nom de la défense des droits des consommateurs.

Des heures sans Internet malgré des forfaits payés

La disponibilité du service Internet constitue l’une des principales préoccupations exprimées par la Ligue. Selon elle, certains clients peuvent rester plusieurs heures sans connexion, alors que leur forfait est toujours en cours de validité.

La LHDDH considère comme particulièrement problématique le fait que la période de validité d’un forfait continue de s’écouler durant une panne. Pour l’organisation, les consommateurs ne devraient pas supporter seuls les conséquences financières d’une interruption de service.

Elle demande donc à Digicel d’examiner cette situation et de mettre en place des mécanismes permettant de mieux prendre en compte les périodes pendant lesquelles les services ne sont pas disponibles.

La hausse des forfaits inquiète la Ligue

La LHDDH s’attaque également à la question des tarifs. Elle dénonce l’augmentation progressive du coût des forfaits de télécommunications, qu’elle juge difficilement supportable dans le contexte économique actuel.

L’organisation rappelle que de nombreux Haïtiens sont confrontés au chômage et à une importante baisse de leur pouvoir d’achat. Elle appelle ainsi l’opérateur à tenir compte des réalités économiques de la population dans sa politique tarifaire.

La Ligue soulève également la question du coût des services permettant aux utilisateurs de passer des appels lorsqu’ils ne disposent plus de crédit. Elle estime que ces mécanismes doivent être davantage encadrés et expliqués aux consommateurs.

La LHDDH brandit la menace d’une plainte

Au-delà de la dénonciation, la Ligue haïtienne de défense des droits humains adresse une mise en garde à la compagnie de télécommunications.

Elle demande à Digicel de prendre rapidement des dispositions pour résoudre les problèmes signalés. La LHDDH rappelle que les consommateurs qui paient pour un service sont en droit d’attendre que celui-ci leur soit fourni dans des conditions satisfaisantes.

L’organisation annonce surtout qu’elle pourrait passer à l’étape suivante si aucune amélioration n’est constatée. Elle envisage de recueillir les plaintes des clients qui s’estiment lésés afin de constituer un dossier et de saisir officiellement les autorités compétentes.

Pour la LHDDH, il ne s’agit donc plus seulement d’une série de plaintes individuelles, mais d’une question relevant de la protection des droits des consommateurs.

La Ligue dit espérer que la direction de Digicel prendra cette démarche au sérieux et engagera rapidement un dialogue en vue de corriger les problèmes dénoncés. Elle souhaite notamment voir s’améliorer la fiabilité des services de télécommunications et les conditions offertes aux abonnés à travers le pays.

Optimiste Média Info

TAPA dément toute candidature de Marckenson Dorilas au Sénat

TAPA dément toute candidature de Marckenson Dorilas au Sénat

Port-au-Prince, 2 octobre 2026. Tèt Ansanm Pou Ayiti (TAPA) réagit avec surprise à l’information qui présente le prophète Marckenson Dorilas comme candidat au Sénat. La direction administrative de la structure affirme qu’elle n’a désigné aucun candidat à cette fonction. Elle dit même refuser de croire que son camarade figure officiellement sur la liste. TAPA rappelle que sa démarche repose sur un dialogue permanent et inclusif entre les acteurs de la vie nationale.

Marckenson Dorilas a obtenu récemment une liberté provisoire, après son arrestation le 8 juillet 2026. Les autorités l’accusent d’escroquerie. Elles évoquent aussi l’assassinat par balle d’une secrétaire de l’agence de voyage Fidélité Tour, dans une affaire que la justice instruit toujours. TAPA précise que, selon ses informations, la justice n’a pas classé le dossier et l’a confié au juge d’instruction Étienne Mercier. Ce magistrat aurait accordé la libération parce que l’arrestation ne respectait pas les procédures légales.

Si l’inscription se confirme, TAPA y verrait un précédent particulièrement préoccupant. La structure exige donc des explications claires, précises et vérifiables. Elle tient compte des plaintes déposées et des inquiétudes que les plaignantes et la famille de l’ancienne secrétaire expriment. Selon TAPA, la justice haïtienne doit faire toute la lumière sur cette affaire, dans l’intérêt de la société et de l’Église. La structure estime que, moralement, Marckenson Dorilas n’est pas prêt à briguer un mandat avec ce dossier.

TAPA remet aussi en cause le calendrier électoral. Les autorités fixent les élections au 13 décembre 2026, mais la structure juge que la crise majeure du pays ne permet pas de convoquer la population aux urnes. À quelques semaines du scrutin, TAPA constate que la liste des candidats n’est pas finalisée et que l’insécurité complique sérieusement l’organisation du vote. Elle qualifie la tenue du scrutin à cette date de matériellement difficile.

