La crise sécuritaire en Haïti franchit un nouveau palier cette semaine avec une augmentation spectaculaire des cas d’enlèvement. Des ravisseurs ont kidnappé au moins huit personnes en l’espace de quelques jours à travers le pays, frappant indifféremment le milieu scolaire, la presse, la justice et l’administration publique.
Comme dernier fait marquant en date, des hommes armés ont enlevé deux écolières et leur chauffeur tôt ce mercredi matin dans le quartier de Siloé, à Delmas 75, alors qu’ils se rendaient à l’école. L’attaque s’est déroulée aux environs de 6 heures, à proximité d’Arly Market, un secteur que fréquentent massivement à cette heure des élèves, des travailleurs, des commerçants et des chauffeurs de moto-taxis.
Les deux élèves, qui fréquentent respectivement le Collège Marie-Anne et le Collège Saint-Louis de Bourdon, occupaient leur véhicule quand des individus armés ont violemment intercepté le chauffeur. Selon les témoignages, les assaillants circulaient à moto et bénéficiaient du soutien d’une autre automobile pour exécuter leur crime.
La commune de Delmas enregistre ainsi des ravissements à répétition, en dépit des mesures sécuritaires que la Police Nationale d’Haïti a déployées sur le terrain. Les efforts des agents de la Police Éducative (EDUPOL) et la présence renforcée de la police administrative ne parviennent pas à enrayer la menace dans la zone.
Face aux dispositifs policiers, les réseaux de kidnappeurs diversifient constamment leurs modes opératoires. Ces bandes armées élaborent de nouvelles stratégies d’attaque afin de contourner les points de contrôle et de déjouer la vigilance des forces de l’ordre.
Les criminels ont également ciblé la presse en kidnappant le journaliste Wesly Renaud Jean, de Radio Métropole, dimanche en début de soirée à la rue D. Vieux (Delmas 31). Des hommes armés ont intercepté le confrère, co-présentateur du Grand Journal du matin sur 100.1 FM, alors qu’il conduisait sa voiture.
À ces actes s’ajoute l’attaque que des hommes armés ont perpétrée mardi à Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, où ils ont enlevé l’avocat Me Caleb Jean-Baptiste, la directrice de l’Office National d’Aide aux Petites Entreprises (ONAPE) ainsi que plusieurs citoyens. Cette multiplication des ravissements illustre la dégradation continue du climat sécuritaire et plonge toute la population dans la terreur.
Optimiste Média Info