Optimiste Média Info

Projet de marché : Me Arnel Rémy dénonce les pressions du directeur du SNGRS contre des commerçants

Projet de marché : Me Arnel Rémy dénonce les pressions du directeur du SNGRS contre des commerçants

Par Gesnel Moïse

Me Arnel Rémy dénonce les pressions que le directeur du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS), Daril Balthazar, exercerait à l’encontre de commerçants qui ont investi dans la construction d’un marché à proximité du site de l’institution. Lors d’une conférence de presse tenue samedi 3 octobre sur le terrain concerné, il a appelé les autorités compétentes à intervenir pour protéger les marchands impliqués dans ce projet.

Selon Me Rémy, le directeur du SNGRS et des membres de son équipe auraient entrepris des démarches sur le terrain, ce qui aurait suscité des inquiétudes chez les commerçants. Il estime que la gestion d’un marché ne relève pas des attributions du SNGRS et appelle les autorités concernées à intervenir pour éviter une confrontation.

Les commerçants concernés ne seraient pas venus occuper l’espace sans organisation, soutient-il. Ils disposeraient de cartes et auraient contracté des prêts bancaires afin de financer les constructions prévues sur le site. Le projet vise, selon lui, à mettre en place un marché propre et moderne permettant aux petits commerçants de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leurs familles.

Me Rémy affirme avoir saisi la Direction générale des impôts (DGI) afin d’attirer son attention sur la situation des commerçants de Petite-Place Cazeau et de Gérald Bataille. Il demande une intervention rapide des autorités, alors que, selon ses déclarations, des membres du comité chargé du projet feraient face à de graves menaces, notamment des menaces de mort.

Il met aussi en garde contre toute intervention policière visant à intimider les commerçants. Le juriste annonce son intention de porter plainte contre les policiers qui accompagneraient, selon lui, le directeur du SNGRS sur le terrain pour exercer des pressions. « Les petits marchands ne font rien de mal, ils cherchent seulement à gagner leur vie », soutient-il.

Me Arnel Rémy appelle le Premier ministre, le directeur général de la DGI et les responsables municipaux concernés par la gestion des marchés à se saisir rapidement du dossier. L’avocat estime que l’État devrait accompagner les citoyens qui cherchent à développer leurs activités plutôt que de leur mettre la pression. Il souligne que les commerçants doivent pouvoir travailler dans un climat de paix et de sécurité.

Il assure qu’il continuera à soutenir les commerçants jusqu’au bout. Me Rémy considère leur démarche comme une initiative visant à créer des moyens de subsistance et non comme une menace pour les autorités. Il affirme que la bataille se poursuivra aux côtés du comité et des marchands, qu’il présente comme déterminés à mener leur projet à terme.

Optimiste Media Info

Kenscoff : la PNH affirme avoir repris Bois d’Avril, plus de 50 membres de gangs tués selon une source policière

Kenscoff : la PNH affirme avoir repris Bois d’Avril, plus de 50 membres de gangs tués selon une source policière

La Police nationale d’Haïti (PNH) annonce une nouvelle avancée dans ses opérations contre les groupes armés à Kenscoff. L’institution affirme avoir repris le contrôle de Bois d’Avril, l’un des secteurs ciblés par les forces de sécurité dans le cadre des opérations visant à reconquérir les espaces occupés par les gangs.

Kenscoff, 25 septembre 2026. Cette opération s’est déroulée ce vendredi 25 septembre, alors que la PNH intensifie ses interventions dans plusieurs zones de Kenscoff. Selon une source policière, plus de 50 membres présumés de groupes armés auraient été tués au cours de cette opération. La même source, évoquant la violence des affrontements, a indiqué qu’elle ne pouvait pas regarder certaines images liées à l’intervention, les qualifiant de particulièrement difficiles à supporter.

Ces informations n’ont toutefois pas, à ce stade, fait l’objet d’une confirmation indépendante permettant d’établir avec précision le bilan des victimes.

La PNH veut consolider les positions reprises

Sous le commandement du directeur général a.i. André Jonas Vladimir Paraison, la PNH entend maintenir la pression sur les groupes armés et poursuivre la récupération des territoires considérés comme stratégiques.

La reprise annoncée de Bois d’Avril intervient dans le prolongement des opérations conduites ces derniers jours à Kenscoff. Les forces de l’ordre cherchent notamment à renforcer leur présence dans les secteurs reconquis et à empêcher les groupes armés de reprendre leurs positions.

Pour l’institution policière, l’objectif ne se limite pas à mener des opérations ponctuelles. Il s’agit également de consolider les espaces récupérés, de sécuriser les axes de circulation et de rétablir progressivement la présence de l’État dans les zones affectées par les violences.

Une opération présentée comme un nouveau tournant

La situation à Kenscoff reste néanmoins fragile. Plusieurs secteurs de la commune ont été affectés par les affrontements et l’insécurité, avec des conséquences importantes pour les populations civiles.

La reprise de Bois d’Avril représente ainsi un enjeu opérationnel pour les autorités sécuritaires. La capacité des forces de l’ordre à maintenir leurs positions et à empêcher une nouvelle progression des groupes armés sera déterminante dans les prochains jours.

La PNH affirme, de son côté, vouloir poursuivre ses opérations et maintenir la pression sur les gangs dans les différents secteurs de Kenscoff.

Cette nouvelle offensive témoigne de la volonté affichée par le commandement de la PNH de traquer les groupes armés et de reconquérir progressivement les territoires affectés par l’insécurité. Les prochains jours permettront de mesurer la capacité des forces de sécurité à consolider les zones reprises et à garantir leur contrôle dans la durée.

Optimiste. Info

Carburants : le RHAJAC appelle à revoir la dépendance de l’État envers les importateurs

Carburants : le RHAJAC appelle à revoir la dépendance de l’État envers les importateurs

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) alerte sur la dépendance de l’État haïtien à l’égard des entreprises privées impliquées dans l’importation et la distribution des produits pétroliers. Dans une note publiée ce vendredi, l’organisation plaide pour davantage de concurrence, de transparence et de contrôle public dans la gestion du secteur.

Port-au-Prince, 25 septembre 2026

Le RHAJAC cite notamment DINASA, Sol Haïti, Bandari Corporation, CapInvest, Kimazou et DNC, ainsi que d’autres opérateurs du marché pétrolier. Selon l’organisation, cette concentration de l’approvisionnement expose l’État à d’importantes contraintes financières et logistiques.

Une politique de prix qui pèse sur les finances publiques

D’après les données avancées par le RHAJAC, le gallon de gazoline, correspondant à environ 3,8 litres, est actuellement vendu à 700 gourdes, tandis que le diesel est fixé à 770 gourdes. L’organisation affirme que l’État ne perçoit pas de taxe sur la gazoline afin de maintenir son prix à la pompe et qu’il doit, pour le diesel, compenser environ 20 gourdes par gallon afin de préserver le prix officiel.

Pour le RHAJAC, ce mécanisme crée des engagements financiers entre l’État et les importateurs et contribue à renforcer la dépendance du secteur public vis-à-vis des opérateurs privés.

L’organisation soutient également que toute interruption ou réduction des paiements de compensation pourrait affecter l’approvisionnement du marché. Elle évoque notamment le risque de rationnement en cas de baisse des importations.

La question des devises au centre des préoccupations

Le RHAJAC met également en avant la problématique de l’accès aux devises nécessaires au financement des importations pétrolières. Selon l’organisation, si l’État décidait d’importer directement les produits pétroliers, il devrait disposer des ressources en dollars nécessaires pour réaliser ces opérations.

Dans ce contexte, le réseau estime que les relations entre les principaux importateurs et les institutions bancaires constituent un élément qui mérite davantage de transparence. Il appelle notamment la Banque de la République d’Haïti (BRH) et le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) à fournir des informations publiques sur les devises mobilisées pour les importations de carburant.

Le RHAJAC préconise des appels d’offres internationaux

Plutôt que de faire de l’État l’unique importateur de carburant, le RHAJAC propose une réorganisation du marché autour d’une concurrence accrue.

L’organisation recommande notamment de recourir à des appels d’offres internationaux transparents, permettant de mettre en concurrence les différents opérateurs et de diversifier les sources d’approvisionnement. Elle préconise également la constitution d’une réserve stratégique de carburant, destinée à réduire les risques en cas de perturbation du marché international ou de difficultés d’approvisionnement.

Le réseau souhaite par ailleurs que la concurrence soit renforcée non seulement dans l’importation, mais aussi dans le stockage et la distribution des produits pétroliers.

Vers une réforme du système de subvention

Sur la question des subventions, le RHAJAC préconise une réforme progressive du mécanisme actuel. Il estime toutefois que toute évolution devrait préserver les secteurs et les catégories de population les plus vulnérables.

L’organisation propose ainsi de privilégier des mesures ciblées en faveur du transport public et des ménages vulnérables, plutôt que de maintenir indéfiniment un dispositif général de soutien aux prix.

Le RHAJAC demande enfin au MEF et à la BRH de publier les informations permettant à la population d’évaluer le coût réel de la politique actuelle des carburants pour les finances publiques.

Pour le réseau, l’enjeu n’est pas de confier nécessairement à l’État l’ensemble des opérations d’importation, mais de renforcer son rôle de régulateur, d’améliorer la transparence des mécanismes de compensation, de garantir des conditions de concurrence équitables et de sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays.

Optimiste. Info